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"Le crédit impôt compétitivité, on espère que ce ne sera pas un leurre"

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Entretien Simon Azoulay, le PDG d’Alten dirige une société d’ingénierie de 15 000 salariés. Ses principaux clients sont dans l’auto, l’énergie, le ferroviaire et l’aéronautique. Les cerveaux sont la matière première de son business et les coûts salariaux ont une influence sur la rentabilité de l’entreprise et sa capacité à remporter des marchés. Il confie à l’Usine Nouvelle sa perception du crédit d’impôt compétitivité examiné en ce moment par les parlementaires.

Le crédit impôt compétitivité, on espère que ce ne sera pas un leurre

L'Usine Nouvelle - Avez-vous calculé ce que va représenter le Crédit impôt compétitivité emploi (CICE) pour votre entreprise ?
Simon Azoulay - Je n’ai pas encore calculé la somme exacte car j’attends de voir sur quoi ce crédit va vraiment s’appliquer (salaires bruts ou nets, heures sup ou pas …)  mais nous avons beaucoup de jeunes ingénieurs entre 0 et 7 ans d’expérience donc 50 % de mes salariés sont concernés par un salaire inférieur à 2,5 SMIC.

La mesure devrait nous donner une bouffée d’oxygène pour affronter la pression tarifaire très forte des grands donneurs d’ordre qui nous externalise une partie de leur R&D. Cette pression est croissante dans des secteurs comme l’automobile et les télécoms, qui nous poussent, pour faire baisser les prix, à nous installer dans des pays comme la Roumanie ou l’Espagne pour accéder à des compétences d’ingénieurs moins coûteuses.  Il n’y a guère que l’aéronautique qui comprend l’intérêt de maintenir la R&D en France avec des ingénieurs français.

Est-ce que vous trouvez le dispositif simple ?
Il aurait été plus simple de réduire les cotisations sociales plutôt que de passer par cette histoire de crédit d’impôt. Surtout nous attendons  de voir ce qui va vraiment se passer. Nous espérons qu’il n’y aura pas de contre-mesure dans un mois qui viendrait modifier ce "cadeau" aux entreprises. Que cela n’aura pas été un nouveau leurre. Il y a clairement un problème de compétitivité en France, les marges de la profession oscillent  entre 0 et 4 %.

Il faut enrayer la spirale infernale de hausses des charges.  Car il n’y a pas que le problème des cotisations sociales, d’autres  prélèvements  flambent sur la fiche de paie (CIF, taxe transport, etc. …). Sans parler de la modification du forfait social sur les rémunérations collectives. Nous réfléchissions à la mise en place d’un accord d’intéressement, le passage de 8 à 20 % de la taxe a interrompu net notre projet. C’est dommage, car cela aurait récompensé les efforts de ceux qui ne sont pas les plus riches dans l’entreprise.

Quel usage ferez-vous du CICE ?
A priori, cela favorisera le recrutement de jeunes ingénieurs. Nous avons des filiales à l’étranger pour suivre nos clients mais mon objectif est de développer l’activité en France. Maintenant que l’on a délocalisé nos usines, il ne faudrait pas que l’on délocalise nos cerveaux.

Propos recueillis par Anne-Sophie Bellaiche

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