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L'Usine Matières premières

Le carton, c’est du luxe

Olivier James , , , ,

Publié le , mis à jour le 11/05/2012 À 15H57

Enquête Les géants du luxe exigent que les emballages magnifient leurs produits et soient plus innovants. Les producteurs de papier et de carton redoublent d'efforts pour se différencier et rester compétitifs.

Velours floqué

Dispatcher un aspect velours avec une telle finesse? Une prouesse! La société Uniflockage y est parvenue en mettant au point sa propre machine. Elle projette des fibres textiles en alliant la technique de la sérigraphie. Des unités de brossage, d’aspiration et de séchage ont également été incorporées. L’investissement s’élève à près d’un million d’euros. Résultat : un flocage partiel qui peut s’adapter à toutes les formes sur les supports papier et carton.
 

Un étui pour une bouteille de champagne Moët et Chandon donnant l'illusion d'un assemblage étincelant de fines feuilles d'or entremêlées. En octobre 2011, SCA Packaging Nicollet s'est vu décerner par les lecteurs du magazine spécialisé « Formes de luxe »* le prix de la catégorie Étui pliant pour cet emballage étonnant. Le résultat surtout d'une habile maîtrise de la matière (encres et vernis) et des procédés (gaufrage et photogravure). Rien d'étonnant donc à ce que DS Smith, géant de l'emballage, ait fait l'acquisition pour une centaine de millions d'euros des activités françaises du groupe suédois SCA Packaging, dont Nicollet est une filiale. Le britannique a dans sa ligne de mire les quatorze sites du groupe dans l'Hexagone, mais aussi son dynamisme et sa créativité.

Dans l'emballage de luxe, comme dans beaucoup d'autres filières, l'innovation est devenue en quelques années une condition pour la survie des entreprises. Parfums, cosmétiques, vins et spiritueux... Autant de produits prestigieux qui méritent des écrins flatteurs pour séduire les clients et susciter le désir d'achat. Si le savoir-faire français en matière de flaconnage est bien connu, les pépites du papier-carton n'ont rien à envier aux verriers de la vallée de la Bresle en Haute-Normandie! « Nos clients sont de plus en plus demandeurs de créativité et d'innovation dans les emballages », confirme Sophie Greff, la responsable marketing de SCA Packaging Nicollet.

 

Made in France

Une exigence accrue qui émane des plus grands donneurs d'ordres. Les géants LVMH et L'Oréal, à la santé insolente, tirent le secteur de l'emballage en France. Ils privilégient la production sur le sol français pour des raisons d'image et de sécurité d'approvisionnement. Mais les producteurs doivent répondre aux besoins de ces clients... tout en maintenant des coûts compétitifs compatibles avec des productions en grandes séries. « Il y a une forte concurrence avec l'Asie, affirme Manuel Agard, le directeur commercial d'Uniflockage, une PME de 30 salariés basée à Berck-sur-Mer (Pas-de-Calais). L'innovation, c'est la clé pour s'en sortir alors que les prix des emballages sont de plus en plus bas. » Peu à peu, les entreprises du secteur se sont organisées pour concevoir des emballages de luxe. « Nous avons mis en place une cellule innovation fin 2009, explique Julie Foucart, la responsable communication, innovation et marketing de CLP Packaging, une PME de 125 salariés qui possède deux usines dans l'Yonne. Il s'agit de mieux répondre aux demandes de nos clients et de se différencier en temps de crise. » Un exemple ? La création d'un effet ruban à l'aide du marquage à chaud d'un polyester métallisé qui évite l'ajout d'un bandeau textile. SCA Packaging s'est aussi doté d'un centre de design dédié à l'emballage de luxe, fort d'une trentaine d'ingénieurs, maquettistes et designers. C'est là qu'a notamment été créé un étui pour champagne pourvu d'une couche métallique intérieure pour maintenir la bouteille au frais. « Notre objectif est de réaliser du sur-mesure à des coûts industriels », résume Sophie Greff. Les PME du secteur se débarrassent petit à petit de leur étiquette de simples exécutants et mettent en avant leur expertise.

 

Coktail technologique

Dans cette course à la différenciation, la confidentialité reste de mise. Si les savoir-faire empiriques sont déterminants, ils ne suffisent pas. La maîtrise des équipements doit aussi être au rendez-vous... « Si on ne met pas au point de nouvelles technologies, on est morts, assène Richard-David Zaoui, le directeur commercial de Wauters et fils. Les Chinois peuvent tout faire manuellement, mais ils ne savent pas encore innover dans le luxe. » Wauters, qui compte une centaine de salariés à Villebon-sur-Yvette (Essonne), a mis au point une technique de diamantage particulière : elle permet de recréer sur l'emballage l'aspect de petits diamants incrustés en relief. Dépôt d'une couche de polyester métallique, technique de dorure à chaud, pression et contrepartie pour obtenir le relief, assemblage précis de plusieurs encres et vernis pour l'éclat... C'est grâce à ce cocktail technologique que l'entreprise a obtenu un tel résultat.

D'autres entreprises vont jusqu'à se rapprocher de technologies rarement mises en oeuvre dans la filière. Ainsi, CLP Packaging, qui a collaboré avec le hollandais Point to Paper, propose depuis peu des emballages avec découpe au laser. La PME française est parvenue à intégrer cette technique dans son process automatisé, mais son partenaire en garde la maîtrise. Résultat : des emballages haut de gamme dotés d'une finesse de découpe inégalée.

Certains producteurs d'emballages n'hésitent pas à mettre sur pied leurs propres équipements : dans son usine de Berck-sur-Mer, Uniflockage a conçu sa machine pour réaliser des flocages partiels. Sérigraphie, projection de fibres, brossage, aspiration, séchage... Avec ce modèle unique, la PME se démarque et fabrique des emballages floqués avec une extrême précision. Elle ne compte pas s'arrêter là : « Nous étudions la fabrication d'un papier enduit qui permettrait de diminuer les étapes de process », s'enthousiasme Manuel Agard. Ce produit pré-enduit sur le papier qui réagit à la chaleur, et dont la formulation est gardée secrète, permet une nouvelle gamme de textures (cuir, nubuck, gomme...). Elle évite aussi les opérations de nettoyage des fibres qui encrassent les machines de flocage.

C'est d'ailleurs la tendance de fond dans la filière de l'emballage de luxe. Sous couvert de développement durable, les producteurs cherchent à diminuer les quantités de matière utilisées et à réduire le process de production, histoire d'abaisser les coûts. C'est aussi un moteur d'innovation...

Dentelle au laser

Une finesse extrême a été obtenue grâce à une découpe au laser adaptée au support cartonné. Cette technique inédite dans l’emballage est le fruit d’une collaboration entre CLP Packaging et la société hollandaise Point to Paper. Il aura fallu plus de six mois d’essais pour adapter cette technologie aux contraintes de la production en série. Le niveau de précision atteignant le demi millimètre, les opérations de pliage et de collage des boîtes ne doivent surtout pas endommager cette dentelle de papier.

 

 

Dentelle au laser

Une finesse extrême a été obtenue grâce à une découpe au laser adaptée au support cartonné. Cette technique inédite dans l’emballage est le fruit d’une collaboration entre CLP Packaging et la société hollandaise Point to Paper. Il aura fallu plus de six mois d’essais pour adapter cette technologie aux contraintes de la production en série. Le niveau de précision atteignant le demi millimètre, les opérations de pliage et de collage des boîtes ne doivent surtout pas endommager cette dentelle de papier.

 

 

Diamants de papier

Relief, effets brillants : tout y est ! C’est l’entreprise Wauters et fils qui est derrière cette belle illusion. Pour obtenir ce résultat, la pme a dû faire appel à tous ses savoir-faire (dorure à chaud, dépôts d’encres et de vernis…) et à tous ses équipements, dont la précision atteint le dixième de millimètre. La clé : la maîtrise du défonçage du carton, pris en sandwich entre une presse et une contrepartie, tout en évitant qu’il ne se déchire.
 

Or imprimé

Cet emballage pliant a été spécialement conçu pour protéger un mathusalem de Moët & Chandon recouvert de véritables feuilles d’or. Cet étui, qui simule un puzzle de bandelettes de métal précieux entrelacées, a été réalisé par la société SCA Packaging Nicollet en appliquant une complexe combinaison d’encres et de vernis. La mise en valeur du logo est assurée quant à elle par un gaufrage et l’application d’un vernis spécifique.

* « Formes de luxe » est édité par le groupe Infopro Communication

 

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