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L'Usine Matières premières

Le chemin est encore long pour mieux recycler et valoriser les déchets ménagers

Cédric Soares , , , ,

Publié le

Les acteurs de l’économie circulaire se sont réunis, jeudi 7 décembre, à l’occasion de la première conférence nationale sur les déchets ménagers. Face aux freins institutionnels, l’innovation technologique constitue un puissant levier pour améliorer le volume de déchets recyclés et valorisés.

Le chemin est encore long pour mieux recycler et valoriser les déchets ménagers
Des balles de déchets ménagers après traitement en centre de tri
© DR

Industriels, chercheurs, experts, élus se sont réunis jeudi 7 décembre, à Paris, à l’occasion de la première conférence nationale sur les déchets ménagers, pour confronter leurs points de vue sur l’avenir de la filière. "Le modèle économique de l’économie circulaire est-il tangible ?", interroge Geneviève de Ferone, vice-présidente de la Fondation pour la nature et l’Homme. La question a fait figure de leitmotive tout au long des échanges. Si "écologie et économie ont la même étymologie", comme l'a rappelé le paléoanthropologue Pascal Picq, la volonté d’atténuer les freins et favoriser les accélérateurs du secteur est récente.

Une feuille de route en France et  un paquet économie circulaire au niveau européen devraient être publiés au premier trimestre 2018. A l’autre bout du monde, la Chine a interdit au mois de juillet l’importation de 24 types de déchets. Jusqu’à maintenant les politiques publiques françaises se sont avérées trop peu incitatives pour les industriels "On dit à celui qui produit, qui nous vend, qui emballe et qui est à la source de nos poubelles, "Payez on va s’occuper du reste"", a affirmé Yves Jégo, député de Seine-et-Marne.

Des taxes peu incitatives

Guillaume Sainteny, spécialiste en fiscalité écologique, est allé plus loin: "En France on a beaucoup de taxes mais qui rapportent peu. Ce sont des taxes de rendement qui servent à alimenter des établissements publics, des institutions comme l’Agence de l'environnement et de la maitrise de l'énergie (Ademe) ou le Conservatoire du littoral." A titre d’exemple, l’expert a expliqué que la Suède taxe l’oxyde d’azote (NOx) et le dioxyde de souffre (SO2) à hauteur de 7 000 euros la tonne alors que la France applique un taux de "160 euros la tonne en ordre de grandeur". De plus, le gouvernement suédois redistribue en grande partie l’argent aux entreprises selon ses orientations politiques. "Si leur gouvernement veut favoriser la recherche, il va redistribuer d’avantage aux entreprises du secteur qui investissent dans la recherche", a détaillé Guillaume Sainteny. Des discutions sont en cours en France pour augmenter la Taxe globale sur les activités polluantes (TGAP). "Il serait intéressant d’en flécher le produit sur l’investissement industriel en recherche et développement", a commenté Jean Hornain, directeur général de Citeo (ex Eco-emballages).

L’incitation est également insuffisante pour pousser les industriels à utiliser plus de matières recyclées dans la production. "Pourquoi voulez-vous mettre du PET recyclé dans une bouteille quand il coûte 1 000 euros la tonne et que le PET vierge ne coûte que 800 euros", a expliqué Philippe Maillard, directeur général de Suez recyclage et valorisation France.

Un cadre réglementaire inadapté

Le cadre réglementaire, trop rigide, représente un autre frein pour les acteurs du recyclage. Une réglementation nationale ne peut pas complètement répondre aux enjeux locaux. "Si c’est la solution de l’intérieur du périphérique que l’on veut plaquer dans toute la France, on ne va pas y arriver", a fustigé Pierre de Montlivault, directeur général de Tiru, filiale d’EDF spécialisée dans le traitement des déchets.

La filière se retrouve prise en étau entre l’objectif de diviser par deux le volume de déchets enfouis à horizon 2025 et la réactivité des autorités compétentes. Le développement de la valorisation en chaleur thermique utilisée dans le chauffage pourrait être une piste pour atteindre le cap fixé. Selon Pierre de Montlivault, l’Ademe souhaite attendre avant d’étendre l’utilisation des chaudières à combustibles solides de récupération (CSR), utilisées avec des déchets industriels, aux déchets ménagers. "On est en 2017, bientôt en 2018, 2025 c’est dans sept ans. Si cette position reste comme elle est, pendant encore plusieurs années, je ne vois pas comment on va y arriver", a critiqué le directeur général de Tiru.

La création de nouvelles infrastructures de traitement ne sera pas instantanée suite à la publication de la feuille de route. "Il faudra jusqu’à quatre ans pour mettre en place les installations de tri, de méthanisation, de compostage ou de valorisation énergétique qui permettront de passer à l’étape d’après. C’est très souvent oublié par les pouvoirs publics", interpelle Philippe Maillard.

L’innovation, principal accélérateur

Face aux freins institutionnels, l’innovation technologique constitue un puissant levier pour améliorer le volume de déchets recyclés et valorisés. Les acteurs du traitement n’ont pas attendu le régulateur pour travailler sur l’efficience de leurs unités de traitement. Selon Didier Courboillet, directeur régional Ile-de-France Recyclage et valorisation des déchets de Veolia, le recyclage mécanique est peu à peu remplacé par le recyclage chimique. "Total a mené une expérimentation à l’échelle industrielle de recyclage chimique pour réintégrer du polystyrène recyclé dans sa chaîne de fabrication de la matière", a donné en exemple le dirigeant de Veolia.

Autre piste, le recyclage biochimique, par enzymes, est en cours de développement dans les laboratoires. L'innovation passe aussi par les équipements déjà présents des centres de tri. Ceux-ci se modernisent. "Les trieurs optiques sont aujourd’hui capables de distinguer les PET, du PEHD, du PS ", a détaillé Didier Courboillet.

Le digital représente un autre axe important d’innovation. "Aujourd’hui on peut mesurer le taux de remplissage des bennes d’apport volontaires. Celles-ci appellent pour venir les vider, ce qui permet d’optimiser les tournées et d’en réduire la fréquence", a détaillé Philippe Maillard. Autre exemple, Suez a développé une place de marché des déchets organiques mettant en relation les possesseurs et les acteurs pouvant les traiter.

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