Le déficit commercial de la filière pêche se creuse

Malgré la hausse du déficit commercial de la filière pêche à 4,4 milliards d’euros, les bonnes performances de la coquille Saint-Jacques et de l’huître ainsi que la reconstitution des stocks laissent entrevoir des perspectives encourageantes aux professionnels.

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Le déficit commercial de la filière pêche se creuse
La hausse de la qualité, par exemple en débarquant des poissons vivants plutôt que morts, est l'un des motifs d'espoir de la filière pêche française. Ici, des poissons mis en vente à la criée de Lorient.

En 2017, la France a dépassé pour la première fois la barre des 6 milliards d’euros de produits aquatiques importés, contribuant à creuser son déficit commercial (4,4 milliards d’euros, en hausse de 7,3% en un an). Parmi les raisons invoquées, un renchérissement du prix du saumon dont la cause n’est pas, cette fois-ci, à aller chercher du côté de la Norvège, mais de l’Irlande et de l’Ecosse, avec des prix respectivement en hausse de 20,6% et de 4,6%. La France importe 66% de sa consommation de produits de la mer. Pourtant, la situation économique de la filière est meilleure qu’il n’y paraît, assure le délégué filière Pêche et aquaculture de l’établissement public France AgriMer, Jérôme Lafon : "depuis le creux de 2009-10, la production de la pêche française est repartie à la hausse, mais la flotte continue à baisser. Nous sommes aux alentours de 7000 navires de pêche français, avec 1500 navires perdus en dix ans. Le volume capturé moyen par bateau a augmenté de 20% en dix ans." La reconstitution des stocks a engendré une hausse des quotas, en hausse de 50% en l’espace de sept ans.

Des huîtres et des coquilles moins chères

Les pêcheurs ont ainsi pu faire le plein de coquilles Saint-Jacques. De quoi pousser à la hausse leur consommation : "l’ensemble de la chaine de commercialisation s’est mobilisée pour apporter au consommateur ce produit plus disponible, avec un prix moyen en baisse de 10% et une hausse de 38,7% des quantités achetées par acte en 2017", se félicite Jérôme Lafon. Autre source de satisfaction, les huîtres, avec une hausse des dépenses des ménages de 6,5% pour leur consommation à domicile et des quantités en hausse de 10%. "Le prix moyen a baissé (-3,2%, à 7,10 euros le kg) tous circuits confondus. Par ailleurs, on en exporte beaucoup plus qu’on en importe !", indique le délégué filière. Ces bons chiffres ne doivent pas éclipser la baisse totale de 2,1% des achats de produits aquatiques frais par les ménages en 2017, selon Kantar Worldpanel, sur fond d’une hausse tarifaire de 2,9% en moyenne.

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La qualité des débarquements en hausse

L’année 2017 a également été marquée par une hausse de la qualité des poissons débarqués en halles à marée (-3% en volume sur un an, à 197 millions de tonnes), qui représentent deux-tiers des volumes débarqués en France métropolitaine. La cotation de la fraîcheur en criée (brillance, couleur de l’œil et de la peau…) s’effectue selon une grille répartie entre les catégorie E (extra), A (bon ou par défaut) et B (pas terrible ou à déclasser). "Depuis deux ans, la proportion de E a tendance à augmenter (18% des volumes débarqués en 2015, 20% en 2016, 23% en 2017), avec un prix moyen de 20% supérieur à ceux des autres catégories. De 2015 à 2017, sur la sole, la proportion des gros calibres a augmenté de 4% en deux ans, une agréable surprise. Une petite sole de moins de 200 grammes est facturée de 10 euros le kg, tandis qu’une grosse sole de 500 grammes en vaut 15", précise le président du conseil spécialisé Pêche de France AgriMer, Hervé Jeantet.

L'abattage Ikejime, gage de qualité

Le rehaussement de la qualité a aussi pris, ces dernières années, une autre forme : le débarquement de poissons vivants à quai, avec des niveaux de prix supérieurs à ceux du poisson frais vendu mort. "Ce différentiel est bien plus marqué sur les espèces que l’on vend peu cher (de 4 à 14 euros le kg, du griset ou de la dorade grise par exemple)", illustre Jérôme Lafon. Des poissonniers disposant également d’une activité de mareyage ou des restaurants étoilés sont clients. Notamment ceux ayant recours à l’abattage Ikejime, une technique japonaise qui consiste à neutraliser le système nerveux de l’animal avant de le saigner. Une vingtaine d’espèces, parmi lesquelles le thon rouge, le lieu et le bar sont concernées. En France, la criée de Quiberon (Morbihan) s’en est faite une spécialité depuis 2015.

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