Le capital investissement broie du noir

Les professionnels de l’investissement en capital ont le blues. Pour la quatrième année consécutive, les levées de fonds sont inférieures aux investissements, mais pour la première fois cela commence à se ressentir dans la prise de participation dans le capital des entreprises. Une situation que l’Afic juge "gravissime".

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Le capital investissement broie du noir

Tous les compteurs sont au rouge pour les sociétés d’investissement en capital. Le premier semestre 2012 se sera soldé par une chute drastique de leur activité. Depuis quatre ans, elles investissent plus d’argent qu’elles n’en lèvent au risque d’assécher leurs réserves. Et le début de l’année marque encore plus durement la tendance.

Les investissements dans les entreprises ont ainsi baissé de 43 % par rapport au premier semestre 2011, à 2,279 milliards d’euros. "On commence à ressentir l’impact du manque de fonds, avec des équipes qui n’ont plus d’argent à investir", s’inquiète Louis Godron, , le président de l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic), l’organisation qui réunit plus de 95 % des fonds d’investissement français.

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Le nombre d’entreprises dans lesquelles ils ont investi demeure toutefois assez stable (836 entreprises investies au premier semestre 2012, contre 969 au premier semestre 2011). "Cela se traduit par une réduction du ticket d’investissement moyen, explique Chloé Magnier, l’économiste en chef de l’Afic. Il est passé de 5,8 millions d’euros à 2,9 millions d’euros."

En cause, le très fort recul des grosses opérations : les investissements en capital de 15 à 30 millions sont ainsi passés de 473 millions d’euros au premier semestre 2011, à 284 millions d’euros en 2012. Et seulement un tiers des investissements réalisés en 2012 l’ont été dans de nouvelles entreprises.

Côté sortie du capital des entreprises, l’activité sur laquelle les fonds d’investissement réalisent leurs bénéfices, la situation n’est pas plus reluisante. Les membres de l’Afic sont sortis du capital de 477 entreprises, contre 540 au premier semestre 2011, pour 2,048 milliards d’euros, en recul de 33 %.

Un désengagement continu des banques et des compagnies d'assurance

Les levées de capitaux marquent, elles, un léger mieux par rapport au premier semestre 2011. Elles s’établissent à 1,794 milliard d’euros (1,471 milliard d’euros en 2011). Cela ne rassure pas pour autant les fonds d’investissement. "Nous n’avons levé que 28 % de ce que nous avions levé sur toute l’année dernière, rappelle Chloé Magnier. Pour parvenir au même niveau de levée de fonds qu’en 2011, il faudrait que les fonds récoltent en tout 5 milliards sur le deuxième semestre. Or, pour l’instant, nous n’avons aucune indication de société prévoyant la clôture d’un gros fonds…"

L’assèchement des fonds levés s’explique principalement par le désengagement continu des banques et des compagnies d’assurance de l’investissement dans les PME. Ces deux souscripteurs ne représentent plus que 20 % de la collecte totale des sociétés d’investissement, contre 40 % en 2008.

"Le capital investissement français traverse une crise sans précédent", s’alarme Louis Godron, qui qualifie la situation actuel du capital investissement de "gravissime". Pour y faire face, l’Afic compte poursuivre les actions menées auprès du gouvernement depuis un an, visant à orienter une partie de l’épargne des français vers les PME.

"Il n’est pas normal que les assureurs qui gèrent l’assurance-vie, la plus grande poche d’épargne française, aidée par l’Etat, ne consacrent que 0,005 % de cette collecte aux PME", remarque ainsi Louis Godron qui souhaite que l’Etat réactive l’investissement des assureurs et flèche la récolte des livrets A et LDD par les banques vers le capital investissement.

Et, selon le président de l’Afic, la mise en place de la Banque publique d’investissement (BPI) ne suffira pas à combler les besoins en fonds propres des entreprises. "Elle n’arrivera pas à investir dans 1750 entreprises par an, comme nous, assure-t-il. Il existe déjà un réseau d’irrigation en fonds propres des entreprises très performant, pourquoi ne pas le préserver ?"

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