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Le chinois Jinhua menacé de disparition avant son entrée dans les puces mémoires

Ridha Loukil , , ,

Publié le

Victime d’un embargo technologique des Etats-Unis, le chinois Jinhua pourrait être contraint à renoncer à son projet d’entrer dans les mémoires Dram et à mettre la clé sous la porte. Son partenaire taiwanais UMC, accusé également par Washington de vol de secrets technologiques à l’américain Micron Technology, tente tant bien que mal de sortir de cet imbroglio.

Le chinois Jinhua menacé de disparition avant son entrée dans les puces mémoires
L'usine flambant neuve de Jinhua à Jinjiang pourrait ne jamais passer en production
© Fujian Jinhua Integrated Circuit

L’avenir s’assombrit pour Fujian Jinhua Integrated Circuit Co, connu aussi sous le sigle JHICC ou le nom Jinhua. Ce nouvel acteur chinois des semi-conducteurs pourrait être contraint à renoncer à son projet d’entrer sur le marché des mémoires vives Dram et à mettre la clé sous la porte avant même d’avoir commercialisé la moindre puce électronique. Il serait ainsi la première grande victime de la bataille technologique sans merci que se livrent les Etats-Unis et la Chine.  

Washington défend Micron Technology

Jinhua fait partie des trois futurs entrants chinois aux côtés d’Innotron Memory et Yangtze Memory Technologies Co dans les puces mémoires. Le projet est soutenu par la province de Fujian et l’Etat chinois via le fonds national d’investissement dans les circuits intégrés électroniques. Jinhua a investi 5,65 milliards de dollars dans une usine flambant neuve à Xinjiang. La production de masse de mémoires vives Dram devait débuter au premier trimestre 2019 avec une technologie développée conjointement avec le fondeur taïwanais de semi-conducteurs UMC.

Seulement voilà : Micron Technology, seul fabricant américain de mémoires Dram et troisième au monde derrière les coréens Samsung Electronics et SK Hynix, voit d’un mauvais œil l’arrivée de cette concurrence. Il accuse Jinhua et son partenaire UMC de vol de ses secrets technologiques via trois de ses anciens employés à Taïwan dont Stephen Chen, l’ex-patron de sa filiale de production dans l’ile débauché par UMC en septembre 2015.

L’administration Trump a pris fait et cause pour Micron Technology, une société que Washington considère comme un joyau industriel stratégique à protéger de la menace chinoise. Le 29 octobre 2018, le département américain du Commerce a décrété un embargo technologique contre Jinhua, accusé de " présenter un risque important d'être impliqué dans des activités contraires aux intérêts des États-Unis en matière de sécurité nationale ". Deux jours plus tard, c’est au tour du département américain de la Justice d’ouvrir une action contre Jinhua, UMC et les trois employés en question pour " conspiration visant à commettre le vol de secrets commerciaux, l’espionnage économique et des crimes connexes ". Jinhua et UMC encourent chacun une amende atteignant 20 milliards de dollars.

Pas d'accès aux équipements américains de production

Depuis la signification de l'embargo, Jinhua est à l’arrêt. Sans les équipements clés de fournisseurs américains comme Applied Materials, Lam Research ou KLA Tencor, pas de lancement possible de la production. Le site Web de l’entreprise a été vidé d’une grande partie de son contenu. Le prélude à une dissolution ? C’est possible.

De son coté, UMC à pris ses distances vis-à-vis de Jinhua et gelé sa collaboration. Selon des sources citées par le Nikkei Asian Review, il serait en train de liquider l’activité de développement dédiée à ce partenariat. Il aurait notifié la moitié des 300 collaborateurs concernés de leur transfert vers d’autres activités du groupe. Mais la plupart semblent avoir pris les devants en cherchant des postes à l’extérieur.

UMC se trouve dans une position particulièrement délicate. Il misait beaucoup sur ce partenariat pour obtenir les faveurs de Pékin et créer un nouveau moteur de croissance. En tant que quatrième fondeur mondial de semi-conducteurs, avec seulement 8% du marché selon le cabinet IC Insights, il voyait dans ce projet le moyen de réduire l’écart avec son compatriote TSMC qui domine le marché à près de 52%. Selon les sources citées par Nikkei Asian Review, il se sent pris entre l’enclume et le marteau. Il ne peut se permettre d’être privé ni des équipements de production clés américains, ni de l’énorme marché chinois. Il cherche donc une voie de sortie qui ménage ses intérêts à la fois avec les Etats-Unis et la Chine.

Sérieux revers pour la Chine?

Si le projet de Jinhua tombe à l’eau, cela marquera un sérieux revers pour la Chine. Depuis 2015, l’Empire du Milieu est engagé dans un ambitieux plan de développement dans les semi-conducteurs avec comme priorité, la maitrise des puces mémoires, composants au cœur de tous les équipements électroniques, des smartphones aux serveurs, en passant par les PC, les tablettes ou les décodeurs. Selon l’institut des statistiques du secteur WSTS, ces composants représentent un marché d’environ 165 milliards de dollars en 2018, près de 35% de l’ensemble du marché des semi-conducteurs.

Pour les Etats-Unis, ce dénouement serait une grande victoire. Washington fait de la défense de propriété intellectuelle un sujet clé de son bras de fer avec Pékin.

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