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Le "Charles de Gaulle" se refait une santé

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Le porte-avions est arrêté pour six moisdans la base navale de Toulon. Aprèsavoir parcouru près d’un million de kilomètresen douze ans de service, il est révisé,réparé et modernisé.

Le Charles de Gaulle se refait une santé
Échafaudages, grue… Sur ce chantier gigantesque, 900 marins et techniciens travaillent.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

Le géant des mers repose en cale sèche, fatigué après 23 tours du monde. Ses 37 000 tonnes s’appuient sur une ligne de tin, des blocs de béton surplombés de pièces de gaïac, un bois reconnu pour son extrême résistance. Le "Charles de Gaulle" a fait son entrée début janvier dans le bassin de carénage pour six mois de maintenance. Le bassin Vauban Sud-Ouest, long de 275 mètres, large de 45 et d’une profondeur de 14 mètres, a juste les dimensions suffisantes pour accueillir le navire, le pilier d’un arsenal militaire français sous la menace de coupes budgétaires drastiques [lire aussi page 26].

Même pour les habitués de la base navale de Toulon (Var), le "Charles de Gaulle" reste impressionnant. Imaginez l’équivalent d’un immeuble flottant d’une quinzaine d’étages avec un aéroport sur son toit, une centrale nucléaire à la cave et 2 000 hommes à bord. L’opération de maintenance est proportionnelle, c’est-à-dire démesurée. "Comme une voiture, le navire a besoin d’être révisé régulièrement", explique Olivier Lebas, son commandant.

À une différence près : en lieu et place du garagiste du coin, 900 membres d’équipage et techniciens (électriciens, menuisiers, soudeurs, plongeurs…) de quelque soixante entreprises sont mobilisés pour réparer et moderniser le porte-avions, fragilisé après avoir parcouru près d’un million de kilomètres au cours de douze années de service. Une remise à neuf qui représente près d’un million d’heures de travail.

Deux ans de préparation

Tous les éléments importants sont contrôlés : la propulsion, assurée par deux chaufferies nucléaires, les systèmes d’armes, les équipements… Mais aussi la coque sur laquelle la rouille a pris ses quartiers, les 35 kilomètres de câblage informatique… Sans oublier la cantine.

Sur le quai, une grue géante a été positionnée pour transporter les charges les plus volumineuses sur la piste d’envol des Rafale. Un peu plus loin, les barres d’échafaudages ont été montées le long de la coque après la vidange du bassin. Il faut décaper et peindre une surface de 24 000 mètres carrés.

"Chaque semaine, plus de mille travaux sont effectués. Nous préparons ce chantier depuis deux ans", explique Alain Girbes, le directeur chez DCNS du programme de maintenance du porte-avions. Pour gérer le projet et piloter les sous-traitants, le groupe s’est inspiré… de l’arrêt au stand d’une formule 1 ! "Toutes les équipes et toutes les ressources nécessaires sont situées à proximité du navire, précise-t-il. Les bureaux de nos groupes de coordination sont installés sur les quais. Les vestiaires et le réfectoire sont également tout proches. Cela évite les déplacements inutiles."

Les travaux avaient même démarré avant l’arrivée du navire dans la base navale. À bord, les équipages ont fait courir le long des coursives d’énormes tuyaux bleus servant à la ventilation, qui passent d’un niveau à l’autre du bateau. Plus haut, le hangar qui abrite habituellement les Rafale a été débarrassé. Il sert d’entrepôt pour le matériel nécessaire aux différentes réparations. Les 5 000 mètres carrés de la piste d’envol, qui souffre à chaque atterrissage de Rafale, seront rénovés grâce à la dépose de plusieurs couches de peintures ultra-résistantes. 

L’arrêt forcé du navire ne signifie pas que l’activité s’arrête totalement. Il y a quelques jours, le "Charles de Gaulle" a été le théâtre d’un gigantesque exercice de décontamination suite à un accident nucléaire simulé à son bord. Dès l’été, il reprendra la mer. À moins que les folles rumeurs de mise sous cocon qui circulent depuis quelques jours ne se concrétisent !

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