Environnement

Le CO2 comme moteur de la transition énergétique, selon Marc Fontecave, professeur au Collège de France

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La réduction des émissions de CO2 cristallise les efforts pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais le CO2 ne doit pas être seulement vu comme un déchet, mais aussi comme une ressource à valoriser. Celle-ci peut même nous aider à réussir notre transition énergétique, a avancé Marc Fontecave, professeur au collège de France, spécialiste en chimie des processus biologiques, au cours d'une conférence à l'académie des sciences.

La 21ème conférence des parties sur le réchauffement climatique, qui se tiendra fin 2015 à Paris, approche. Le CO2 est au centre des discussions. Cette molécule très stable participe naturellement à l’effet de serre. Il représente 400 ppm (particules par millions) dans l’atmosphère, soit environ 3000 gigatonnes. 360 Gigatonnes de CO2 par an circulent naturellement dans l’atmosphère, rejetées par les organismes vivants et retransformées en biomasse par la photosynthèse. Mais depuis le début de l’ère industrielle, une quantité importante de CO2 est également rejetée par les activités humaines. Ces émissions de CO2 dites "anthropiques" atteignent en 2013 près de 30 gigatonnes, et viennent augmenter l’effet de serre de l’atmosphère. Avec lui, la température augmente et perturbe l’équilibre de la planète.

D’où les discussions actives pour réduire les émissions de CO2 anthropiques. Mais celui-ci peut aussi être valorisé, a rappelé lors d'une conférence Marc Fontecave, professeur du collège de France spécialisé en chimie des processus biologiques. "Le CO2 est une source de carbone et peut être au centre d'une stratégie pour stocker les énergies renouvelables", a-t-il exposé. "Le sujet est très amont, déjà utilisé dans l’industrie mais encore de manière très faible. Il y a cependant un renouveau dans la valorisation du CO2 et de plus en plus d’investissements dans le sujet."  C’est le cas notamment aux Etats-Unis, a souligné Marc Fontecave. Le ministère de l'énergie y accorde moins d’importance à l’hydrogène, et intensifie ses recherches sur le CO2.

Premier défi : capter le CO2

Avant d’envisager de valoriser le CO2, il faut le capter. "Pour l’instant ça ne fonctionne pas", note Marc Fontecave, lapidaire. "Avant tout, il faut aller vers les sources les plus importantes." et contrairement à une idée répandue, ce n’est pas l’industrie, qui avec 3 gigatonnes par an, est à l'origine de seulement 10% des rejets de co2. Ensuite, "il faut continuer à chercher des méthodes efficaces. La méthode la plus utilisée aujourd’hui est une méthode chimique de fixation du CO2 avec des amines, bien maîtrisée, qui forme ensuite des carbonates. La transformation inverse, car ce n’est pas de carbonates que l’on veut mais du CO2, est cependant plus complexe, demande beaucoup d’énergie et plus coûteuse."

Retrouvez la suite de cet article sur le site d’Industrie & Technologies

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