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Le Centre national du design tué dans l'oeuf par Arnaud Montebourg

Aurélie Barbaux , ,

Publié le

Made in France A l'occasion des premiers Rendez-vous du design, Arnaud Montebourg a enterré le Centre national du design lancé par Eric Besson en janvier 2012. A la place, il préconise un Meetic du design, faisant fi de la concertation engagée.

Le Centre national du design tué dans l'oeuf par Arnaud Montebourg © Luc Pérénom - L'Usine Nouvelle

Tout le monde en est persuadé, le design a un rôle à jouer dans le redressement productif de la France. Reste à savoir comment. C’est l’objectif des Rendez-vous du design semestriels initiés par Bercy et dont le premier opus s’est tenu le 1er mars. L’occasion pour Arnaud Montebourg d’annoncer l’abandon du projet de Centre national du design, lancé il y a un an par Éric Besson. "Sa mission était floue et il ne savait pas où se mettre", a justifié le Ministre du redressement productif.

Un " Meetic du design " déjà controversé

D'ailleurs, pas question de créer un nouvel outil administratif : "La mobilisation générale doit d'abord se faire dans les têtes", prévient Arnaud Montebourg. Elle doit se faire aussi dans les PME. Pour ce faire, le gouvernement dégaine le nouveau crédit impôt innovation, extension pour les PME du crédit impôt recherche, qui rendra éligible une partie des dépenses de prototypes et de design. Même si le document de cadrage n'est toujours pas paru. Qu'importe, Arnaud Montebourg veut inciter les PME à profiter ce cette promotion fiscale et demande la création d'un "Meetic du design" où PME et designers pourraient plus facilement se rencontrer. 

Un sérieux problème de formation

"On va être ridicules. Et encore, a-t-on évité de peu les speed dating", commente un participant à ces Rendez-vous du design, totalement dépité. Car ce site de rencontre serait loin de résoudre les problèmes soulevés durant près de quatre heures de tables rondes : manque de culture design des dirigeants d'entreprises français (le design étant complètement absent des cursus scolaire et de formation professionnels, sauf spécialisés), mauvaise formation des designers aux métiers de l'industrie et absence de promotion coordonnée du design en France et à l'étranger. Certes, dans son discours de clôture, Arnaud Montebourg a expliqué qu'il souhaitait une équipe de France du design. Mais, comme il se vante d'avoir réussi à mettre autour de la table les principaux donneurs d'ordre de la filière automobile pour fixer ensemble des choix technologiques, il entendrait faire pareil avec les acteurs du design. Sauf que le design n'est pas une filière, mais un métier, une pratique. Et qu’insuffler une culture design ne se décrète pas autour d'une table. S'il avait assisté aux débats, il l'aurait compris.

Consensus pour des showrooms

Rendez-vous est néanmoins pris pour dans six mois. Entre temps, personne ne sait ce qui est censé se passer. Pourtant quelques propositions concrètes ont émergé des discussions, dont une semble faire consensus : la création de showroom dans les grandes capitales du monde pour montrer les meilleures réalisations des entreprises, designers et écoles français. La généralisation de cursus d'apprentissage, comme l'a instauré l'Ecole de design de Nantes, pourrait aussi être une solution pour former des designers plus proches de l'industrie, et pour généraliser la pratique du design dans les entreprises. La revalorisation des designers intégrés dans les entreprises - une revendication récurrente des professionnels lors de cette réunion- irait peut-être alors d'elle-même. A suivre.

Aurélie Barbaux

 

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1 commentaire

Nom profil

06/03/2013 - 04h40 -

Pourquoi ne pas faire confiance aux professionnels de la médiation et de l'inter-médiation pour rapprocher offres et demandes par des plate-formes de réalité augmentée ? Créer les conditions d'un VRAI dialogue pour améliorer ce marché de la conception prenant en compte l'esthétique, le désir, en lien avec l'ensemble des parties prenantes, à commencer par les clients ? Parmi les freins français à son déploiement massif qui redonneraient un avantage décisif aux produits faits en France, je vois notamment l'omnipotence de la culture techniciste et rationaliste. En effet, sans une approche globale et systémique, intégrant la dualité entre objectivité et subjectivité, nous resterons trop souvent dans le moyen-bas de gamme. Technicien devenu ingénieur, je me sens bien placé pour porter cette critique que je me suis fait longtemps à moi-même. C'est une métamorphose à accomplir ensemble. Beaucoup a déjà été fait, L'Usine Nouvelle en rend compte souvent. Pour ma part, j'y suis prêt et disponible. Dans le cas particulier des TPE/PME, il s'agit plus d'un problème de culture comme énoncé dans l'article. C'est donc par des échanges de proximité soutenus sur le long terme qu'elle diffusera à grande échelle. Nous avons donc à mettre en oeuvre une stratégie et une tactique pour y parvenir. C'est d'abord un travail de mise en réseaux et d'activation qui peut s'appuyer sur l'existant à condition de secouer fortement le cocotier... Il y faudra quelques moyens financiers, mais c'est d'abord et avant tout de la matière grise ! N'est-ce pas ce que le Ministre a commencé à mettre en oeuvre au niveau du Redressement productif ? Reste à le démultiplier dans chaque quartier et chaque village ! Article plus complet à http://blogs.mediapart.fr/blog/julien-delalande/060313/la-politique-nationale-du-design-en-france-se-cherche
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