Economie

Le conseil exécutif du Medef se penche sur la candidature de Jean-Dominique Senard

Cécile Maillard

Publié le , mis à jour le 11/12/2017 À 07H36

Le lundi 11 décembre, Pierre Gattaz demandera au conseil exécutif du Medef s’il souhaite trouver une solution pour que Jean-Dominique Senard, candidat à la présidence, puisse se présenter même s'il a atteint la limite d'âge.

Le conseil exécutif du Medef se penche sur la candidature de Jean-Dominique Senard
Jean-Dominique Senard, président de Michelin.
© Pascal Guittet

Jean-Dominique Senard est sorti du bois. On sait depuis plusieurs mois que le président de Michelin aimerait succéder à Pierre Gattaz – qui ne se représente pas - à la tête du Medef. Dans une interview au Figaro publiée ce mardi 28 novembre, il reconnaît son intérêt pour le poste, mais rappelle qu’il ne peut pas être candidat, puisqu’il sera atteint par la limite d’âge lors de l’élection, prévue en juillet 2018. A quelques mois près, puisque c’est en mars qu’il franchira la barre des 65 ans inscrite dans les statuts de l’organisation patronale. "Pour moi, il est hors de question de remettre en cause cette règle, affirme-t-il au Figaro. Je suis opposé à une modification ou à une interprétation des statuts. À quelques semaines d'une élection importante, ce serait inopportun et donnerait le sentiment d'une manipulation. En l'état, je ne peux donc pas être candidat."

Oui mais… Selon un membre du comité exécutif, Pierre Gattaz, qui a toujours affirmé qu’il refuserait de modifier les statuts pour permettre la candidature de Jean-Dominique Senard, s’apprête à interroger le conseil exécutif du Medef, lors de la prochaine réunion, prévue le 11 décembre. "En arbitre, neutre." L’idée, c’est que si la candidature de Jean-Dominique Senard est largement soutenue par les fédérations professionnelles et les Medef territoriaux, il faut peut-être trouver une solution, tout du moins ouvrir le débat.

Le comité statutaire a déjà été saisi du sujet 

Laquelle ? Jean-Domnique Senard, tout comme Pierre Gattaz, ne veulent pas donner l'impression d'une magouille de dernière minute. L’idée d’une démission de Pierre Gattaz avant la fin de son mandat, mais surtout avant le mois de mars, a été balayée par celui-ci sur son compte Twitter, sitôt l’interview de Jean-Dominique Senard publiée : "J’ai été élu pour une mission de 5 ans, je respecterai cet engagement jusqu’à la fin de mon mandat". L’élection pourrait peut-être être organisée avant les 65 ans de Jean-Dominique Senard, Pierre Gattaz restant jusqu’en juillet comme prévu ? Le patron de Michelin a lui-même balayé la possibilité d’un "ticket", c’est-à-dire l’élection d’un candidat "autorisé" par les statuts, auquel il serait associé. La plupart des autres solutions passent par une modification des statuts…Au Medef, on attend les conclusions du comité statutaire, saisi de cette question, pour le 11 décembre.

Reste à savoir quelle sera la réponse du conseil exécutif, qui s'appuyera sur les préconisations techniques du comité statutaire pour prendre une décision avant tout politique. "Attention, prévient un bon connaisseur des élections au Medef, autoriser la candidature de Senard ne veut pas dire qu'il sera élu..." Jean-Dominique Senard a démarré sa campagne, dès l’université d’été du Medef, et en faisant depuis le tour des responsables de l’organisation patronale. Il aurait le soutien de deux grosses fédérations, son profil d’Auvergnat plait aux Medef territoriaux, sa politique sociale chez Michelin pourrait séduire la frange du patronat que cela intéresse. La ligne sociale était jusqu’ici incarnée par Alexandre Saubot, président de la puissante fédération de la métallurgie. On le sait intéressé par le poste, même s’il ne s’est toujours pas déclaré candidat. Certains, favorables à la candidature Sénard, espèrent même un ralliement de l’UIMM au candidat au profil industriel… Le plus en difficultés semble le candidat Geoffroy Roux de Bézieux, qui incarne une autre ligne patronale.

L'enjeu est important pour le Medef. En se dotant d’un président atteint par la limite d’âge dès son élection, il risque de renvoyer une image vieillissante du patronat, à l’heure où les partis politiques sont balayés par l’envie de renouveau de la société. Déjà d'autres petits candidats fourbissent leurs armes comme Patrick Martin, président du Medef Auvergne-Rhône-Alpes, Frédéric Motte, président du Medef Hauts-de-France, Fabrice Le Saché un jeune entrepreneur, très actif au Medef international...

Cécile Maillard avec Anne-Sophie Bellaiche

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