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Le commerce mondial des grains n'en finit plus de croître

Franck Stassi , , ,

Publié le

Les exportations et les importations mondiales de grains et d’oléagineux ont respectivement progressé de 27,9% et de 29,1% au cours des cinq dernières années. Le paysage des acteurs majeurs du secteur a évolué lors de cette période, sous l’impulsion des pays émergents.

Le commerce mondial des grains n'en finit plus de croître © Flickr/Bill Oswald

Les exportations mondiales de grains et d’oléagineux ont progressé de 27,9% entre les campagnes 2010-11 et 2015-16, à 678 millions de tonnes (Mt), indique Rabobank. "Alors que les exportations américaines ont eu du mal ces dernières années en raison de la force du dollar américain, les exportations des pays émergents dont la monnaie est faible continuent de grossir. Cela comprend le Brésil, qui a dépassé les Etats-Unis comme premier exportateur mondial de soja et dont les exportations de maïs ont triplé au cours des cinq dernières année, ainsi que la région de la mer Noire", commente Stefan Vogel, stratège céréales et oléagineux pour la banque néerlandaise. Les importations se sont quant à elle accrues de 29,1%, à 516 Mt.

Le maïs figure parmi les céréales dont les échanges ont progressé le plus fortement au cours des cinq dernières années. Ses volumes échangés ont bondi de 40%. Parmi les faits notables relevés ces dernières années, l’Ukraine s’est hissée au rang de quatrième exportateur mondial de maïs derrière les Etats-Unis (35% de parts de marché) et le Brésil (24%), et ce en dépit des difficultés politiques qui ont affecté le pays. Sur les 120 Mt exportées au cours de la dernière campagne, le pays s’est arrogé 13% de parts de marché. Il talonne l’Argentine (14% de parts de marché), et pourrait même la doubler, estime Rabobank.

Au rayon blé, l’Union européenne demeure le leader des exportations avec 20% de parts de marché au cours de la campagne 2015-16, devant la Russie et le Canada. L’Allemagne et la France représentent environ 60% des exportations européennes. Cinquième acteur du marché, l’Australie souffre pour sa part de difficultés logistiques. La banque néerlandaise réitère son appel à une amélioration de la chaîne d’approvisionnement dans le pays afin de lui permettre d’augmenter significativement son poids sur le marché mondial des céréales. 163 Mt de blé ont, au total, été exportées l’an dernier à travers le monde.

La Chine, leader incontesté des importateurs

En termes d’importations, la Chine figure sans surprise en tête du podium. Ses achats de grains et d’oléagineux ont augmenté de 90% entre les campagnes 2010-11 et 2015-16, à 119 Mt. Elle s’est notamment accaparée, lors de la dernière campagne, 80 Mt de soja auprès des pays nord-américains et sud-américains, lesquels trustent le commerce mondial (le Brésil, Etats-Unis et Argentine pèsent pour 87% du marché à l’exportation). La Chine a en revanche appuyé sur le frein pour ses importations de maïs. Elle s’avère plus vigilante quant aux OGM contenus dans les céréales et doit résorber ses surplus de production sur son marché intérieur.

Les importations subsahariennes se sont quant à elles appréciées de 44% au cours des cinq dernières campagnes, tandis que les achats nord-africains ont progressé d’environ 25%. L’Union européenne a pour sa part importé 15% de plus de grains et d’oléagineux sur cette période, le maïs faisant office de variable d’ajustement en fonction du résultat des récoltes au sein de la zone. "Le commerce mondial de grains et d’oléagineux va continuer à croître", complète Stefan Vogel, résolument optimiste pour l’avenir de ce secteur.

Franck Stassi

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