Le Conseil européen valide les objectifs de l'agenda 2020

par Emmanuel Jarry et Julien Toyer

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Le Conseil européen valide les objectifs de l'agenda 2020

BRUXELLES (Reuters) - Le Conseil européen a repris vendredi à son compte les grandes lignes de l'agenda 2020 de l'Union européenne fixées par le président de la Commission, José Manuel Barroso.

Cette stratégie "pour l'emploi et la croissance", qui fera encore l'objet de discussions, doit permettre d'harmoniser en dix ans les situations disparates des économies des Vingt-Sept et placer l'UE sur la voie d'une croissance soutenue et durable.

Moins nombreux, ces objectifs sont aussi plus réalistes que ceux de la défunte "stratégie de Lisbonne", qui devait faire de l'Europe l'économie la plus compétitive et dynamique au monde d'ici 2010 mais qui s'est soldée par un échec cuisant.

L'agenda 2020 prévoit ainsi de porter de 69% à 75% le taux d'emploi des femmes et des hommes âgés de 20 à 64 ans et à 3% du PIB les investissements publics et privés cumulés en matière de recherche et développement.

Il reprend les "trois 20" en matière d'environnement: -20% d'émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à 1990 ; 20% d'énergies renouvelables dans la consommation finale d'énergie ; +20% d'efficacité énergétique.

L'UE réaffirme qu'elle est prête à porter à 30% ses réductions d'émission de CO2 d'ici 2020, si d'autres pays développés s'engagent sur des réductions comparables et si les pays en développement apportent une "contribution adaptée".

Elle s'engage également à réduire le taux de décrochage scolaire, à augmenter la part des personnes diplômées de l'enseignement supérieur, à réduire la pauvreté, etc.

Les Vingt-Sept partent du constat que la crise économique et financière de 2008-2009 a annulé une grande partie des progrès réalisés depuis 2000: "Nous sommes à présent confrontés à des niveaux d'endettement excessifs, une croissance structurelle atone et des taux de chômage élevés. La situation économique s'améliore, mais la reprise demeure fragile."

RÉGULATION BANCAIRE

Aucun objectif chiffré de croissance n'est formalisé. Mais José Manuel Barroso a déjà expliqué que le but était au moins de doubler, à 2%, le potentiel de croissance de l'économie européenne.

Les États membres devront définir des objectifs nationaux, en tenant compte des situations de départ et vérifier avec la Commission qu'ils sont conformes aux grands objectifs de l'UE.

Ils devront aussi établir des programmes nationaux de réforme visant à mettre en oeuvre la nouvelle stratégie.

Un paragraphe sur l'agriculture a été ajouté à l'insistance de la France - Nicolas Sarkozy avait menacé d'aller jusqu'à la crise pour préserver la politique agricole commune.

"Toutes les politiques communes, y compris la politique agricole commune et la politique de cohésion, devront appuyer la stratégie (européenne de croissance)", lit-on dans le relevé de conclusions finales.

"Un secteur agricole viable, productif et compétitif apportera une contribution importante à la nouvelle stratégie, compte tenu du potentiel de croissance et d'emploi que possèdent les zones rurales, tout en assurant des conditions de concurrence loyales", ajoute le Conseil européen.

Celui-ci juge nécessaire de "progresser rapidement" dans le renforcement de la régulation financière, au sein de l'UE et dans les enceintes internationales comme le G20, tout en garantissant une harmonisation des règles du jeu mondiales.

Pour les Vingt-Sept, il est urgent de progresser sur les exigences de fonds propres, les établissements présentant un risque systémique, les instruments financiers de gestion de crise, la transparence sur les marchés des produits dérivés.

Ils demandent également l'examen de mesures spécifiques pour les contrats d'échange sur défaut d'emprunteur souverain ("CDS souverains") et la mise en oeuvre des principes arrêtés au niveau international concernant les primes dans le secteur des services financiers.

Enfin, le Conseil européen juge nécessaire de donner une "impulsion nouvelle" aux négociations internationales sur la lutte contre les changements climatiques, qui ont notamment achoppé en décembre dernier à Copenhague sur l'intransigeance de la Chine et de l'Inde et des Etats-Unis peu motivés.

Edité par Sophie Louet

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