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Le chinois Tsinghua Unigroup lance la construction de la plus grande usine de puces au monde

Ridha Loukil , ,

Publié le

Après une première méga usine de puces de 24 milliards de dollars, le chinois Tsinghua Unigroup lance la construction d’une deuxième de 30 milliards de dollars, la plus grande au monde. Un projet qui vise à doter la Chine de sa plus grande base industrielle dans les semiconducteurs.

Le chinois Tsinghua Unigroup lance la construction de la plus grande usine de puces au monde
Zhao Weiguo, PDG de Tsinghua Unigroup, sur le chantier de sa méga usine à Nanjing
© Tsinghua Unigroup

C’est un chantier pharaonique ouvert par Tsinghua Unigroup. Après avoir lancé, à la fin de 2016, la construction, à Wuhan, d’une méga usine de mémoires flash 3D de 24 milliards de dollars, le groupe, qui sert de fer de lance au plan national de développement de la Chine dans les semiconducteurs, vient de donner le premier coup de pioche à une deuxième de 30 milliards de dollars à Nanjing. Le coup d’envoi a été donné le 11 février 2016 par le PDG Zhao Weiguo, en présence de plusieurs officiels, dont le Secrétaire du parti communiste  Li Qiang et le gouverneur Shi Taifeng de la province de Jiangsu, et le maire de Nanjing Miao Ruilin.

La Chine en retard de 2 ou 3 générations technologiques

C’est le projet industriel le plus ambitieux et le plus démesuré jamais mené dans l’industrie des semiconducteurs. D’autant qu’il est assorti d’un investissement complémentaire de 4,5 milliards de dollars visant la création d’une cité de soutien, incluant des instituts de recherche, des école de formation, des commerces, des logements ou encore des activités de test et packaging de puces électroniques.

Finalisé le 30 janvier 2017, le projet va être réalisé en trois phases. La première tranche de 10 milliards de dollars devrait se terminer par la mise en service en 2018 pour la production de mémoires flash 3D et Dram, avec une capacité mensuelle de 100 000 tranches de 300 mm de diamètre. Au terme du projet en 2020, la capacité sera portée à 300 000 tranches par mois, ce qui en fera la plus grande usine de puces électroniques au monde. Le PDG de Tsinghua Unigroup reste toutefois discret sur les technologies qui seront mises en oeuvre. Aujourd'hui, la Chine affiche un retard de deux à trois générations technologiques sur des leaders mondiaux comme l'américain Intel, le coréen Samsung Eletcronics ou le taiwanais TSMC.

Création du plus grand écosystème de semiconducteurs

"Nous épaulons la mission nationale, avec forte détermination et pragmatisme pour amener la Chine à disposer de sa propre industrie des semi-conducteurs", a déclaré Zhao Weiguo, dans son discours devant une quinzaine d’officiels. Le projet de Nanjing est conçu comme un aimant devant attirer des talents mais aussi des concepteurs de circuits intégrés, des prestataires de test et packaging, des équipementiers de production et des fournisseurs de matériaux, gaz et produits chimique afin de créer le plus grand écosystème de semiconducteurs en Chine.

Tsinghua Unigroup n’entend pas en rester là. Le groupe, détenu à 51% par des capitaux privés et à 49% par des fonds publics, prévoit une troisième méga usine de puces électroniques à Chengdu. Les détails de ce projet sont encore en cours de discussion avec les responsables provinciaux et locaux. L’investissement cumulé se monte à 70 milliards de dollars. Il est financé par l’entreprise et des fonds d’investissement publics et privés dans les circuits intégrés aux niveaux national, provincial et local.

Un seul Chinois dans Top 25 aujourd'hui

En tant que holding, spécialisée dans les fusions-acquisitions et l’investissement, Tsinghua Unigroup détient aujourd’hui trois sociétés « fabless » de circuits intégrés électroniques : RDA Microelectronics spécialisées dans les circuits radiofréquences, Spreadtrum Communications dans les circuits mobiles et Unigroup Guoxin (ex-Tongfang Guoxin Electronics) dans les circuits de cartes à puce. Zhao Weiguo les a rachetées entre 2013 et 2015 pour un investissement total de 3,7 milliards de dollars. En prenant la tête du plan national de développement dans les circuits intégrés, il ambitionne de faire de son groupe le numéro trois mondial des semiconducteurs en 2020. Une place occupée aujourd’hui par l’américain Qualcomm selon Gartner, derrière son compatriote Intel et le coréen Samsung Electronics. Aujourd’hui, seul un Chinois est présent dans le Top 25 mondial des fournisseurs de semiconducteurs en 2016 : HiSilicon Technologies, le bras armé de Huawei dans les puces électroniques. Selon Gartner, il occupe juste la 20 e place avec un chiffre d’affaires de 3,8 milliards de dollars, en progression de 25%.

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