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Le cloud d’IBM est-il plus vertueux que celui d’Amazon?

Ridha Loukil , ,

Publié le

Amazon domine le marché mondial du cloud d’infrastructure. Mais selon un analyste, le cloud d’IBM serait plus vertueux à long terme, répondant mieux aux besoins des gouvernements et grandes entreprises, et bénéficiant d’une plus grande loyauté des clients.

Le cloud d’IBM est-il plus vertueux que celui d’Amazon?
L'un des datacenters de l'infrastructure de cloud d'IBM
© DR

Le cloud d’Amazon a beau être dominant, le cloud d’IBM serait bien supérieur car plus vertueux sur le long terme. C’est le point de vue iconoclaste défendu par un analyste au pseudonyme EconDad sur le blog boursier Seeking Alpha.

"Amazon c’est le Wallmart du cloud, estime-t-il en référence au géant américain de la grande distribution. Il met en œuvre une tactique très similaire avec une stratégie de prix d’appel les plus bas pour les micro-ondes d'entrée de gamme, mais des prix bien plus élevés que dans la concurrence pour les micro-ondes de milieu et haut de gamme. Il donne l’illusion d’être moins cher au départ mais facture ensuite les transferts de données et la bande passante utilisée. Les clients découvrent au final des coûts bien plus élevés qu’attendus au départ et surtout imprévisibles sur le long terme. Ce n’est pas le cas chez IBM, dont les prix sont, certes plus élevés, mais connus d’avance et prévisibles. "

A la traine dans le cloud

Contrairement à Amazon, qui a démarré dans le cloud à partir de zéro, le vétéran de l’informatique a pris le virage plus tard et surtout avec prudence pour préserver ses activités traditionnelles de ventes de matériels, logiciels et services. Il opère dans les deux segments du cloud, celui de l’infrastructure à la demande (IaaS pour infrastructure as a service et PaaS pour Platform as a service), et celui du logiciel à la demande (SaaS pour Software as a service), sur ses trois modes de déploiement public, privé et hybride. Amazon est, lui, présent plutôt dans le segment de l’infrastructure avec un mode de déploiement public.

Selon L’Usine Nouvelle, IBM pointe à la quatrième place mondiale avec un chiffre d’affaires dans le cloud de 9,3 milliards de dollars en 2017, derrière Microsoft (18,6 milliards de dollars), Amazon Web Services (17,6 milliards de dollars) et Salesforce (9,5 milliards de dollars). Mais sur le seul segment du cloud d’infrastructure, il se situe troisième avec 8% du marché mondial selon le cabinet Synergy Research, derrière Amazon Web Services (33%) et Microsoft (13%), mais devant Google (6%) et Alibaba (4%).

"C'est sûr qu’IBM se situe à deux marches derrière Amazon, concède l’analyste. Mais il bénéficie d’une loyauté massive de sa base de clientèle. Cela lui permet d'utiliser tous les outils à sa disposition pour aider les secteurs traditionnels à migrer vers le numérique. "

Les nouvelles embauches, 50% de l'effectif actuel

Alors qu’Amazon doit conquérir ses clients à partir de zéro, IBM dispose déjà d’un précieux portefeuille de clients parmi les gouvernements et les grandes entreprises. Certains sont clients depuis plusieurs décennies. Parmi eux figurent, les dix plus grandes banques dans le monde, neuf des 10 plus grandes compagnies d’assurance et 8 des plus grandes compagnies aériennes. Cette loyauté constitue son principal atout.

Est-elle menacée par le cloud ? Pas du tout, selon l’analyste. "Car contrairement à ce que l'on pourrait penser, la grande majorité des données des entreprises restera gérée en interne, et non dans le cloud public, explique-t-il. C’est sur cette partie que les clients ont besoin d’IBM pour tirer de la valeur de leurs données avec des services comme l’intelligence artificielle, l’Internet des objets ou la Blockchain."

L’analyste salue le travail de transformation mené à la tête du groupe par Ginni Rometty depuis janvier 2012. "Elle a non seulement redessiné le look d'IBM, mais elle a aussi réalisé des investissements importants en R&D, équipements et acquisitions, constate-t-il. Elle a racheté 34 entreprises au cours des trois dernières années et entrepris une vague d’embauche de talents pour répondre aux besoins nouveaux de compétences. La moitié des employés actuels ont été embauchés au cours des 5 dernières années."

Cap sur les activités de transformation numérique

Ginni Rometty a fait du recentrage sur les cinq leviers de la transformation numérique, les fameux SMACS (social, mobilité, analytique, cloud et sécucrité), un axe majeur de sa stratégie. Au deuxième trimestre 2018, ces nouvelles activités ont dépassé pour la première fois la barre des 50% du chiffre d’affaires total. Le cloud atteint désormais un chiffre d’affaires annuel récurrent de 11 milliards de dollars, en progression de 25% par rapport à il y a un an.

"Bien sûr, Amazon est le Goliath à qui réussit tout ce qu’il touche, comme en témoigne la fortune de 150 milliards de dollars de son fondateur Jeff Bezos, reconnait l’analyste. Mais il existe de nombreuses entreprises qui préfèrent et préféreront le cloud d'IBM à celui d'Amazon. Je ne crois pas que Ginni Rometty soit le diable tel qu'elle est décriée par certains. Elle est juste quelqu'un qui a eu une vision et a été capable de la construire."

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