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PME-ETI

Le coup de gueule au gouvernement de Viviane Chaine-Ribeiro, femme entrepreneur

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Publié le

Le 20 septembre dernier, elle faisait parler d'elle en recevant le Prix de la Femme entrepreneur 2012 décernée par L'Usine Nouvelle. Aujourd'hui, forte de son expérience, Viviane Chaine-Ribeiro s'insurge contre la politique de taxation du gouvernement à l'égard des entrepreneurs. Nous publions ici sa lettre ouverte, et sans détours, rappelant que "La France a besoin de croissance et d'ETI !"

Le coup de gueule au gouvernement de Viviane Chaine-Ribeiro, femme entrepreneur © Stéphanie Jayet - L'Usine Nouvelle

Quels beaux discours ! Et voilà le gouvernement qui ouvre beaucoup de commissions mais qui, par dogmatisme, décide de l'imposition sur les plus-values, y compris pour ceux qui investissent dans leur outil de travail !

Révolte des entrepreneurs ! Naissance des "Pigeons" ! Recul du gouvernement... Annonces, reculades et cela dans la plus grande incohérence. Puis les Echos du 8 Octobre : "pour y échapper, il faudra au moins posséder 15% de son entreprise".

Messieurs, les "Sachant", Messieurs les "Décideurs", Messieurs les "Faiseurs de loi" :
- Avez-vous déjà mis et risqué la moitié de votre patrimoine dans votre entreprise ? Moi OUI
- Avez-vous déjà investi cette somme dans une société qui perdait de l’argent en prenant le risque de la redresser ? Moi OUI
- Avez-vous persuadé des collaborateurs de vous suivre dans l’aventure ? Moi OUI
- Avez-vous réussi à fédérer 350 personnes autour d’un projet d’entreprise ? Moi OUI
- Avez-vous pris le risque de passer d’une PME à une ETI avec tous les effets de seuil que cela suppose ? Moi OUI

Voici le schéma de notre parcours : croissance organique et croissance externe mais aussi respect des individus, attention aux collaborateurs, volonté de construction solide.

Après avoir redressé l'entreprise grâce à un actionnariat familial solide et courageux, nous leur avons permis d'obtenir le retour sur investissement de cette confiance et ils nous ont permis de devenir les acteurs principaux de cette ETI à travers un LMBO.

Et oui, un LMBO avec des actionnaires solides, prêts à accompagner une entreprise dans l’Industrie du Numérique et  dans les prochaines étapes d'internationalisation et ayant accepté que près de 40 de mes collaborateurs investissent dans leur outil de travail.

A nous tous, équipes de management et collaborateurs, nous possédons près de 16% de notre entreprise, mais restons individuellement en dessous du seuil fatidique. A chaque croissance externe, nous permettons à de nouveaux d'entre eux de rejoindre cette équipe. Il ne s'agit pas là de stock-options ou d'actions gratuites !

Il s'agit de collaborateurs qui investissent leurs économies dans leur outil de travail, qui croient au projet que je dirige, qui croient à leur entreprise et à leur équipe de management, qui ont confiance dans les financiers qui nous soutiennent.

Vous amendez la taxation des plus-values mais le seuil nous fera rester dans la nasse de ceux qui paieront 62%.

Concertation avez-vous dit ? Redressement dans la justice avez-vous juré ? De quelle justice parlez-vous ? Sur quelles PME, ETI pensez-vous vous appuyer ? Qui crée de l'emploi et quels sont les leviers de la croissance ? Le Numérique fait partie de ces Industries où tout est encore jouable.

J'ai obtenu le Prix de la Femme entrepreneur 2012 décerné par l'Usine Nouvelle et Laurence Parisot m'a félicitée pour mon engagement sociétal en parallèle du redressement et de la croissance profitable de mon entreprise. Le redressement productif et la conscience sociale, le passage de PME à ETI, moi je sais de quoi je parle : je l'ai fait et je le fais au quotidien !

Si vous devez amender, prenez au moins le temps de voir le sujet dans son ensemble. Ne tuez pas les quelques restes de dynamisme, ne tuez pas l'entreprenariat et ne tuez pas le dialogue social que nous avons su mettre en place dans nos entreprises.

Par Viviane Chaine-Ribeiro, Présidente de Lefebvre Software (350 salariés)

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11 commentaires

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10/10/2012 - 21h59 -

Merci Madame ! Ces politiques ne savent pas ce qu'est une entreprise… Mon mari a acheté une petite PME il y a 20 ans. Il s’est payé au lance pierre pendant toutes ces années pour sauvegarder son entreprise, donc ses salariés, sans parler des soucis quotidiens, pour finir le mois, l’année, pour régler les problèmes humains, pour motiver ‘’les troupes’’ , pour courir après les commandes etc… Arrivant à l’âge de la Retraite, (sa retraite sera minime puisqu'elle est calculée en fonction des salaires perçus…), s’il arrivait à revendre son entreprise, il donnerait quasiment tout à l’état ???? C’est tout simplement scandaleux….
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10/10/2012 - 08h59 -

Tartuffe 2, après son maître Mitterrand Tartuffe 1er va achever l'industrie Française, sans même avoir "l'excuse" d'une idéologie ni de l'ignorance! Même s'il n'a jamais exercé un vrai métier qui rapporte à la Nation il doit tout de même comprendre approximativement que ce sont les entreprises qui rapportent et que les fonctionnaires sont un coût ! C'est donc, cyniquement, en pleine lucidité qu'il prend des mesures pour durer au pouvoir. C'est un homme d'appareil alors qu'il nous faudrait un homme d’État.
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10/10/2012 - 08h31 -

bonjour, merci pour ce coups de gueule qui je le souhaite ne restera pas lettre morte. Je suis en phase de création d'entreprise et me demande maintenant si cela vaux le coups de prendre tous ces risques ! Si vous obtenez une réponse, merci de la faire publier je pense que nous sommes nombreux à vouloir connaitre la réponse de nos gouvernants qui sont si loin de la réalité !
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10/10/2012 - 08h28 -

je n'aurais pas écrit plus juste, à ceci près qu'il nous reste une "arme" démocratique, le bulletin de vote, et qu'il ne faut pas s'étonner du niveau d'abstention ou des choix de certains, en réponse au manque de réalisme de ces pauvres sires qu'on appelle vulgairement politiciens, et qui prêchent avant tout pour leur paroisse plutôt que pour la nation qui les a élu.
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10/10/2012 - 00h01 -

Bravo Madame, quelle énergie ! Ces énarques, on devrait les envoyer en stage chez les bolcheviques. On connait le résultat des soviets !
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09/10/2012 - 18h54 -

INAPTOCRATIE, en anglais ....... INEPTOCRACY : Système de gouvernement où les moins capables de gouverner sont élus par les moins capables de produire et où les autres membres de la société les moins aptes à subvenir à eux-mêmes ou à réussir, sont récompensés par des biens et des services qui ont été payés par la confiscation de la richesse et du travail d'un nombre de producteurs en diminution continuelle.
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09/10/2012 - 17h48 -

assez de pleurnicheries.. Il est plus que juste que le capital lâche du...lest !!! bien trop longtemps que l'on nous fait "pleurer" sur les entreprises.. Que Madame Parisot y aille de son couplet, je m'en fous complétement.. Qu'elle soit "patronne" des patrons est révélateur de la déliquescence de ces instances
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09/10/2012 - 16h30 -

Quoi dire de plus, rien ou plutôt si. Avec les socialistes on à a faire à la pire espèce de prédateur qui crache sur les riches tout en s'en mettant plein les poches : c'est pas très joli tout cela!!! Le pire c'est qu'ils sont incapables de créer des entreprises qui rapportent et ne font que créer des emplois qui coutent et qui plombent la France de dettes, sans oublier la révolution des 35 heures qui à tué et ou fait fuir beaucoup d'entreprises à l'étranger. Comme les oiseaux, nos entreprises vont être obligés de migrer pour survivre alors que le climat en France est plutôt doux. La France est le seul pays démocratique à faire de telles conneries, mais d'où sortent-ils ces prédateurs, menteurs, inconscients et tout cela que par idéologie ????
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09/10/2012 - 16h30 -

Un grand bravo pour ce coup de gueule. Malheureusement, quoique la volonté de concertation semble exister, l’urgence de la situation et l’absolue méconnaissance du monde de l’entreprise de la part de nos gouvernants font que nombre de décisions vont dans le sens de la soustraction de valeur plutôt que celle de la création. Ce gouvernement d’énarques ne connaît pas le monde des affaires, ne comprend pas que le pays vit grâce à son secteur privé qui se caractérise par la prise de risques. Nos gouvernants fustigent la classe aisée, sans se demander comment les gens qui la composent y sont parvenus. A chaque fois, une prise de risque plus ou moins importante mais bien réelle. Car le risque est bien là à des niveaux différents, souvent pris par des gens aisés et d’autres moins suivant que l’on regarde la situation du salarié du privé ou de son patron entrepreneur. Deux mondes vivent cote à cote. Le premier à l’abri qui, pour ce maintenir, augmente les taxes du second. Lequel prend des risques mais qui resterait rançonnable à merci jusqu’à ce qu’il clame sa révolte. Les révolutions partent souvent de la bourgeoisie. En pointant du doigt les nantis, nos gouvernants n’ont pas compris qu’ils stigmatisaient tout le secteur privé. Nouveau risque : celui de contagion cette fois. Et une nouvelle fracture !
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09/10/2012 - 15h47 -

Madame Viviane Chaine-Ribeiro, Je vous remercie du fond du cœur pour cette belle lettre. Je suis entrepreneur et... que dire de plus ! Merci Madame, Cordialement.
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09/10/2012 - 15h41 -

Il faut distinguer l'argent facile du reste. En général, l'industrie (pour moi c'est "des sciences et techniques et du business") c'est quand même de l'argent "pas facile". Il est plus facile, par exemple, de photographier un stock de vieilles maisons, de faire un powerpoint en affichant les prix qu'on veut bien tenter, puis de faire visiter aux Gogos (que nous sommes tous). En clair, taxer les grosses plus-values des entreprises qui ne font pas fonctionner un appareil productif et emploient peu de personnes (qualifiées ou non).
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