Quotidien des Usines

Le couvreur de stades Esmery Caron placé en liquidation judiciaire

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Malgré un carnet de commande de 7 millions d'euros, Esmery Caron, le fabricant de toiles textiles pour le bâtiment, n'a pas pu couvrir ses charges d'exploitation.

Le couvreur de stades Esmery Caron placé en liquidation judiciaire
Le chantier du stade de Toulon, couvert par la PME Esmery Caron
© Esmery Caron

Placé en redressement judiciaire début avril, le fabricant de toiles textiles pour le bâtiment Esmery Caron a été placé en liquidation par le tribunal de Commerce de Chartres (Eure-et-Loir). "C'est une triste nouvelle, admet Olivier Dufour. Pour les 32 salariés, pour notre entreprise." A court de trésorerie et de BFR (besoin en fond de roulement), Esmery Caron n'a pas pu couvrir ses charges d'exploitation, malgré un carnet de commandes de 7 millions d'euros étalés sur six mois.

La société de Dreux (Eure-et-Loir) semblait pourtant être sur de bons rails. En 2012, elle embauche huit salariés et l'année suivante, elle déménage dans une usine flambant neuve. Au court de cette période, elle investit 1,2 million d'euros dans le développement. Fin 2013, sa croissance avoisine les 45%, et son chiffre d'affaires atteint 4 millions d'euros, contre 2,7 millions l'année précédente. "Mais pour 2013, on tablait sur 5 millions. Une légère baisse en 2014 et un retour à la normale en 2015", souligne Olivier Dufour, qui voulait faire de son "petit champion" une "PME à l'allemande".

"Il est encore possible de préserver notre savoir-faire"

Fondé en 1897, Esmery Caron, qui fournissait des sacs pour le transport de céréales, s'est spécialisé dans les toiles extérieures. Cette petite entreprise qui côtoyait les grands de la construction a coiffé nombre de stades, tribunes, structures extérieures, de Disneyland au Zénith de Paris. Dans les années 1970, elle embauchait près de 450 salariés. Quand Olivier Dufour prend la direction en 2005, il veut faire d'Esmery Caron une société "moderne, efficace et réactive". En 2011, il ouvre le capital aux investisseurs. Mais arrivent les difficultés financières. Si les grands clients lui accordent toute leur confiance, ce n'est pas le cas des banques. La perte d'un contrat avec le grand stade de Lyon (Rhône) vient clouer l'eurélien. 

"Avec un solide projet de reprise, il est encore possible préserver notre savoir-faire, veut croire Olivier Dufour. L'espoir est ténu, mais il y en a." Sous quelle forme survivra Esmery Caron? Le dirigeant y "travaille".

Timothée L'Angevin

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