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Le carilon, un coup pour rien

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  La carrière du polycétone de Shell Chimie aura été très courte. Mais, plus que les qualités du matériau, c'est la stratégie industrielle du groupe qui est la cause de la disparition de ce polymère technique.

 

Le carilon n'aura vécu que cinq ans. Ce polycétone aliphatique lancé en 1995 par Shell Chimie a été retiré du marché au début de l'année, laissé pour compte d'une restructuration du groupe pétrolier qui s'est totalement désengagé de ses activités dans les polymères. En effet, si les polyesters, les époxy, le PVC... ont trouvé preneurs, personne n'a voulu du polycétone.

Forte résistance chimique

Complètement nouveau du point de vue de sa structure chimique, le carilon n'était probablement pas assez mature pour séduire un acheteur. Il avait encore certains défauts, notamment sa sensibilité aux rayons ultraviolets et à l'oxydation, et aurait nécessité quelques année de développement supplémentaires pour s'imposer sur le marché. Personne n'a voulu en prendre le risque. Pourtant, le nouveau polymère ne manquait pas d'atouts. Proche du polyamide par sa tenue en température et du polyacétal pour son élasticité et ses caractéristiques mécaniques et de tenue au frottement, il semble avoir surtout intéressé les bureaux d'études par sa remarquable résistance chimique et ses propriétés barrières vis-à-vis des hydrocarbures. De fait, les premières réalisations, ou projets, concernaient le circuit de carburant des voitures. Aux Etats-Unis, par exemple, GT Products avait choisi le carilon pour des pièces entrant dans la fabrication de systèmes de récupération des vapeurs de carburants au moment du remplissage à la pompe. En France, Plastic Omnium avait misé sur le matériau pour un réservoir de carburant, en remplacement du polyéthylène haute densité. Le recours au carilon, supprimant le traitement de surface nécessaire à l'imperméabilisation du matériau. Le plasturgiste a même mis au point un procédé spécial pour le moulage du réservoir, car l'extrusion soufflage, mode de transformation classique du polyéthylène haute densité, ne s'applique pas au polycétone. " On avait fait sauter certains verrous techniques en termes de conception et de procédé, et le problème, réel, de la sensibilité du matériau aux UV et à l'oxygène était résolu par un revêtement peinture ", explique-t-on chez Plastic Omnium. Conclusion : beaucoup de temps et d'argent perdus ! De son côté, Shell Chimie aurait consacré une dizaine d'années et au moins 100 millions de dollars au lancement de son produit, sans compter le coût de l'usine de production de 20 000 tonnes par an, à Geismar, en Louisiane. Et l'abandon du produit a suscité pas mal d'amertume chez les équipes chargées de son développement, aujourd'hui dispersées.
 

 

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