Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Matières premières

Le casse-tête du recyclage des avions

Myrtille Delamarche , ,

Publié le

En cinq ans, la durée de vie moyenne d’un avion est passée de 31 à 26 ans. Cette utilisation raccourcie, couplée à la hausse du trafic, rend indispensable une montée en cadence de la filière recyclage des aéronefs. Mais la valeur des produits issus du recyclage est en baisse…

Le casse-tête du recyclage des avions © ©2013 Laurent PASCAL

Les entreprises citées

Dans sa dernière étude de marché, Boeing évalue le taux annuel de renouvellement des flottes aériennes à 2% à 3%. "Il va y avoir de plus en plus d'avions candidats au retrait de service", confirme à l’AFP Philippe Fournadet, président de Tarmac Aerosave, une coentreprise détenue par Airbus, Sita (Suez environnement) et Snecma (groupe Safran) installée sur l’aéroport de Tarbes. Philippe Fournadet estime le marché mondial à entre 12 000 et 15 000 appareils mis à la casse sur les 20 prochaines années, soit 600 à 750 par an. S’il fallait les stocker, il faudrait y consacrer plus de la moitié de la surface de Paris. 

Seule solution : les dépolluer, les démonter et les recycler. Le marché mondial du démantèlement d’avions représente une valeur totale de quelque 80 millions de dollars en 2014, selon une étude menée en partenariat par TeamSAI Consulting et l’Afra (Aircraft Fleet Recycling Association).

Mais, comme souvent sur le marché, abondance de biens nuit. Les volumes croissants de carcasses et de pièces détachées en font baisser le prix, et l’activité n’est pas si simple à équilibrer. Selon l’Afra, la valeur cumulée de ces pièces d’occasion (vendues à environ 50% du prix du neuf) atteindrait tout de même 3,3 milliards de dollars par an. Quant à l'aluminium, qui constitue le matériau majoritaire d'un modèle comme l'A380, il a perdu plus d'un tiers de sa valeur en trois ans, rendant sa revente moins rémunératrice bien qu'il soit recyclable indéfiniment. Un avion démantelé proprement permet néanmoins de fabriquer 5 176 470 canettes (boîtes-boisson).

Deux acteurs en France

Il n’existe en France que deux sites dédiés à cette activité. Le plus ancien, sur l’aéroport de Châteauroux, est opéré par Bartin Aero Recycling depuis 2005. Cette filiale de Veolia spécialisée dans le recyclage des métaux démantèle une dizaine d’avions chaque année sur une plate forme de 15 000 m2.

A Tarbes, Tarmac Aerosave assure depuis 2009 la maintenance ou le démantèlement des avions en fin de vie sur un site de 30 hectares. Face à la demande qui explose, un second site de 340 hectares a été ouvert sur l’aéroport de Teruel en Espagne. La société se présente comme le leader européen du stockage, de la maintenance et du recyclage des avions en fin de vie, avec plus de 50 avions démantelés à ce jour, valorisés à plus de 85% de la masse. L’objectif étant de monter à 90%.

Des défis technologiques

Plusieurs freins empêchent encore une valorisation accrue des avions mis au rebut. Pour améliorer ce taux, il faudrait accélérer le mouvement d’écoconception. Outre l’allègement et la sobriété en carburant, celle-ci doit intégrer une contrainte de recyclabilité des appareils.

Les alliages complexes, par exemple, rendent plus difficile et plus coûteux le recyclage des métaux, qu’il faut re-séparer. Les composites carbone, qui entrent à hauteur de 50% dans la construction des derniers modèles d’avions, posent aussi un problème de plus en plus prégnant. Suez a annoncé le 19 juin, au Bourget, le développement d’une technologie de séparation de la résine et des fibres de carbone en partenariat avec la start-up Camille, qui a breveté la technologie Xcrusher (utilisée également dans le secteur minier). Cette séparation par énergie pulsée, sans solvant chimique, permet de récupérer les fibres, qui conservent leur longueur et leurs propriétés. Ce projet est intégré dans le dispositif "Nouvelle France industrielle".

L’aéronautique n’est plus le pollueur majeur qu’il fut, rejetant les agrocarburants et laissant quelque 4 000 appareils stockés ou enfouis sous le sable du désert de l’Arizona. Le secteur a pris le virage du développement durable. Mais les avions verts restent à construire.

Myrtille Delamarche

Réagir à cet article

1 commentaire

Nom profil

19/06/2015 - 22h01 -

Pour éviter d'avoir affaire à ce casse-tête, le mieux est de ne pas produire d'avions. Moi je ne prends plus l'avion. D'ailleurs, pour aller ou?
Répondre au commentaire
Nom profil

30/09/2016 - 13h39 -

Évidemment c'est une bonne solution, on élimine les voitures, les trains, les bateaux et on reste tous à la maison !!! Quelle remarque stupide ...
Répondre au commentaire
Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

1000 INDICES DE REFERENCE

  • Vous avez besoin de mener une veille sur l'évolution des cours des matières, la conjoncture et les coûts des facteurs de production
  • Vous êtes acheteur ou vendeur de produits indexés sur les prix des matières premières
  • Vous êtes émetteur de déchets valorisables

Suivez en temps réel nos 1000 indices - coût des facteurs de production, prix des métaux, des plastiques, des matières recyclées... - et paramétrez vos alertes personnalisées sur Indices&Cotations.

 

LES DOSSIERS MATIERES

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle