Le chimiste SNF Floerger mise sur les volumes

Gaëlle Fleitour

Publié le

Made in France La crise ? Connais pas ! Les sept entreprises que nous avons repérées ont en commun  de faire mieux que leurs concurrents sur des marchés souvent cahutés par la concurrence. Nous vous proposons de découvir ici la stratégie de croissance du chimiste SNF Floerger.

Le chimiste SNF Floerger mise sur les volumes © Pascal Guittet

En mai dernier, aux états généraux de la chimie, Pascal Remy détonnait. Le PDG de SNF Floerger était le seul patron français à faire l’apologie des volumes pour se différencier dans la chimie. Pour cette entreprise de taille intermédiaire, « les gros marchés se gagnent par les prix. Nous avons toujours considéré que nous étions dans une guerre concurrentielle totale, en particulier face aux Chinois », déclarait alors son PDG. Une stratégie liée à la spécificité de son marché : SNF Floerger est le leader mondial des polyacrylamides, des polymères absorbants prisés dans le traitement des eaux (45 % de ses ventes). Un marché « relativement porteur », pour lequel la logique de volume resterait la seule solution pour assurer la compétitivité en réduisant les frais fixes. Afin de garder son avance, l’entreprise familiale (2 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2013) investit massivement. Pas moins de 800 millions d’euros entre 2014 et 2016 pour faire passer ses capacités de production de 700 000 à 1 million de tonnes. Il a ainsi pris pied en Russie, ajouté des lignes de production à ses principaux sites en Chine, aux États-Unis et en France. « Nous visons une croissance en volume d’environ 10 % par an », précise Pascal Remy. L’usine historique d’Andrézieux (Loire) n’a pas été oubliée. Le chimiste ne réalise plus que 3 % de ses ventes en France, mais 15 % de ses investissements. « Le siège de notre groupe est en France, c’est là que sont installées nos équipes de direction, de corporate finance, et l’essentiel de notre recherche et de notre ingénierie, rappelle Pascal Remy. Nous pouvons le faire grâce à l’activité en dehors de l’Hexagone. » Le débat sur la transition énergétique l’inquiète, car « la France se situe déjà comme l’un des pays les plus efficients au monde en termes d’émissions de CO2 rapportées au PIB ». Pour doper sa croissance, SNF Floerger peut compter sur un autre marché, peu en vogue dans l’Hexagone : la récupération de pétrole et l’extraction des gaz de schiste. Le français travaillait dans ce domaine aux États-Unis depuis de nombreuses années, mais il a largement profité du boom récent de la fracturation hydraulique. « Nous pensons détenir environ un tiers du marché américain. Nous avons augmenté nos ventes de 60 % cette année aux États-Unis ! », se félicite Pascal Remy. Tout en espérant que le pétrole se maintienne à un cours acceptable, afin que ses technologies restent attractives…

 

 

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