Le Chinois Kaili renonce à la reprise de Tecsom

Quatre mois après avoir annoncé son intention de reprendre l'usine Tecsom à Glaire (Ardennes), le groupe chinois Kaili a finalement jeté l'éponge et renoncé à ce rachat à cause du refus d'une partie des actionnaires. Les 120 salariés sont inquiets quant à leur avenir.

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Le Chinois Kaili renonce à la reprise de Tecsom

Enième coup de théâtre dans le feuilleton de l'usine Tecsom implantée à Glaire (Ardennes) et spécialisée dans la fabrication de dalles de moquette à destination du bâtiment. Alors que cette PME de 120 salariés, entrée en procédure de sauvegarde le 4 janvier 2013, devait passer, cet été, dans le giron du groupe chinois Jiangsu Kaili Carpet, ce projet de sauvetage n'a pu se concrétiser. En effet, deux actionnaires possédant 60 % des actions de Tecsom – l'ancien responsable de l'entreprise Michel Grosselin et le représentant de la Fondation Sommer, Gilles Bourcet – ont refusé que Kaili (1200 salariés, 120 millions d'euros de chiffre d'affaires) rachète leurs actions au rabais.

Du coup, le rapprochement, entamé le 29 juillet avec le numéro trois du marché chinois, lequel avait déjà effectué les audits financiers, juridiques et sociaux pour conclure l'opération, a définitivement capoté. Kaili a fini par faire volte-face. Au grand dam du personnel, des pouvoirs publics et du Préfet Pierre N'Gahane qui a fustigé cet échec : "C'est regrettable car cette prise de contrôle permettait de sauver l'emploi et l'outil de production."

Quand on sait que Tecom présente une dette cumulée de 5,5 millions d'euros et des pertes d'exploitation récurrentes (200 000 euros en moyenne ces derniers mois), on comprend mieux l'angoisse des 120 salariés qui, dans l'affaire, considèrent être pris en otage.

Bataille de pouvoir

Pour pérenniser l'activité dans les Ardennes, Benoît Linglet, PDG actuel de Tecsom mais non actionnaire dans la société, avait balisé au mois d'août les contours de l'arrivée de Kaili. Quatre directions avaient été ciblées : reprendre la maîtrise du patrimoine immobilier pourtant récemment vendu par le biais de Michel Grosselin au syndicat intercommunal Synergie Ardennes, injection de 2 millions d'euros de fonds propres, reprise de la globalité de la dette et mise en œuvre rapide d'une solution de sauvetage durable.

L'ancien responsable de Tecsom, Michel Grosselin, présente de son côté un plan alternatif passant par une baisse de la masse salariale de 6 %, le démantèlement de certaines activités (aiguilletés imprimés, thermo-cablage et chromo) et la suppression de 16 nouveaux emplois.

Cette contre-proposition n'est pas du goût du délégué du syndicat majoritaire CFDT, Albert Aucter. "Hors de question que les salariés soient encore mis à contribution alors qu'on a déjà épuisé les possibilités de départs volontaires." Pour sa part, FO dénonce "la confusion actuelle et la guerre des chefs" et craint que "les salariés soient une nouvelle fois les seuls à faire les frais de cet imbroglio".

Aujourd'hui, Tecsom est en tout cas dans l'impasse et beaucoup d'observateurs redoutent qu'il appartienne en dernier ressort à l'administrateur judiciaire chargé d'épauler Tecsom et au tribunal de commerce de Sedan de trouver la solution de sortie de crise.

Pascal Remy

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