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L'Usine Agro

Le cofarming veut faire la preuve de son efficacité auprès des agriculteurs

Franck Stassi ,

Publié le

La mise en commun de savoirs et de matériels se digitalise. Habitués à travailler à plusieurs avec les coopératives ou les Cuma, les agriculteurs peuvent désormais recourir à de nombreuses plateformes collaboratives, qui se structurent.

Le cofarming veut faire la preuve de son efficacité auprès des agriculteurs
Le premier Cofarming fest, le 25 janvier à Paris, a réuni 250 personnes à guichets fermés.
© Franck Stassi

Location de matériel entre agriculteurs (WeFarmUp), échange de parcelles agricoles (EchangeParcelles), mise en commun de connaissances (Agrifind), achat et vente de fourrage entre agriculteurs (La balle ronde), gestion collaborative de données (FarmLeap)… Nombreuses sont les plateformes à s’être spécialisées, ces derniers mois, dans la mise en réseau des acteurs de l’agriculture. Fraîchement créée, l’association #Cofarming entend structurer ce mouvement et, à travers des événements, dont le premier Cofarming fest organisé le 25 janvier à Paris, tisser un réseau d'acteurs de cette nouvelle forme de mise en commun des savoirs et des moyens, non plus exclusivement sur le terrain mais aussi dans le cloud.

"Une notion de groupe, c’est physique, sur du territoire. La notion de réseau permet, elle, de s’affranchir de la géographie et rend beaucoup plus massive l’interaction. L’un peut permettre d’introduire l’autre. On voit des plateformes se développer partout. Le Cofarming fest, parce que l’agriculture, c’est une fête. Il faut coconstruire l’agriculture de demain", explique le président de l’association #Cofarming, Jean-Paul Hébrard, qui a réuni six entreprises dans la démarche. "L’essentiel, dans le collaboratif, ce ne sont pas les TIC, c’est l’exploitation des actifs sous-utilisés. On est dans une société matérialiste, qui produit une quantité de biens phénoménale qui restent sous-exploités. L’idée du partage est une exploitation plus systématique de biens qui ont une certaine valeur", observe Christophe Benavant, professeur à l’université Paris Ouest et auteur du livre Plateformes (Fyp, 2016).

Une mise en commun pas si nouvelle

Disséminées, les 450 000 exploitations agricoles françaises possèdent des points communs avec les autres acteurs de l’économie collaborative : des offreurs et des demandeurs en nombre, des matériels sous-exploités durant une partie de l’année mais qu’il convient de financer, la barrière de la distance entre les intervenants… Autant de similitudes avec Uber ou AirBnB, rappellent les instigateurs du mouvement. Pour autant, "l’économie collaborative n’est pas une innovation, juste une nouvelle forme de gestion des ressources. Cette culture du mutualisme appartient en grande partie aux agriculteurs", indique Christophe Benavent. L’occasion de rappeler l’importance des coopératives (165 000 salariés et 40% du chiffre d’affaires de l’industrie agroalimentaire) et des coopératives d’utilisation de matériel agricole (Cuma).

Pour Jean-Baptiste Vervy, responsable de la stratégie digitale à la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles de la Marne, "le collectif, qui a fait la force de l’agriculture, doit se réinventer. Le cofarming peut permettre de donner un coup de pied dans la fourmilière. Il faudrait aussi connaitre ses coûts de production : il n’y a pas 10% des personnes qui les connaissent !" Partant du principe qu’il faut en moyenne huit ans pour combler un déficit de trésorerie dans les exploitations de son département, l’agriculteur suggère de mieux informer les chefs d’entreprise sur l’état réel de leurs comptes et de les former, notamment à mieux commercialiser leurs produits. La question du coût des matériels est aussi posée – à cet égard, le cofarming peut constituer une forme de réponse.

Plateformes cherchent offreurs et demandeurs

Afin d’assurer son fonctionnement, le cofarming doit compter, comme son nom l’indique, sur… des acteurs en nombre suffisant. "Quelles sont les briques d’une communauté ? Les offreurs et les demandeurs. Le liant va être la capacité transactionnelle. Très souvent, on n’est pas rompu à la vente en ligne, donc il faut accompagner avec douceur les offreurs sur les plateformes", rappelle Anthoni Noyon, cofondateur de Cocolabs, une structure spécialisée dans la conception de places de marché. Les nouveaux acteurs du cofarming devront, s’ils veulent faire la preuve de leur utilité, séduire au plus vite une communauté active, dans un paysage de start-up agricoles déjà bien rempli.

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