Le déficit prévisionnel de cacao en 2015-2016 ne suscite pas d'inquiétudes

Des stocks suffisants, l’alternance de périodes de déficit et de surplus au cours de la décennie écoulée et la perspective d’une meilleure campagne au Ghana contribuent à annihiler d’éventuelles craintes liées au manque de cacao en 2015-2016.

Partager

Après une campagne 2014-15 marquée par un équilibre entre l’offre et la demande, le cacao devrait connaître un déficit de production en 2015-2016 (-1 million de tonnes), confirme l’Organisation internationale du cacao (ICCO). "Il n’y a pas beaucoup de place pour des prix plus élevés", indique toutefois Commerzbank : ce possible manque d’approvisionnement ne semble pas affoler les marchés. Au cours des dix dernières années, il y a eu autant de périodes de surplus que de déficit, tandis que les stocks sont suffisants. Par conséquent, la banque allemande maintient ses prévisions d’un prix de la tonne à 2150 livres sterling, à Londres, pour les deux premiers trimestres de l’année 2016.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

A l’instar du marché du sucre, qui serait lui aussi en déficit lors de la campagne 2015-16, le marché du cacao pourrait néanmoins être affecté par les éventuels impacts du phénomène climatique El Niño. "La production est plus faible de 2,4% (soit 100 000 tonnes) durant les années où ce phénomène climatique survient. Il s’agit d’un facteur d’inquiétudes important pour l’année qui vient, et ce d’autant plus qu’il y a eu, récemment, peu de pluies en Afrique de l’Ouest", expliquait début octobre à L’Usine Nouvelle Laurent Pipitone, directeur de la division Economie et statistique de l’ICCO.

Vers une remontée de la production au Ghana ?

El Niño n’est pas le seul sujet d’inquiétude dans la filière. Le Ghana, second producteur mondial de cacao derrière la Côte d’Ivoire, a connu une campagne 2014-2015 désastreuse avec une production de 720 000 tonnes, en chute de 20% par rapport à l’année précédente. La baisse du cedi, la monnaie du pays, face au dollar, a notamment engendré un développement des ventes illégales de cacao en Côte d’Ivoire. Les difficultés sont nombreuses : "la concurrence des activités minières, la migration urbaine, les précipitations irrégulières et les sécheresses, les plantations vieillissantes, les retards dans les livraisons d’intrants…", égrène Commerzbank. D’après l’ICCO, la production serait comprise entre 700 000 et 800 000 tonnes en 2015-16, en raison de conditions climatiques défavorables. Le Bureau ghanéen du cacao (Cocobod) table pour sa part sur une récolte comprise entre 800 000 et 850 000 tonnes.

Afin de soutenir la production après deux campagnes record (1,74 million de tonnes récoltées en 2014-15), la Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, a pour sa part choisi de renforcer son programme de soutien à la filière. Le pays a augmenté de 18% son prix minimum garanti aux producteurs, en le portant à 1000 francs CFA. Ce prix est fixé sur la base de prix moyens issus des ventes à terme. Néanmoins, "les arbres sont épuisés", souligne Commerzbank.

Franck Stassi

Le marché du chocolat résiste à la crise

D’après le Syndicat du chocolat, la consommation française de chocolat a baissé de 0,3% entre 2013 et 2014, à 405 000 tonnes. Le chiffre d’affaires a pour sa part progressé de 3%, à 3100 millions d’euros hors taxes. La France est le septième consommateur européen de chocolat, avec 6,69 kg par habitant, derrière la Finlande et devant l’Irlande. La France importe près de 80% des fèves de cacao qu’elle utilise de Côte d’Ivoire et du Ghana, et exporte deux-tiers de sa production. 

Partager

SUJETS ASSOCIÉS
NEWSLETTER Matières Premières
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS