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Le cloud télécoms, une chance pour Alcatel-Lucent

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La virtualisation des réseaux télécoms est désormais inévitable. Face à une concurrence élargie sur un marché où tout reste à faire, Alcatel-Lucent met toutes les chances de son côté.

Le cloud télécoms, une chance pour Alcatel-Lucent © Alcatel-Lucent compte sur sa start-up interne CloudBand pour se positionner comme un fournisseur majeur de réseaux de télécommunications fondés sur le logiciel.

Le cloud, au cœur de l’économie numérique, est né de la virtualisation des infrastructures informatiques. Une transition du matériel vers le logiciel qui s’opère désormais dans les télécoms, avec des enjeux de même ampleur. Dans un monde de plus en plus concurrentiel, les opérateurs attendent des infrastructures agiles, adaptables, évolutives, moins chères, indispensables à leur transformation. « Cela change la façon dont les réseaux sont construits, mais aussi dont les services sont monétisés », confirme Michel Combes, le directeur général d’Alcatel-Lucent. Le groupe français, comme tous les équipementiers, s’est lancé dans l’aventure. Acculé par ses difficultés et l’impérieuse nécessité de se recentrer, il a fait du cloud un pilier stratégique dès 2013, investissant en R & D et mettant en place une organisation digne d’un acteur du numérique.

La virtualisation des réseaux télécoms repose sur deux technologies complémentaires : le SDN (software defined networking) et le NFV (network functions virtualization). Ce dernier englobe les applications qui reproduisent, adaptent et améliorent des fonctions de réseau jusqu’ici exécutées par des équipements spécialisés (cœur de réseau, sous-système multimédia…). Des équipements standards de type PC suffisent alors à faire le travail. Comme pour la virtualisation informatique, un système orchestre ces différentes applications sur les équipements suivant les besoins, la disponibilité des machines… Le SDN, lui, automatise la connexion entre les fonctions et rebâtit en quelque sorte, virtuellement, le réseau. Pour développer de tels systèmes, courants dans l’informatique, le secteur télécoms a dû dépasser de lourds obstacles propres à son activité. « Nous avons besoin d’une qualité de service et d’une disponibilité irréprochables, précise Marcus Weldon, le président des Bell Labs. Pour passer un appel sans qu’un humain ne ressente de décalage, la latence ne doit pas dépasser 150 millisecondes, là où la réponse à une requête Google peut s’accorder quelques secondes. Et nous sommes astreints à des taux de disponibilité de 99,999 % de nos services. Pas question d’accepter une heure de panne ! » Or la virtualisation introduit un fort degré d’incertitude quant à ces deux critères.

Des start-up internes agiles

Pour bâtir ses offres, Alcatel-Lucent a choisi de créer deux start-up internes, CloudBand pour le NFV et Nuage Networks pour le SDN. Elles travaillent avec un pouvoir de décision fort, des cycles de décision courts et une collaboration étroite entre R & D et business. Mais elles restent parties intégrantes du groupe et profitent en particulier de la puissance des Bell Labs. Comme les acteurs du numérique, CloudBand et Nuage ont ouvert leurs interfaces aux développeurs – y compris ceux de la concurrence – afin de faire gonfler la communauté autour de leurs services. Le premier, installé en Israël, est dirigé et a été porté depuis ses débuts par un jeune chercheur passé par les Bell Labs, Dor Skuler. Dès 2010, l’entreprise l’a laissé explorer ce terrain alors très confidentiel. Il a peaufiné les algorithmes de distribution des fonctions virtualisées. Nuage Networks, lui, est implanté dans la Silicon Valley. Il est issu de Timetra, start-up spécialisée acquise par Alcatel-Lucent en 2003. Depuis septembre, le groupe français a poussé plus loin ce modèle de start-up internes avec deux mini-Bell Labs spécialisés dans le cloud, en Israël et en Californie. Agilité, rapidité, contact direct avec le business… Le centre californien réunit un petit groupe de chercheurs qui étudient le cloud sous tous les angles : logiciel, réseau, algorithmique, mais aussi modélisation économique. Pour tous les équipementiers, fournisseurs historiques de matériels, ces offres logicielles sont un défi tout autant économique que technologique. Et Alcatel-Lucent veut prendre de l’avance sur le business model.

Le cloud change la façon dont les réseaux sont construits et dont les services sont monétisés.

Michel Combes, DG d’Alcatel-Lucent

Le cloud télécoms n’en est qu’à ses débuts. Les premiers standards devraient être publiés à la fin de l’année. Le coréen KT avec Alcatel-Lucent, Orange, Telefonica ou Deutsche Telekom testent les premières offres, mais devraient attendre 2020 pour passer véritablement à l’acte. Le mouvement est néanmoins irréversible. « La virtualisation repose sur du logiciel, avec toute la souplesse que cela implique, insiste Thierry Houdoin, le responsable de la stratégie technique pour la commande réseau chez Orange Labs. C’est un moyen de faire évoluer plus vite le réseau et les services en fonction des besoins. Cela crééra des économies avec des matériels génériques moins chers et plus de souplesse dans la gestion au quotidien. » Ces arguments attirent d’autres entreprises, centres hospitaliers et établissements financiers. Pour Alcatel-Lucent, qui aspire à élargir sa clientèle, c’est une raison supplémentaire de miser sur la virtualisation.

Une longueur d’avance

Pour certains observateurs, Alcatel-Lucent et Nokia Networks ont acquis une légère avance sur Ericsson et Huawei. Comme ils étaient en retard avec leurs équipements, ils ont dû anticiper très tôt la virtualisation. Nokia Networks dit avoir déjà déployé une fonction de voix sur LTE pour un opérateur européen. Les équipementiers ne sont plus seuls. Des Juniper et Cisco venus du réseau local, des IBM, HP, Dell, Nec ou Intel venus de l’informatique, des pure players comme VMware s’invitent dans la bataille. Pour l’instant, l’expertise historique des équipementiers, qui leur permet de transposer facilement en logiciel des fonctions sur lesquelles ils travaillent depuis des décennies, reste difficile à concurrencer. Mais rien n’est joué. VMware pourrait, par exemple, développer des compétences télécoms. Ou une start-up imaginer un tout nouveau modèle de NFV. « Aujourd’hui, on oppose les opérateurs télécoms et les over-the-top (OTT) [ces acteurs de l’internet tels Google, Facebook, Amazon… qui utilisent les réseaux des opérateurs pour proposer leurs services, ndr]. Or la virtualisation efface tout simplement cette différence en transformant le réseau en service OTT ! », lance Steve Unger, l’un des directeurs du régulateur britannique Ofcom. Le défi reste donc entier pour Alcatel-Lucent.

Une réorganisation profitable

  • Forces
    Le démarrage précoce des développements. Ses start-up internes. Son expertise technique made in Bell Labs.
  • Faiblesses
    Entreprise en convalescence. Le plan de transformation et de restructuration Shift est en cours.
  • Opportunités
    Les opérateurs télécoms qui composent sa clientèle sont avides de tester. D’autres acteurs sont intéressés.
  • Menaces
    Une concurrence multiforme (équipementiers, poids lourds de l’informatique, réseaux, pure players).

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