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"Le crédit d’impôt compétitivité ? C'est une marge arrière !" dit Jean-Claude Volot

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Entretien Jean-Claude Volot, ancien médiateur de la sous-traitance et ancien président de l’APCE, a déclaré sa candidature à la présidence du Medef il y a un mois. En exclusivité pour L’Usine Nouvelle, il analyse -avec le franc-parler qu’on lui connait- le pacte pour la compétitivité, la croissance et l’emploi dévoilé mardi par le Premier ministre.

Le crédit d’impôt compétitivité ? C'est une marge arrière ! dit Jean-Claude Volot © DR

L'Usine Nouvelle - Comment analysez-vous le débat autour de la compétitivité qui s’est tenu avant et après la parution du rapport Gallois ?
Jean-Claude Volot - Le diagnostic fait par Louis Gallois est juste. Je note, d’ailleurs, qu’il a gravé dans le marbre des actions que nous avons menées, René Ricol et moi, au sein du commissariat général aux investissements ou dans le cadre des médiations du crédit et de la sous-traitance. Tout ce qu’il écrit, sur les gaz de schiste, les transferts de charges, est bien mais, à mon sens, il y a deux oublis dans son rapport.

Il ne dit pas, premièrement, que les Français ne travaillent pas assez. La maison France, c’est 2000 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 75 milliards d’euros de déficit commercial. Pour le combler, il faut que l’on produise plus, de l’ordre de 230 à 240 milliards d’euros à charges égales. Si la France est capable, à charges égales, de réaliser ce surplus de production, elle garantit ou comble tous ses déficits, celui de l’Etat, du commerce extérieur, de la sécurité sociale. Et ces 240 milliards, il n’y a pas de miracle, pour les produire, il faut travailler plus.


Et le deuxième absent du rapport Gallois, quel est-il ?
C’est le commerce extérieur. Notre déficit, il faut le dire, n’est pas un problème de moyens ni un sujet régional comme semble le penser le gouvernement. C’est d’abord un problème psychologique, un problème de comportement des chefs d’entreprise qui n’osent pas aller à l’international. Pour réduire notre déficit, on a tout ce qu’il faut. Nous n’avons pas besoin de plus de soutien. Il suffit de regarder les chiffres : plus on accompagne les entreprises, moins elles exportent au global ! Le déficit du commerce extérieur est un problème microéconomique.

Et que pensez-vous des mesures annoncées par le gouvernement suite au rapport ?
C’est mieux que rien ! Mais les 20 milliards d’euros de crédit d’impôt ressemblent à une ristourne de fin d’année accordée par l’Etat. Est-ce que cela va être à même de changer la donne ? Non ! Les 20 milliards accordés ne représentent que 1% du chiffre d’affaires de la maison France. C’est trop peu. Et c’est surtout méconnaître la manière dont fonctionne une entreprise. Si on voulait redonner de la compétitivité, il fallait baisser le coût du travail.

Lorsqu’un chef d’entreprise a un projet, il regarde combien lui coûte l’heure travaillée par ses ingénieurs, ses ouvriers… Il ne se demande pas s’il va toucher un crédit d’impôt. Quelque part, en agissant en fin de course de cette manière, l’Etat propose aux entreprises de leur verser une marge arrière. C’est une erreur : selon moi, cela aura le même effet que la TVA à 5,5% sur la restauration.


Que fallait-il faire selon vous ?
Ce qu’on oublie de dire, c’est que la compétitivité, elle vient aussi quand on produit plus. Une voiture produite à 50 000 exemplaires coûtera toujours plus cher que le même modèle produit à 100 000. Et pour produire plus, il faut exporter. Nous avons le potentiel en France pour cela. Je vois tous les jours des produits magnifiques qui pourraient se vendre à l’étranger et qui ne le sont pas parce que le chef d’entreprise n’en a pas l’idée. Donnez-moi 500 millions d’euros et je vous assure que je récupère les 73 milliards d’euros de déficit commercial. Il est là le vrai sujet. En résolvant le problème export français, on règlera tous nos problèmes.

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5 commentaires

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12/11/2012 - 10h44 -

Pour produire plus, il faut vendre plus, donc que nos produits cartonnent, donc être innovant - et non pas baisser nos couts car, de ce point de vue, nous n'arriverons jamais à la cheville d'un crève la faim indien. Nous ne sommes plus au XIXè siècle et la compétitivité ne tient plus qu'au cout de la main d'oeuvre. Quand un chef d'entreprise français a un projet, il pense aux compétences de ses collaborateurs, aux délais et à la rentabilité de l'investissement, et aussi que les salaires ont moins augmenté en France qu'en Allemagne pendant les 10 dernières années. C'est un avantage, accompagné malheureusement par le seule motivation des Français à bosser: ne pas perdre leur emploi - le management par la peur!
Vendre à l'export? OUI OUI et OUI on y va quand vous appuyez sur le bouton, Mr Volot!
Verdarié ou titi, les 35 heures ont été négociées par vos patrons, 3 ans avant leur application, avec une stagnation des salaires qui les a bien payées. Depuis, la loi est tellement souple qu'elle ne gêne plus personne, à part ceux qui pensent que le temps passé dans l'entreprise démontre notre sérieux - à qui? Aux investisseurs anglo-saxons (les fonds de pension,...). Donc, "s'en fout des 35 heures", au boulot, et tous ensemble!
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09/11/2012 - 17h42 -

Réflexion sur la compétitivité des entreprises La baisse du temps de travail en passant de 40h hebdomadaire à 35h pour environ 2 millions de fonctionnaires, correspond en gros à la suppression de 5 000 emplois dans la fonction publique (60 000 mois de travail perdus). Mais cette suppression n’est que fictive puisque cette baisse du temps travaillé s’est faite sans perte de salaire. C’est juste le service qui s’est détérioré. On en entrevoit aujourd’hui les effets. Aucune structure sociétale ne pourrait résister très longtemps à un tel bouleversement. Car il faut bien que quelqu’un paye cette surcharge supplémentaire de l’administration, qui ne peut être financée que par les entreprises de production puisqu’elles sont les seules à savoir créer de la valeur ajoutée, par la création d’objets multiples et divers. Pour baisser les charges des entreprises, il aurait donc fallut faire l’inverse de ce qui s’est fait. C’est-à-dire, augmenter le temps de travail de 5h dans l’administration pour limiter le nombre d’embauches administratives, sans toucher au service rendu. Cette mesure aurait eut pour effet, pour un nombre d’heures travaillées somme tout acceptable ,de permettre l’augmentation générale des salaires, tout en faisant baisser le coût de l’administration.( On fait l'inverse en multipliant les taxes !) Evidemment les syndicats auraient été contre mais est-ce pour eux qu’on vote pour faire fonctionner le pays ? De toute façon l’acceptabilité se fera de grés ou de force et qu’on le veuille ou non ! Car lorsqu’il n’y aura plus d’emploi il n’y aura plus non plus d’administration. Est-ce cela le devenir du pays ? Est–ce l’avenir qu’on souhaite pour nos enfants ?..Un monde sans règle fait de prédateurs et de profiteurs ? Le travail est une chance pour l’humanité qui peut par son intermédiaire se sortir de la précarité de l’existence. Mais en attendant on peut explorer d’autres pistes comme par exemple, le nombre de députés et de sénateurs, leurs traitements réel (pas celui qu’ils nous disent sur les radios),leurs avantages, la retraite après un mandat de cinq ans, etc. .Les impôts et avantages de tous les élus (36 000 communes en France) (l’impôt n’est juste que lorsqu’il est payé par tous sur les mêmes critères car ceci permet d’évaluer son poids et il n’y a aucune raison de faire une différence entre celui qui crée des emplois pour le pays et celui qui gère les problèmes du pays). L’exemple vient d’en haut, l’oublier c’est ne pas comprendre pourquoi les gens s’expatries.
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09/11/2012 - 15h39 -

La baisse du temps de travail en passant de 40h à 35h hebdomadaire pour environ 2 millions de fonctionnaires, correspond en gros à la suppression de 5 000 emplois dans la fonction publique (60 000 mois de travail perdus). Aucune structure de société ne pourrait résister très longtemps à un tel bouleversement financier. Mais cette suppression n’est que fictive puisque cette baisse du temps travaillé s’est faite sans perte de salaire. Il faut donc que quelqu’un paye cette charge supplémentaire de la société, qui ne peut être financée que par les entreprises de production puisqu’elles sont les seules à savoir créer de la valeur ajoutée par la création d’objets divers. Pour baisser les charges des entreprises, il aurait donc fallut faire l’inverse de ce qui s’est fait. C’est-à-dire, augmenter le temps de travail de 5h dans l’administration pour limiter le nombre d’embauches administratifs, sans toucher au service rendu. Cette mesure aurait eut pour effet, pour un nombre d’heures travaillées somme tout acceptable. de permettre l’augmentation des salaires en général tout en faisant baisser le coût de revient de l’administration. De toute façon l’acceptabilité se fera de gré ou de force et qu’on le veuille ou non ! Mais en attendant on peut explorer d’autres pistes comme par exemple, le nombre de députés et de sénateurs, leurs traitement réel (pas celui qu’ils nous disent sur les radios),leurs avantages, la retraite après un mandat de cinq ans, etc. .Les impôts et avantages de tous les élus (36 000 communes en France) (l’impôt n’est juste que lorsqu’il est payé par tous sur les mêmes critères car ceci permet d’évaluer son poids et il n’y a aucune raison de faire une différence entre celui qui crée des emplois pour le pays et celui qui gère les problèmes du pays). L’exemple vient d’en haut, l’oublier c’est ne pas comprendre pourquoi les gens s’expatries.
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09/11/2012 - 08h53 -

Bonjour, Chiche!! On supprime le crédit d'impôt et toutes les aides! J'espère que tous les chefs d'entreprises exportatrices ou futures exportatrices vont battre leur coulpe. On avait l'impression que les travailleurs étaient des fainéants et que seuls les patrons étaient irréprochables. Quant au coût d'une voiture à 50 000 ou 100 000 exemplaires c'est la négation même de la notion de niche de marché et de l'absence de réflexion collective: combien de véhicules de livraison ne réalisent que 200 km par jour? ça serait pourtant un gros marché unique. Ah mais ça serait supprimer la concurrence que de vouloir que ces véhicules soient sur le même modèle en créant ainsi un gros marché. Allons donc à Londres s'extasier sur les taxis londoniens. Quant aux gaz de schistes, j'aimerais savoir si continuer à subventionner l'extraction de combustibles fossiles tient compte des émissions de CO2 et ne tue pas dans l'oeuf tout effort de développer des solutions alternatives, de nouvelles organisations y compris au niveau des sociétés. Mais la rentabilité d'une société (au sens social pas commercial) ça vaut combien? Suffit de s'abrutir au travail pour ne pas se poser la question! Bon vent
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09/11/2012 - 08h41 -

Ca c'est bien dit ! Au panier les 35 heures ! A bas les syndicats CGT, CFTC, SUD, .., vive la CFE-CGC seul syndicat qui propose et qui ne s'oppose pas. je vais plus loin car c'est le salarié qui bosse: 24 % de son salaire brut passe à la trappe alors que sa retraite va baisser. Enfin ce satané FISC passe par derrière en traître pour rafler toutes les plus values que le salarié aura mis de côté: il faut absolument baisser les impôts directs et indirects pour augmenter la motivation au travail : c'est élémentaire !!!! Un gamin de 10 ans le comprendrait.
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