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L'Usine Matières premières

Le cuivre dans le rouge

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Le métal rouge n'est plus soutenu que par une demande chinoise essoufflée. Il atteint son plus bas niveau depuis janvier 2006.

Le cuivre dans le rouge

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Une semaine est une longue période pour les marchés de métaux, notait hier Frederic Lasserre de la société Générale, paraphrasant Harold Wilson. Alors que les participants à la semaine du LME - the LME weak, ironise Nick Moore de RBS - les cotations des métaux de base ont subi leur plus important recul en 5 séances avec des chutes comprises entre 3,9% pour l'aluminium et 21% pour le nickel. L'indice composite des non-ferreux cotés au LME a, durant la semaine qui s'est clôturée le 10 octobre, reculé de 15,2% pour tomber à 2463,3, son plus bas niveau depuis janvier 2006. Si, à la suite du rebond des marchés actions les cours des métaux se sont vivement repris lors des deux premières journées de la grand-messe des métaux, le cuivre bondissant même de 10% le 14 octobre, les analystes qui étaient intervenus lors du séminaire n'attendaient pas d'amélioration avant, au mieux, le 2e semestre 2009. 
Si le cuivre a repris 13% en deux séances, il n'en est pas moins 40% plus bas que son pic de mai 2008. « Avec la probabilité d'une récession globale qui se rapproche, les prix des métaux industriels vont continuer de subir une pression à la baisse », constate Merrill Lynch.
La Chine en développement interne
Un rebond global ne devrait pas se matérialiser avant le 2e semestre 2009, affirmait durant le séminaire David Abramson de BCA Research. La tendance ne va pas s'inverser avant que le dollar s'affaiblisse, que les autorités chinoises ne soutiennent les investissements et que les performances du cuivre soient supérieures à celles de l'or. En particulier Abramson recommande d'observer attentivement les dernières tendances de la consommation et de la finance en Chine pour dater la reprise. La dynamique de l'économie chinoise est passée d'une dynamique d'exportation à une dynamique de développement interne, souligne l'analyste qui pointe le développement rapide des grandes concentrations urbaines de l'intérieur du pays.
Quelques semaines après avoir peint l'avenir du cuivre comme « rosy » dans le Ringsider, l'organe du LME, Robin Bahr de Calyon tenait un discours plus prudent lors de sa présentation au LME. S'il ne remet pas en cause la solidité à long terme d'un marché du métal rouge, qui sera toujours tiré par l'urbanisation et l'industrialisation de la Chine, il table désormais sur un marché en net surplus en 2009. Emportés par la tempête baissière, les cours du cuivre ne réagissent plus aux nouvelles perturbations de l'offre, souligne l'analyste, selon lequel le relatif bas niveau des stocks avait soutenu la cotation du métal rouge. Avec une demande des pays en développement qui s'essouffle, des pays développés qui vont continuer de flirter avec la récession et la Chine dont le découplage avec les économies occidentales demande à être vérifiée, Bahr n'attend pas de redémarrage avant 2010.
Un cours encore supérieur aux coûts de production
La théorie du « supercycle » des commodités qui prévalait jusqu'à peu est-elle remise en question, s'interroge l'analyste. Si la tendance est globalement haussière, elle n'exclut pas les aléas des cycles. Le niveau plancher des prix est par ailleurs, sensiblement supérieur à celui des cycles précédents. Mais les cours demeurent encore nettement supérieurs aux coûts de production, 3 000 à 3 500 dollars par tonne, ce qui permet d'imaginer de nouvelles baisses. D'autant plus que les industries les plus utilisatrices de cuivre (le BTP et l'automobile principalement), souffrent actuellement le plus. Toutefois, la crise du crédit qui sape la demande, fragilise également les investissements miniers en mal de nouvelles capacités. La bonne recette pour une nouvelle flambée des cours lorsque la situation globale sera assainie et que la demande de cuivre aura repris des couleurs.  
Si Robin Bahr estime que la moyenne annuelle des cours du cuivre continuera à s'apprécier en 2008, à 7 385 dollars, la chute devrait dépasser les 1 000 dollars l'an prochain. Les cours retomberaient alors à 6 305 dollars, soit le niveau de 2006. Mais, comme l'a fait remarquer Bahr à la fin de son allocution, sa présentation PowerPoint se terminait par pas moins de deux avis de non-responsabilité.
Daniel Krajka

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