Le cloud computing effraie encore les entreprises européennes

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C'est ce qui ressort d'un rapport d'Intel et Dell sur cette "nouvelle" pratique de stockage des données sur des serveurs externes. Confidentialité et sécurité, mais aussi disponibilité et performances  sont autant de sujets d'interrogations. En France : 12 % des PME utilisent déjà le cloud, mais 22 % n'ont aucune intention d'y passer dans un avenir proche.

Le cloud computing effraie encore les entreprises européennes © D.R.

1150 PME de moins de 100 salariés ont été interrogées dans le cadre de cette étude publiée conjointement par Intel et Dell. Parmi elles, 85 % font état de leurs craintes concernant l'utilisation d'applications et d'infrastructures basées sur le cloud.

La sécurité (28 %) et la confidentialité (20 %) apparaissent comme leurs principales préoccupations. Les performances (14 %), la disponibilité (12 %) et la perte de données (9%) sont également des sujets d'inquiétudes.

Si ce sont des PME qui ont été sollicitées sur ces différents thèmes, ces observations "sont également applicables aux grandes entreprises", précise à L'Usine Nouvelle, Stephan Hilby, responsable de la stratégie data center chez Intel France.

"Le cloud est une thématique porteuse et suscite beaucoup d'intérêt de la part des entreprises. Mais comme tout nouveau service, il génère aussi de fortes interrogations. Une des principales concerne effectivement la confidentialité des données. Comment protéger ses informations sensibles sachant par exemple que le Patriot Act américain permet d'accéder à toute donnée hébergée par une société américaine en cas de risques liés au terrorisme", poursuit le responsable.

Pour Intel, le cloud est bien promis à un bel avenir. Mais les data centers, hébergés en interne, resteront toute de même d'actualité pour encore un bon moment. "Je pense que les entreprises préfèreront garder la main sur les données relatives à leur propriété intellectuelle. Elles resteront donc sur des serveurs gérés en interne", estime Stephan Hilby.

Le rapport souligne ainsi que la plupart des entreprises adopteront plutôt pour une "approche hybride", qui consiste à utiliser le cloud lorsque celui-ci apporte un avantage, tout en conservant leur propre infrastructure TIC.

De fait, ce mode de fonctionnement est déjà perceptible dans les chiffres. Si 17 % des entreprises interrogées ont commencé à utiliser le cloud computing, seulement 2 % ont migré toutes leurs applications vers ce nouveau type d'infrastructure.

Avantage du cloud : le paiement à l'usage

Les entreprises interrogées indiquent que l'un des principaux intérêts du cloud est le paiement à la consommation, ou modèle dit de "pay as you go". Il est censé réduire les coûts grâce à une facturation au plus près des usages réels. Et en interne, les DSI peuvent identifier les départements qui consomment le plus les services et s'organiser en conséquence.

Autres avantages : la fourniture d'un accès aux données partout et à tout moment - une réduction de la dépendance vis à vis de l'assistance informatique interne ou externe.

Selon le rapport : plus de la moitié des petites entreprises qui ont déjà migré vers le cloud ont procédé à la migration de leur stockage de fichiers (58 %), de la sauvegarde des données (52 %), puis de la messagerie électronique (44%) et de la synchronisation (40 %).

En France, 12 % des petites entreprises utilisent actuellement le Cloud Computing et près d'un quart (23 %) s'orienteront vers le cloud d'ici trois ans. Mais 22 % des sociétés interrogées n'ont aucune intention de migrer leur informatique vers le cloud dans un avenir proche.

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27/02/2012 - 19h14 -

L’étude menée par l’agence Vanson Bourne, mandatée par Dell et Intel et portant sur l’utilisation des serveurs et du stockage par les PME, a suscité l’attention de nombreux média. Pourtant elle a de quoi surprendre quant à la méthodologie choisie par l’agence. Pour des raisons probables de coût, les données ont été recueillies au moyen d’un questionnaire en ligne. Or la richesse et donc la complexité des sujets traités auraient justifié qu’une partie au moins des informations aient été obtenues par des entretiens téléphoniques ou en face à face. Prenons une question apparemment facile : le volume des données stockées par l’entreprise. Combien de chefs d’entreprises ont une idée précise de la quantité de Go utilisés par leurs serveurs ? Combien sont-ils à connaître le nombre de disques contenus dans leurs serveurs ? Les seules en mesure de répondre sont les entreprises qui ont entièrement externalisé leur stockage chez un hébergeur ou sur le Cloud et qui reçoivent une facture mensuelle de leur consommation. Seconde remarque qui peut remettre en cause la valeur des enseignements que l’on peut tirer de cette étude : 34% des entreprises interrogées ont moins de 25 salariés alors que cette catégorie représente 95% des entreprises françaises ! 26% des entreprises interrogées sont classées dans la catégorie « Informatique et télécommunications » alors que ce secteur ne regroupe que 3% des entreprises françaises. (Source : Insee). Troisième observation, le choix de deux classes de partition des entreprises interrogées selon leur effectif laisse pantois : les entreprises de 1 à 24 salariés et celles de 25 à 100. Passons sur le fait que ce choix ne correspond pas aux recommandations de l’Union Européenne dont rend difficile toute comparaison avec d’autres analyses. Mais surtout, à quoi cela sert-il de faire des moyennes et des analyses sur des ensembles incluant des entreprises de 1 salarié et des entreprises de 24 salariés ? N’importe quel intégrateur, revendeur ou SSI sait parfaitement que les enjeux informatiques d’une entreprise employant un salarié et ceux d’une entreprise de 20 salariés sont très différents. Pour éclairer mon questionnement sur l’intérêt de cette étude, relisons une des principales constations figurant en page 4 : « En France, environ un tiers des entreprises dépensent 5.000 EUR ou moins par an en TIC. ». Est-ce inquiétant ? Non si on veut bien se rappeler que les deux tiers des entreprises françaises ont un seul salarié donc pas de quoi dépenser plus de 5000 € par an ! (source Insee) Autre constatation qui se veut négative : « 22 % de petites entreprises en France n’ont aucune intention de migrer leur système informatique vers le Cloud dans un avenir proche. » Cela peut aussi indiquer que près de 80% des PME envisagent le Cloud très sérieusement ou sont déjà utilisatrices de services « Cloud ». Bref une étude à lire avec beaucoup de précautions et à ne pas utiliser pour étoffer une stratégie marketing.
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