Le coréen STX envisage de céder les ex-Chantiers de l'Atlantique

Endetté, le groupe sud-coréen cherche à céder des actifs, dont les chantiers de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et de Lanester (Morbihan). L'Etat français, actionnaire minoritaire, n'envisage pas de nationalisation.

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Le coréen STX envisage de céder les ex-Chantiers de l'Atlantique

Le groupe sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding a annoncé vendredi 3 mai qu’il envisageait de vendre ses chantiers navals en France, en Finlande et en Chine. Bien que l’Etat français, actionnaire à 33,3 % de STX France n’en ait pas été informé officiellement, ce projet s’inscrit dans le cadre d’un plan de désendettement lancé par le groupe STX Corp qui a demandé à ses créanciers, dont le chef de file est KDB (la banque d’état Korea Development Bank, détenant 20 % de la dette), un étalement de ses dettes.

Le groupe coréen contrôle depuis 2008, via STX Europe, les deux tiers du capital de STX France, lequel regroupe les chantiers de Lorient (112 salariés) et de Saint-Nazaire (2 200 salariés). Le désengagement de STX ne suscite pas la surprise mais une relative inquiétude à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) que le gouvernement tente de tempérer. "STX France a pleinement consolidé son activité ces derniers mois, grâce à d'importants contrats remportés, en particulier à l'export. L'activité de Saint-Nazaire n'est donc aucunement menacée par les événements de Corée", affirment, dans un communiqué commun, les ministres de l’économie Pierre Moscovici et du redressement productif, Arnaud Montebourg, assurant par ailleurs que l’Etat continuera à accompagner le chantier dans son développement.

"Saint-Nazaire dispose d’une situation financière saine et d’un carnet de commandes financé", confirme François Janvier de la CFE-CGC, soulignant en revanche la situation difficile des chantiers STX de Finlande. STX France s’est en partie renfloué en remportant fin 2012 la commande d’un paquebot géant pour Royal Caribbean International tandis que le chantier de Lorient vient de se voir confier la construction de trois patrouilleurs pour l’Afrique, soit une bonne année de répit. "Mais encore faut-il trouver un actionnaire de référence ayant la volonté et la capacité d’investir dans la navale", poursuit François Janvier. Ils ne sont pas nombreux. STX a d’ailleurs mis du temps à vendre son activité OSV (division offshore)."

Côté politique, Jacques Auxiette, le président PS du conseil régional des Pays de la Loire, estime que si la mise en vente se confirmait, "la question de l’augmentation de la part de l’Etat dans le capital du chantier naval, ne serait-ce que momentanément, serait à nouveau d’actualité." Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, écarte l'hypothèse d'une nationalisation, estimant que le chantier a davantage besoin "de commandes que d'un nouvel actionnaire."

Emmanuel Guimard

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