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Le coup de gueule du patron de Renault Trucks

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Econduit du marché de fourniture de camions à l'armée française, Renault Trucks contre-attaque. Après avoir exercé un droit de recours contre l’attribution de ce contrat à un consortium associant le français Lhor et l’italien Iveco, Stefano Chmielewski, le président de Renault Trucks, repart à l’offensive en faisant l’hagiographie de son entreprise.

Le coup de gueule du patron de Renault Trucks © DR

Renault Trucks a perdu une bataille mais il n’a pas perdu la guerre. Le constructeur français de poids-lourds entend bien se battre jusqu’au bout pour décrocher le contrat de fourniture de camions à l'armée française. Attribué à un consortium associant le français Lhor et l’italien Iveco, le français porte aujourd’hui la bataille sur le terrain médiatique en publiant une tribune, baptisée « Au nom des 10 000 français de Renault Trucks » dans le quotidien Les Echos. Son patron, Stefano Chmielewski , s’ingénie ligne après ligne à prouver que son entreprise est bien française. Morceaux choisis de ce coup de gueule.

 

Racines lyonnaises
« Renault Trucks SAS est une société de droit français, héritière de Renault et de sa branche véhicules industriels Saviem d'une part, du lyonnais Berliet d'autre part. Ces deux noms ont fait et font toujours la renommée de l'industrie automobile française dans le monde, excusez du peu ! Renault Trucks a des racines plus que centenaires à Billancourt et à Vénissieux. »
 
Identité nationale
« Oui, le propriétaire du français Renault Trucks est suédois. C'est AB Volvo qui a pour actionnaire Renault SA, lui-même contrôlé par l'Etat français ! C'est là une chose bien banale dans notre économie mondialisée (…). La marque que Renault Trucks défend sur les marchés et qui orne ses véhicules depuis 1978 c'est « Renault ». Faut-il produire d'autres certificats d'identité nationale ? »
 
Made in France
« Renault Trucks emploie 14.000 personnes dans le monde dont 10.000 en France. Un détail qui a visiblement échappé à certains commentateurs qui ont réduit l'entreprise à sa seule division Défense. La production de l'entreprise est assurée dans des sites industriels d'envergure en Normandie, en Rhône-Alpes, dans le Limousin. L'usine de Bourg-en-Bresse dans l'Ain accueille une activité de montage de véhicules de construction autrefois réalisée en Espagne. Renault Trucks est le premier employeur privé sur tous les territoires où il est implanté, une réalité que mesurent bien les élus locaux et qui nous vaut leur soutien sans faille. (…) Nous avions cru, semble-t-il à tort, nous reconnaître dans le « fabriqué en France » que défendait encore récemment le précédent ministre de l'Industrie. »
R&D lyonnaise
« Plus d'un millier d'ingénieurs de recherche et développement font de Lyon un centre d'excellence reconnu dans le domaine des véhicules de moyen tonnage et préparent les véhicules électriques et hybrides de demain. Renault Trucks est le pilier du pôle de compétitivité Lyon Urban Truck & Bus qui fédère PME, laboratoires et grands groupes autour de projets de recherche structurants sur les systèmes de transport urbain de marchandises et de personnes. C'est bien en France que cela se passe et pas ailleurs. »
 
800 millions d’investissements
« C'est bien en France que nous avons investi 800 millions d'euros dans nos produits et nos usines au cours des trois dernières années : nous avons fait de l'usine de Blainville-sur-Orne le deuxième centre européen de fabrication de cabines de camion ; nous venons de doter Vénissieux d'un centre d'emboutissage ultramoderne ; nous avons installé à Bourg-en-Bresse une ligne d'assemblage pour le montage de véhicules hybrides. Renault Trucks consacre 5,5 % de son chiffre d'affaires à la R&D. Malgré la crise qui est loin d'être finie pour notre secteur, cet effort a été soutenu. Croyez-moi : c'est bien en plaidant pour les atouts de la France et la qualité du travail que nous y faisons que l'on a pu convaincre ce fameux actionnaire suédois de nous autoriser à faire ces investissements. »
 
Soutien de l’Etat français
« Renault Trucks ne serait pas français et les camions pas assez stratégiques, ai-je pu lire encore. C'est sans doute par erreur que l'Etat nous a inclus dans son plan de relance de l'automobile et nous a aidés à instaurer des mesures de chômage partiel pour éviter des pertes d'emplois. Une erreur aussi que l'attribution de la prime d'aménagement du territoire pour ancrer des compétences et des emplois sur notre site normand. C'est sans doute par hasard que nous sommes engagés dans les états généraux de l'industrie, dans la Plate-forme pour l'automobile (PFA), que nous appliquons la loi sur la modernisation de l'économie (LME) et que nous sommes signataires de chartes pour de meilleurs rapports entre donneurs d'ordre et sous-traitants sous l'égide de l'Etat. Enfin, c'est vraisemblablement une étourderie qui nous fait payer l'impôt sur les sociétés en France ! »

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