Quotidien des Usines

Le chinois Geely finalise le rachat de Volvo

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Publié le

par Fang Yan et Alison Leung

Le chinois Geely finalise le rachat de Volvo © REUTERS

PEKIN/HONG KONG/STOCKHOLM (Reuters) - Geely annonce la finalisation du rachat de Volvo, la filiale suédoise de Ford, pour 1,8 milliard de dollars (1,4 milliard d'euros), concluant ainsi la plus importante reprise d'un constructeur automobile étranger par un chinois.

Comme l'avait rapporté la presse allemande le mois dernier, Stefan Jacoby, ancien dirigeant de Volkswagen en Amérique du nord, a été nommé PDG du constructeur suédois, et succède ainsi à Stephen Odell. Il prendra ses fonctions le 16 août.

Hans-Oskarsson, directeur financier adjoint, devient directeur financier provisoire de Volvo Cars, en remplacement de Stuart Rowley. Stephen Odell et Stuart Rowley occuperont des fonctions de dirigeants au sein de Ford en Europe.

"Zhejiang Geely Holding Group, l'un des constructeurs automobiles affichant la croissance la plus rapide en Chine, a annoncé aujourd'hui qu'il avait finalisé l'acquisition de 100% de Volvo Car Corporation auprès de Ford Motor", lit-on dans un communiqué.

"Comme annoncé lors de la signature de l'accord d'achat le 28 mars 2010, Geely a convenu de verser 1,8 milliard de dollars pour Volvo Cars, ce qui comprend 200 millions de dollars en obligations et le reste en espèces."

Geely a dit qu'il financerait cette acquisition avec ses propres ressources ainsi qu'avec l'aide d'établissements financiers chinois et des opérations sur les marchés financiers.

RAMENER VOLVO CARS AUX BÉNÉFICES

Volvo Cars conservera ses sièges sociaux et ses usines en Suède et en Belgique, alors que sa direction pourra agir de manière autonome dans le cadre de la stratégie définie par son conseil d'administration présidé par le président de Geely, Li Shufu.

Geely a ainsi confirmé ce que l'on avait appris auparavant auprès d'une source proche du dossier et dont les propos avaient permis au titre de la filiale cotée de Geely, Geely Automobile Holdings, de finir lundi la séance sur un bond de 5,86% à la Bourse de Hong Kong.

La semaine dernière, Geely, dont le principal défi consistera à ramener Volvo aux bénéfices, a dit avoir reçu toutes les autorisations nécessaires de la part du gouvernement chinois pour réaliser cette opération.

Pour John Zeng, analyste chez IHS Automotive, Geely est bien armé pour réussir son pari avec Volvo compte tenu de son expérience en matière de collaboration avec des groupes étrangers.

"Geely n'est pas un débutant en matière de fusions-acquisitions, contrairement à ce que croient beaucoup de gens", explique-t-il. "En Chine, Geely est devenu un constructeur automobile de masse, et l'acquisition de Volvo lui donne l'opportunité de passer au stade suivant."

VERS UN PARTAGE DE TECHNOLOGIES AVEC GEELY AUTOMOBILE

Auparavant, Geely s'était dit prêt à injecter jusqu'à 900 millions de dollars dans Volvo, en plus du prix de rachat de 1,8 milliard annoncé.

Le groupe chinois envisage d'utiliser Volvo pour produire des véhicules haut de gamme en Chine tout en conservant les activités du suédois en Europe pour fournir le marché international.

"Pour Geely, l'opération pourrait améliorer son image de marque et sa notoriété, ce qui pourrait accroître la confiance de ses clients dans sa croissance future", estime Wang Jing, analyste chez Phillip Securities.

Mais "s'il ne parvient pas gérer correctement ses propres activités, il n'aura pas beaucoup de ressources à injecter dans Volvo", ajoute-t-il. "Nous n'en sommes qu'au début."

Le rachat de Volvo pourrait également bénéficier à Geely Automobile, qui n'est pas directement concerné par la transaction mais qui pourrait racheter certains actifs ou technologies de Volvo à sa maison mère.

"A plus long terme, Geely Auto pourrait partager la technologie de Volvo, ce qui pourrait améliorer sa propre marque", souligne ainsi Johnny Wong, analyste chez Yuanta Research.

"Je parie que Geely Auto ne prendra pas la totalité de l'actif en une seule fois, mais peu à peu afin de ne pas trop alourdir son bilan."

Avec Michael Wei à Pékin et le bureau de Stockholm, Alexandre Boksenbaum-Granier pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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