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L'Usine Aéro

Le CNES et Airbus Safran Launchers préparent une riposte à SpaceX et sa fusée réutilisable

Hassan Meddah , , ,

Publié le

L’Agence spatiale française et le maître d’œuvre industriel commencent à travailler sur un moteur réutilisable en vue de diviser par deux le coût des futurs lanceurs. Deux cents ingénieurs seraient mobilisés sur le projet du moteur du futur baptisé Prométhée. Les premiers tests en banc d’essai pourraient intervenir d’ici la fin de la décennie.

Les entreprises citées


Voeux du Président du CNES à la presse le 4 janvier 2016, au siège du CNES, à Paris. Crédits : CNES/S. Charrier.

"Un exploit technologique", "chapeau !"… Lors de la présentation ce lundi 4 janvier du programme du CNES pour 2016, son président Jean-Yves Le Gall s’est montré beau joueur, reconnaissant le dernier succès de SpaceX. Le 21 décembre dernier, le rival américain d’Arianespace a réussi à récupérer le premier étage de sa fusée après avoir mis sur orbite plusieurs satellites.

Selon lui, seule la moitié du chemin est réalisée puisqu’il faut encore prouver que le lanceur peut être remis en vol à un coût raisonnable.

Toutefois, la France et l’Europe spatiales ne peuvent se permettre de rester spectatrices d’une telle révolution technologique capable de rebattre les cartes du secteur. 

Jean-Yves Le Gall a ainsi  révélé que l’agence spatiale française travaillait à une solution concurrente en partenariat avec Airbus Safran Launchers, le maître d’œuvre industriel de la fusée Ariane.

L’agence spatiale européenne (ESA) travaille au niveau de l’architecture générale du lanceur et dispose d’une enveloppe de quelques  millions d’euros tandis que le CNES travaille sur un futur moteur baptisé Prométhée. "Il faut continuer à travailler pour être paré à toutes les éventualités. Et si d'aventure dans trois, quatre, cinq ans, le réutilisable devient une réalité, il faut que nous ayons une réponse suffisamment avancée", a expliqué le président du CNES.

L'organisme a ainsi signé le 12 novembre dernier un contrat d’études avec Airbus Safran Launchers pour la définition un moteur réutilisable. Le projet de moteur mobiliserait environ 200 ingénieurs, pour, moitié chez l’industriel aux Mureaux (Yvelines) et à Vernon (Eure), l’autre moitié à Paris à la direction des lanceurs du CNES.

un moteur deux fois moins cher
"Grâce à un tel moteur, l’objectif est d’avoir un lanceur qui coutera à terme deux fois moins cher", explique Jean-Marc Astorg, patron de l’activité lanceurs du centre. Les équipes commencent à se faire une idée assez précise du moteur : il aurait une poussée de l’ordre de 100 tonnes et serait conçu pour être produit à une cadence d’environ une cinquantaine par an.

Toutefois, il faudra quasiment partir d’une feuille blanche pour le concevoir. Aujourd'hui, Ariane s’appuie en effet sur des moteurs à poudre ou à ergols cryotechniques qui ne sont pas réutilisables.

Les équipes ont entrepris une démarche sur un moteur combinant de l’oxygène liquide à un hydrocarbure qui pourrait être soit du kérosène soit du méthane. Les deux options sont en train d'être étudiées. "Cela penche du côté du méthane car il génère moins de suie que le kérosène", explique Jean Marc Astorg.

Les européens savent que le temps presse. S’il a fallu dix ans environ pour développer le moteur Vulcain qui propulse l’étage principal d’Ariane, le CNES espère raccourcir les délais pour concevoir Prométhée notamment en exploitant les dernières technologies en matière d’impression 3D, de prototypage, de lean manufacturing… Selon les équipes,  les premiers tests en banc d’essai du moteur Promothée sont envisageables d’ici la fin de la décennie.

Hassan Meddah

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1 commentaire

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05/01/2016 - 17h38 -

"Les équipes ont entrepris une démarche sur un moteur combinant de l’oxygène liquide à un hydrocarbure qui pourrait être soit du kérosène soit du méthane. Les deux options sont en train d'être étudiées. "Cela penche du côté du méthane car il génère moins de suie que le kérosène", explique Jean Marc Astorg."
Tiens? Il me semblait que l'Europe spatiale ne pouvait pas être la première en copiant ses concurrents? Là pourtant ils copient mais avec 10 ans de retard ! Le début de la fin...
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