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Le cercle vertueux de la mécanique

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Enquête Réduction des coûts, meilleure image, motivation des salariés… Loin d’être une contrainte, le respect de l’environnement peut devenir un avantage compétitif pour les industries mécaniques.

Le cercle vertueux de la mécanique
La solution StopGo de SFK pour les deux-roues réduit les émissions de CO 2.

L’image de l’usine sale, bruyante et polluante, les entreprises de la mécanique n’en veulent plus. Sans faire de bruit, ateliers et usines

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C’est, en tonnes, le gisement de boues d’usinage qui pourraient être transformées en galettes de métal et en huile recyclable.
ne cessent d’évoluer. Du traitement des déchets à la recherche d’une meilleure efficacité énergétique, les solutions pour mieux respecter l’environnement sont multiples et de plus en plus souvent mises en œuvre. La Fédération des industries mécaniques (FIM) en a fait l’un de ses axes de travail. Jérôme Frantz, son président ne veut pas renier ses idéaux de jeunesse. "Je suis d’une génération écolo. Jeune, je me promenais dans les rues de Paris avec Brice Lalonde et d’autres. Quand nous avons repris nos entreprises, nous avons décidé de ne pas léguer à nos enfants une terre dont nous ne nous serions pas préoccupés."

L’image de l’entreprise valorisée

Les vœux de Jérôme Frantz ne sont pas totalement exaucés, mais la mécanique est au cœur des enjeux environnementaux. Elle met en œuvre pour son usage des procédés propres et fournit des solutions innovantes pour l’ensemble de l’industrie. Les entreprises du secteur cherchent à réduire les consommations d’eau et d’énergie, à diminuer les émissions polluantes et à limiter l’impact de leurs produits sur l’environnement. Elles participent également au développement des énergies renouvelables. S’il joue un rôle dans cette dynamique, le renforcement des contraintes réglementaires n’est pas le seul levier. La compétitivité entre aussi en ligne de compte, le développement durable représentant une opportunité d’innovation et de croissance.

En contribuant à la baisse de la consommation de matière et d’énergie, tant au niveau de la fabrication que de l’utilisation d’un produit, une entreprise s’assure un avantage concurrentiel non négligeable. Ce facteur, souvent ignoré, mériterait d’être mis en avant. Car c’est bien en rejoignant l’économie que l’écologie a le plus de chance de convaincre les incrédules.

Autre élément majeur pour une entreprise, l’image. "Le directeur du marketing est le meilleur supporter de l’éco-conception. C’est une manière de se différencier, remarque Yves Bouvier, le responsable R & D environnement au Cetim (Centre technique des industries mécaniques). Ce sont les grandes entreprises et celles où le marketing est fort qui avancent le plus vite dans le domaine de l’efficacité énergétique." Les fabricants de machines-outils ne sont pas en reste et insistent de plus en plus sur le respect de l’environnement. Okuma, distribué en France par Codem, a mis en place sa démarche "Eco2 Friendly". Amada, le premier en France à signer la charte professionnelle sur la performance environnementale des machines-outils, annonce une réduction de près de 8% des émissions de CO2 dans le fonctionnement de ses produits. Chez les utilisateurs, la prise de conscience peut encore progresser. Pourtant, dans le domaine de l’éco-conception, c’est le premier pas qui compte. Ensuite, les gains peuvent être mesurés. Certaines PME traînent les pieds par manque d’informations sur les bénéfices engendrés et par peur des changements que cela pourrait induire dans l’entreprise. "Il est faux de croire que cela remet totalement en cause la politique industrielle. On peut avancer à petits pas. Une démarche précoce permet également d’anticiper et de voir venir les futures contraintes réglementaires et de s’y préparer", argumente Yves Bouvier.

Le Cetim pilote ainsi un consortium créé avec de grands industriels français (Thales, EADS, PSA, Renault…) pour travailler en commun sur des substances de substitution. Il a également mis au point une méthode de travail avec les Arts et Métiers, devenue la norme NF E01-005. Validée au niveau européen, cette méthode simplifiée est particulièrement adaptée aux PME. Elle les aide à concevoir le produit en présentant les meilleures caractéristiques environnementales et en établissant le profil de la future pièce.

Efficacité énergétique

Les exemples de gains ne manquent pas. Ainsi, le projet Green HSM, lancé dans le cadre du programme Efficacité énergétique dans l’industrie. Il a été mis sur pied par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et Total. Il est porté par le fabricant de machines spéciales PCI, filiale de PSA. L’objectif est de mettre au point un centre d’usinage susceptible de réaliser une économie d’énergie de 30% en travaillant sur l’injection du liquide de coupe, le refroidissement des composants internes et l’air comprimé. Un démonstrateur est actuellement en cours de réalisation pour valider les solutions choisies. PSA est intéressé au premier chef pour ses propres besoins, mais PCI se forge aussi un très bel argumentaire pour son prochain centre d’usinage.

Le fabricant de pompes et de robinets industriels KSB a, quant à lui, développé la méthode LCC (light cycle costing) qu’il a appliquée dans ses usines françaises. L’investissement qui représente environ 1 million d’euros a été amorti en seulement deux ans. Dans la partie usinage, les réductions des surfaces à usiner ont diminué de 5% le volume de copeaux. De nouveaux procédés dans le montage, en utilisant une presse au lieu d’un collage pour le stator, ont permis d’économiser 110 litres de colle par an, de diminuer de 18% le poids de la pièce et d’augmenter le rendement. Quant à l’éco-conception, elle a été travaillée en collaboration avec les fournisseurs. Cela a ainsi permis de réduire notamment l’épaisseur de fonderie. Les dirigeants français de KSB pointent un effet positif induit par l’éco-conception. Elle génère une dynamique sociale, qui augmente la motivation des employés.

De son côté, Fives a lancé, en 2012, à l’occasion de son bicentenaire, un Observatoire des usines du futur. Quant à Bourgeois, il a diminué la masse de ses fours de 10%, leur consommation de 35% et a atteint un taux de recyclabilité supérieur à 90%. L’image d’une mécanique sale et polluante fera bientôt partie de l’histoire industrielle d’un autre temps.

SKF met en avant ses produits Beyond zero

Le fabricant de roulements SKF insiste sur l’importance de la phase d’utilisation des produits dans leur bilan carbone. Il en fait un argument commercial. L’entreprise suédoise a lancé son portefeuille de produits Beyond zero, destinés à réduire l’impact environnemental de ses clients. Elle prévoit de réaliser un chiffre d’affaires de 10 milliards de couronnes suédoises en 2016 (1,15 milliard d’euros).

Certains produits sont conçus pour réaliser des économies directes, par la réduction des frottements (gamme de roulements E2) ou par un allégement. D’autres proposent de nouvelles solutions. C’est le cas des vérins électriques, qui consomment beaucoup moins que les vérins hydrauliques ou pneumatiques, des roulements pour turbocompresseur de moteur d’automobile en remplacement des paliers à huile sous pression ou du système StopGo destiné aux motos. 

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