Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Quotidien des Usines

Dérive : Le démantèlement de Valfond s'accélère

Publié le

Le devenir de l'ensemble des activités du groupe de fonderie, qui vient de lâcher sa filiale Sadefa, pose encore de nombreuses questions.


Nouvelle et douloureuse étape du démantèlement de Valfond. Faute d'avoir su trouver un repreneur - les négociations avec l'autrichien Ventana ayant échoué en novembre dernier - le groupe a déposé, lundi 28 avril, le bilan de sa filiale Sadefa (480 salariés). Le redressement judiciaire, décidé par le tribunal de commerce de Nanterre, est l'opération de la dernière chance pour cette fonderie implantée à Fumel (Lot-et-Garonne) qui travaille à 95 % pour l'industrie. La procédure devrait faciliter une reprise. Mais la partie ne sera pas facile. A tel point que le comité d'entreprise est en première ligne. Le cabinet Alpha, déjà mandaté par le CE pour élaborer le plan de continuation, recherche un repreneur. Chroniquement déficitaire, Sadefa a accusé 16,9 millions de perte nette en 2002 pour un chiffre d'affaires de 50 millions. Elle est repartie sur le même rythme cette année. Les 10 millions d'euros réinjectés par l'actionnaire de Valfond, le fond d'investissement suisse UBS Capital, en 2002 ont déjà été consommés, entre les pertes, les investissements et le plan amiante (200 salariés). Le besoin en financement pour les deux ans à venir est évalué à 25 millions d'euros. Du côté des syndicats, on espère que l'actionnaire apportera sa contribution. Schéma plus qu'improbable. " Eu égard à la note déjà salée, il est clair qu'UBS ne remettra pas d'argent ", souligne Patrick Adolf, vice-président de Valfond. Pour Valfond dans son ensemble, le timing est désormais serré. Le protocole d'accord signé en septembre avec les banques, l'Etat et ses clients pour sauver le groupe du dépôt de bilan, avait été assorti d'une remise au pot de 100 millions d'euros par UBS, ce qui devait permettre de remettre les entreprises sur les rails et de trouver des solutions de sortie pérennes pour UBS. On en est loin. Valfond a perdu 67,8 millions d'euros en 2002 pour un chiffre d'affaires de 495 millions. Avec Sadefa, et précédemment APM, il s'est défait des activités les plus déficitaires. Reste à régler le cas de Vital, créé le 15 janvier pour regrouper la branche aluminium sous pression (huit fonderies), des sites français dédiés au marché de l'industrie, Chateaubriand (Loire-Atlantique) et Saint-Dizier (Haute-Marne), et de deux petits sites aux Pays-Bas et au Luxembourg. Côté syndicat, on prétend que de nouveaux problèmes de trésorerie pourraient voir le jour si les cessions ne s'opèrent pas avant la fin juin. Ce que dément la direction. Toujours est-il que Valfond fait tout pour conclure d'ici là la vente de Vital. " Cela conforterait la confiance des clients et faciliterait l'investissement ", explique Michel Staub, directeur général de Vital. Eprouvé par l'histoire chaotique de Valfond, le fleuron du groupe n'a réalisé que 5 millions d'euros de résultat d'exploitation en 2002 pour un chiffre d'affaires de 210 millions. Ses ventes devraient tomber sous la barre des 200 millions en 2003. Car après deux ans de gel, les prises de commandes (15 millions d'euros en 2002 et 7 millions depuis janvier), ne feront pas progresser suffisamment l'activité.

De fortes exigences financières

Des repreneurs se manifestent néanmoins. Quatre candidats (trois financiers et un industriel) ont remis une offre indicative. Deux autres industriels et un financier étudient le dossier. Reste à savoir dans quelle mesure ils sont prêts à céder aux exigences de Valfond, jugées élevées par beaucoup : 45 millions d'euros, plus une reprise de 10 millions d'euros de dettes fiscales et sociales. Un montant qui correspond à la dette de Valfond auprès de BNP-Paribas, qui détient un nantissement sur certaines filiales. Dernier point, les cas de Saint-Dizier et de Chateaubriand. Un projet industriel, baptisé Vulcain, visant à rapprocher ces deux unités pour une reprise par leur patron actuel, Oliver Schmeer, est envisagé. Enfin, le rapprochement avec Sadefa, à l'étude avant le dépôt de bilan de cette dernière, reste à l'ordre du jour. Une hypothèse dont le préalable est la cession de Saint-Dizier et de Chateaubriand. Nul doute que les collectivités territoriales qui ont engagé plusieurs millions d'euros d'avances remboursables et de subventions pour remettre sur pied ces sites, seront très attentifs à leur devenir. Laurence Demoulin



CHRONIQUE DU DÉSENGAGEMENT

DÉJÀ CÉDÉ


APM. Fonderie gravité et usinage pour l'automobile : cession gratuite (novembre 2002) à deux industriels après une recapitalisation de 35 millions d'euros.

APM Bléré-Laval. Fonderie de fonte pour l'automobile : cession gratuite (avril 2003) aux actionnaires d'APM après une recapitalisation de 16 millions d'euros.

RESTE À CÉDER

Vital. Fonderie sous pression d'alliages légers pour l'automobile ; neuf sites ; 210 millions d'euros de chiffre d'affaires. Perspectives : attente des offres fermes de sept repreneurs potentiels.

Projet Vulcain. Fonderie de fonte ; sites de Saint-Dizier et de Chateaubriand ; 40 millions d'euros de chiffre d'affaires. Perspectives : possible cession au dirigeant actuel.

Sadefa. Pièces en fonte et d'acier pour l'industrie ; 50 millions d'euros de chiffre d'affaires. Perspectives : reprise dans le cadre du redressement judiciaire.
 

 

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus