Le coloriste face au circuit court

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Le coloriste face au circuit court

La mode est au Lycra! Le coloriste doit être d'autant plus capable de sélectionner colorants et pigments, et de les marier entre eux sous l'angle d'un éclairage, naturel, électrique ou halogène, que le tissu conjugue les aspects mat et brillant. Qu'il doit résister à des lavages en machine et ne pas déteindre. Il est un pilier de l'industrie de l'ennoblissement, tant dans les PMI du secteur que chez Chargeurs ou DMC. Aucune usine de teinture ou d'impression du Nord, de l'Est ou de Rhône-Alpes ne peut tourner sans lui. Mais le métier évolue. Les anciens laissent peu à peu la place à de jeunes techniciens. Car la filière travaille en circuit court. Et les ennoblisseurs répondent au jour le jour à la demande de réassort des distributeurs. Le coloriste, ou échantillonneur, doit suivre. Il prépare et teste toutes les formulations dans sa "cuisine à couleurs" avant d'en donner la recette aux laborantins, puis en production. Il dose les pourcentages de colorant. Grâce à de solides connaissances en chimie, il interprète la demande du client, qui présente son propre nuancier sur des supports divers. Pour la reproduire sur des fils ou de l'étoffe naturelle ou synthétique. Il interprète les dessins avec le graveur, qui fabrique les pochoirs pour l'impression des motifs. Il doit donc être compétent sur toutes les lignes de colorants pour la laine, le coton, le nylon..., comme chez Decoster, teinturier dans le Nord. Il travaille parfois avec un spectrocolorimètre, une aide informatique à la sélection des couleurs. En atelier, il contrôle et corrige à l'oeil les harmonies en cours de fabrication. On estime à 600 le nombre de coloristes-adaptateurs et à plus de 1000 les coloristes plus créateurs.

Marie-Madeleine Sève



LE RECRUTÉ

Yves Bussy Coloriste chez l'imprimeur Mermoz à Bourgoin-Jallieu

"Je manipule 300 couleurs par jour"

"Le savoir-faire, l'oeil juste, l'expérience, c'est cela qui compte. Je traite soixante à soivante-dix collections par an: nappes, cravates, foulards, maillots de bain... Soit trente clients, qui réalisent deux collections par an. On travaille à la table, non à la machine, notamment pour de grands noms de la couture (Léonard, Dior, Courrèges). Je dois interpréter les nuances qu'on me présente sur toute sorte de support: des maquettes peintes à la gouache, des bouts de ruban épinglés, le soufre rose des allumettes dont on veut l'exacte reproduction. J'écris mes formules en utilisant jusqu'à quarante-huit couleurs pour établir huit coloris seulement. Le tout en une heure. Je manipule entre deux cent cinquante et trois cents couleurs par jour. Il faut parfois être d'une précision diabolique. Puis, je les envoie à l'atelier, qui fabrique les couleurs imprimées à l'aide d'un cadre (ou pochoir, qui sert à réaliser les motifs). Tous les jours, je suis les problèmes techniques dans l'atelier; je donne mon avis aux contremaîtres. Dans ce métier, je suis indépendant. On me laisse faire ce que je veux. Je crée. Cela me plaît."



LE RECRUTEUR

Jean-Claude Acker Directeur de collection de DMC à Mulhouse

Traduire les tendances du marché

"Obligée de traduire toutes les tendances du marché, notre équipe de dix coloristes est attentive, réceptive et sensible à l'air du temps. Curieux, chaque coloriste s'imprègne de toutes les manifestations artistiques, médiatiques de tous pays et au travers d'une personnalité contenue, les traduit en ambiances au service de l'image maison ou de l'image d'une clientèle exclusive. Concrètement, pour chacune de nos collections maison (5 par an), le premier travail consiste à définir les cinq ou six ambiances qui vont animer l'ensemble des thèmes choisis. Toute la difficulté du coloriste sera alors, dans ce cadre, d'harmoniser avec talent et bonheur le caractère du dessin et la poésie des couleurs.



D'OÙ VIENNENT-ILS?

Des lycées qui préparent un BTS en productique textile, option ennoblissement: Lavoisier, à Mulhouse; Diderot, à Lyon; lycée technique textiles et arts appliqués, à Roubaix. Des IUT qui proposent des DUT à orientation chimie, textile et couleur, comme l'IUT de Villeneuve-d'Ascq. Des cinq écoles d'ingénieurs du textile qui développent des formations à bac+2 de niveau BTS, dont certaines à l'ennoblissement (l'Ensit de Mulhouse).



OÙ VONT-ILS?

Chez les teinturiers, et essentiellement au sein des PMI, vers des responsabilités de patron de laboratoire ou d'encadrement d'équipes de production.

Chez les teinturiers, mais surtout chez les imprimeurs, vers un rôle d'expert très prisé sur le marché, puis vers un poste de styliste de haut niveau, vers une nouvelle fonction de commercial coloriste, à l'interface des donneurs d'ordres et des façonniers, connaissant le marché et capable d'interpréter les besoins du consommateur final.



COMBIEN GAGNENT-ILS?

Débutants: de 7000 à 9000francs brut par mois.

Confirmés: de 13000 à 15000francs brut.

USINE NOUVELLE - N°2447 -

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