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L'Usine Maroc

Le déficit commercial du Maroc au plus bas depuis 10 ans en 2015

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Porté à la fois par la hausse des exportations et le recul des importations, le commerce extérieur du Maroc a affiché une réduction de 18% de son traditionnel fort déficit. Le taux de couverture s’affiche à 58,5% le meilleur niveau depuis dix ans.

Le déficit commercial du Maroc au plus bas depuis 10 ans en 2015
Port Tanger Med par où transitent l'essentiel des exportations automobiles du Maroc.
© tmsa

Un bon alignement des planètes ou encore des vents favorables… Traditionnellement très déficitaire, le commerce extérieur du Maroc a connu une embellie certaine en 2015.

Le solde extérieur pour les biens ressort à -152 ,2 milliards de dirhams, soit 14 milliards d’euros  (1 000 dirhams = 92 euros), selon les chiffres provisoires publiés ce 15 janvier par l'Office des changes. Un déficit en recul de 18,7% comparé à l’année 2014.

Résultat, le taux de couverture des importations s'affiche sur 2015 à 58,5% contre 51,7% l'an dernier. Un niveau historique depuis 10 ans. C’est là le résultat d’un double mouvement : sur l'ensemble de l'année en valeur, les importations ont reculé de 5,6%, et les exportations progressé de 6,7%.

Côté importations (366 milliards de dirhams), l’amélioration s’explique surtout par l’effondrement du prix des énergies fossiles. La facture énergétique extérieure du royaume plonge ainsi de 28%, ou encore de 25,9 milliards de dirhams en valeur, à 66,8 milliards de dirhams. Une bouffée d’air pour l’économie marocaine même si au plan intérieur cet allègement a été contrebalancé par la fin des subventions aux carburants (compensation).

A noter aussi la chute des importations en valeur de produits agricoles, essentiellement des céréales brutes et tourteaux (-14,3% à 35,7 milliards de dirhams) qui s’explique à la fois par la bonne récolte 2014/15 au Maroc et la faiblesse des prix mondiaux des céréales.

A eux seuls, ces deux secteurs de l'énergie et de l'agriculture expliquent la totalité de la réduction du déficit commercial l'an dernier comparé à 2014.

Mais du côté des exportations, une certaine vigueur a été néanmoins de mise. L'automobile notamment tient le haut du pavé. Ce secteur confirme son rang conquis en 2014 de premier exportateur du Maroc avec en 2015 un niveau record de 48,6 milliards de dirhams, soit +20,9%.

C'est là le résultat notamment de la montée en puissance de l'usine Renault Tanger qui aura produit près de 250 000 véhicules l'an dernier, en très grande majorité pour l'export. A quoi s'est ajoutée, l'industrie du câblage, très présente au Maroc (Delphi, Yazaki, Sumitomi, Leoni...) qui a exporté pour 19,9 milliards de dirhams l'an dernier, un record.

De leur côté, les phosphates, seule richesse minérale du pays, après plusieurs années en demi-teinte affichent une nette reprise (+16,3%) à 44,5 milliards de dirhams. Par ailleurs, la bonne année agricole en 2015 se vérifie aussi dans les exportations de l'agriculture et de l'agro-alimentaire à 42,9 milliards de dirhams, soit +10,1%.

Parmi les autres faits notables, les exportations de l'industrie aéronautique (7,2 milliards de dirhams) progressent de 4,5% mais celles de l'électronique (7,7 milliards de dirhams) reculent de 2,9%.

stabilité macro-économique

Enfin, dans un domaine où le royaume est particulièrement exposé à la concurrence internationale, à savoir le textile, le Maroc maintient ses positions avec un recul des exportations de 1,4% seulement, à 33 milliards de dirhams.

Globalement, l'amélioration de son commerce extérieur est une très bonne nouvelle pour le Maroc et pour le gouvernement Benkirane à quelques mois des élections prévues à l'automne 2016.

Il s'agit là d'un facteur de stabilité macro-économique comme l'ont indiqué en novembre 2015, des experts du FMI en mission au Maroc. Selon eux, le déficit de la balance courante (qui, outre les biens intègre les services traditionnellement exportateurs) pourrait être limité à 2,4% sur l'année 2015, là encore un chiffre inédit depuis longtemps.

Abdelatif Jouahri, gouverneur de Bank al-Maghrib a livré un chiffre proche (un déficit courant de 2,2% en 2015) lors de la dernière réunion de politique monétaire le 22 décembre soulignant aussi le bon niveau actuel des réserves de change équivalant à plus de 6 mois d'importations. La banque centrale prévoit même un déficit courant de seulement 1% en 2016.

Pourtant, le bon alignement des planètes ne se reproduira peut-être pas cette année. En raison d’un net déficit pluviométrique, l’année agricole 2016 s’annonce au mieux médiocre. Quant au prix du pétrole, bien malin qui peut le prédire.

P.-O. Rouaud

Tourisme en baisse, IDE en hausse
Selon les premières statistiques de l’Office des changes, 2016 marque une certaine stabilité en matière de tourisme. Les recettes touristiques cèdent seulement 1,4% à 58,5 milliards de dirhams, une performance plutôt bonne compte tenu des tensions géopolitiques en Afrique du nord et notamment des attentats qui ont endeuillés la Tunisie.
Du coté des d’investissements directs étrangers (IDE), le Maroc continue de séduire les entreprises internationales et aura connu une bonne année. Le flux net d’IDE s’inscrit en hausse de 4% à 31,3 milliards de dirhams (2,9 milliards d’euros) avec des flux entrants de 39 milliards de dirhams (+6,7%). Cette année, les entreprises marocaines ont pris le goût du large puisque les flux d’investissements direct sortant bondissent de 19,1% à 7,88 milliards de dirhams.

 

 

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