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L'Usine de l'Energie

Le débat Parisot - Batho sur les gaz de schiste tourne court

Ludovic Dupin , , , ,

Publié le

Analyse Le débat entre la présidente du Medef et la ministre de l’Ecologie sur les gaz de schiste n’a pas permis de faire émerger de nouvelles idées. La ministre les juge dangereux pour l’environnement, tandis que la patronne des patrons y voit une ressource économique indispensable.

Le débat Parisot - Batho sur les gaz de schiste tourne court

Un débat qui fait pschitt ! Mercredi 5 mai, la présidente du Medef, Laurence Parisot, et la ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, Delphine Batho, débattent sur les gaz de schiste. Dès les premières secondes, la ministre se déclare en faveur du maintien de l’interdiction de la fracturation hydraulique (loi du 13 juillet 2011) au nom de la protection de l’environnement et du développement des énergies renouvelable. La patronne des patrons lui répond que le gaz de schiste est un levier de réindustrialisation, de compétitivité et d’indépendance économique.

Le débat se résumera à ces déclarations liminaires. Dommage car, par moment, de vraies questions sont abordées. Quand la présidente du Medef demande à la ministre de citer des exemples de pollutions des nappes phréatiques aux Etats-Unis, celle-ci est prise de court, se contentant d’évoquer des tremblements de terre et des études scientifiques... sans donner aucun exemple précis. Plus tard, la ministre reproche aux gaz de schiste d’être responsables de la baisse des investissements dans les énergies renouvelables à travers le monde. Laurence Parisot lui rétorque que ces baisses sont surtout dues à la diminution des tarifs de rachat de l’électricité.

Un débat caricatural

Le plus souvent, le débat est retombé dans ses caricatures habituelles. Ainsi la ministre juge que l’interdiction de la fracturation hydraulique est une "victoire démocratique liée à une mobilisation sans précédent". Indéniablement, une vraie protestation s’est faite entendre dans le sud-est de la France à l’époque du vote de la loi. Mais c’est surtout l’imminence de l’élection présidentielle qui a poussé l’UMP, comme le PS, à voter en urgence une loi interdisant la fracturation hydraulique. Pire, la loi a été votée avant que ne soient remis les premiers rapports parlementaires sur les gaz de schiste. La ministre a aussi vertement dénoncé les travaux de l’Académie des sciences. Cette dernière s’était exprimée en faveur d’une exploration du sous-sol français. Delphine Batho juge que la participation du géophysicien “climatosceptique” Vincent Coutillot disqualifie d’entrée les travaux de l’institution.

En fin de débat, Laurence Parisot accuse la ministre “de ne pas croire aux progrès” et à la science. Elle précise : “Nous nous empêchons de considérer une ressource qui pourrait tout changer pour la situation économique du pays”. Delphine Batho répond qu’elle croit au “progrès humain” et juge que le modèle américain - où les gaz de schiste sont à l’origine de la reprise économique - n’est pas transposable en France. Elle veut que la compétitivité soit portée par les énergies vertes, comme le biogaz (gaz issu de la méthanisation).

Cet affrontement stérile renvoie à l’impossibilité de débattre sur le fond de la question des gaz de schiste en France à cause de l’exclusion des experts. Laurence Parisot et Delphine Batho ont le mérite de défendre avec vigueur leurs convictions. Mais ni l’une, ni l’autre ne sont des géophysiciennes, des géologues, des hydrologues... La France possède des instituts publics spécialistes du sous-sol de renom international à commencer par l’IFPEN (l’Institut français du pétrole - Energie Nouvelles) et le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Il serait peut-être temps d’écouter ces spécialistes, comme c’est le cas au Royaume-Uni, en Allemagne et au Canada. Libre, ensuite, aux citoyens, de se faire leur propre idée.

Ludovic Dupin

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