Le Canada pourrait offrir la fusion nucléaire au monde en 2030

Selon un rapport d’universités et de sociétés privées, le Canada possède suffisamment d’expertises technologiques pour développer un démonstrateur de réacteur à fusion nucléaire en 2030. Le tout moyennant une aide du gouvernement fédéral de l’ordre de 125 millions de dollars.

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Le Canada pourrait offrir la fusion nucléaire au monde en 2030
Prototype de General Fusion

La maîtrise de la fusion nucléaire, la réaction qui se déroule au cœur du soleil, pour produire de l’électricité massivement sans aucune pollution est une promesse qui est faite à l’humanité depuis les années 1950. Mais depuis presque 70 ans, nombre de ces rêves se sont écrasés sur le mur de la réalité. La technologie est extrêmement complexe à maîtriser puisqu’il faut confiner un plasma de plusieurs millions de degrés pour initier ce phénomène. Pourtant, le Canada serait en mesure de développer cette technologie d’ici 13 ans.

Depuis quelques années, l’Amérique du nord, le Canada en particulier, a vu émerger des startups qui redéveloppent d’anciennes technologies de fusion abandonnées dans les années 70 et 80 à cause de leur complexité. Grâce aux nouvelles puissances de calcul disponibles, leur déploiement devient possible et rentable. Aussi, dans un rapport "Fusion 2030", l’université d’Alberta, l’université de Saskatchewan, la Fusion technology Alliance, le centre Fedoruk et General Fusion proposent une roadmap pour mettre en service le premier réacteur à fusion dans le pays en 2030.

125 millions de dollars

Pour cela, le rapport demande un soutien du gouvernement pour développer un démonstrateur. Seulement 125 millions de dollars (90 millions d’euros environ) à répartir entre plusieurs entreprises et groupes de recherche. Une somme tout à fait raisonnable quand on la compare au programme international Iter, en cous de construction à Cadarache (Bouches-du-Rhône) en France, qui mobilise 18,6 milliards d’euros.

Comment réussir un tel exploit ? Les auteurs veulent mettre en commun les expertises dispersées sur tous le territoire canadien. Le rapport cite par exemple "les efforts actuellement déployés par General Fusion en Colombie-Britannique (…) un groupe clé d'expertise sur les technologies de fusion magnétique et de fusion au laser, respectivement à l’université de Saskatchewan et d’Alberta. Une expertise mondiale sur la technologie du tritium, sur les combustibles de fusion et les interactions neutron-matière en Ontario au laboratoire canadien du nucléaire et dans plusieurs universités…"

Une première phase de cinq ans permettra de regrouper tous ces acteurs pour développer une compétence commune. Une seconde phase jusqu’en 2030 amènera à construire le premier démonstrateur qui produira réellement des électrons. Les auteurs ne préjugent pour l’heure de quelle technologie sera employée pour confiner le plasma, magnétique ou inertielle.

Quelques grammes pour une vie d’énergie

"La possibilité de développer la fusion pour répondre à la demande énergétique mondiale justifie un grand effort international pour maîtriser cette source propre et durable. (…) Nous pouvons anticiper que la fusion deviendra une importante source d’énergie à la moitié de ce siècle ou avant. Cette ressource, virtuellement inépuisable, acceptable sur le plan environnemental et accessible universellement, va avoir un impact sur la stratégie énergétique mondiale", anticipent les auteurs.

5 Commentaires

Le Canada pourrait offrir la fusion nucléaire au monde en 2030

Rainbow
07/02/2017 09h:27

Dommage pour eux, ITER est sensé commencer sa phase d'exploitation en 2025. Ces projets canadiens restent à une minuscule échelle comparé à ITER qui est supposé être à peut près à échelle industrielle. Si le coût d'ITER à autant augmenté au cours de sa construction, rien ne dit que ce projet canadien, s'il se réalise, n'engendrera pas lui aussi d'important surcoûts. J'ai rien contre l'article mais bon, pas sur que le rapport soit le plus subjectif. Réalisé par un groupe présent dans ce domaine, par une université canadienne, pour un projet canadien. Ils veulent des fonds, ils ne vont pas s'auto-détruire.

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Alexis DELAHAYE
07/02/2017 09h:30

Bonjour, Le Canada a quitté le projet ITER faute de pouvoir financer sa participation, et reviendrait en solo sur un projet similaire ? Nous ne sommes plus à une contradiction près...

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Monteaud Gérard
10/02/2017 09h:25

ITER n'est pas nommé dans cet article, ce projet a-t-il été abandonné ? Quelles que soient les promesses de ces entreprises humaines, elles demeurent humaines et donc collectives pour le bien de l'humanité toute entière, non ? Qui pratique l'organisation raisonnée ? Quelques anglo-saxons dominants ? Quelques collectivistes prévaricateurs ? Quelques animistes ou traditionalistes sectaires ? Savez-vous dans quelle direction nous nous dirigeons ? Quel sens à la présence de l'humanité ? Les grands philosophes des lumières, héritiers des anciens ne nous ont-ils pas rappelé que science sans conscience n'est que ruine de l'âme ? Avez-vous une idée de ce que peut être un bateau ivre ? Dans quel étagère disait Coluche…, l'essentiel est perdu de vue.

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Réaction(s)
gges
22/02/2017 21h:22

Iter existe bel et bien et se poursuit, je travaille dessus. Le Canada s'est retiré de se projet car il ne peut le financer.. Travaillant sur ITER, je peux vous dire que le coût global se décuple en phase construction... Mais pour vous rassurer, cela est peut etre du aux nombreux avantages que les controleurs ont à rester longtemps sur ce projet... En outre, certains composants du TOKAMAK sont devenus obsolètes avec le temps... Mais le choix d'un nouveau composant ne peut être envisagé... Le Canada, s'il se lance réellement dans le projet ITER, devrait attendre 10 ans le temps d'observer les axes d'amélioratioons de cette recherche d'énergie "propre"

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Viel-Enfant
27/03/2018 00h:34

pas de problème pour le deutérium récupérable dans les réacteurs a eau pressurisée et dans les fosses océaniques.Plus difficile pour le tritium (production énergivore). Problème majeur: le confinement. Lors de la fusion, émission de rayonnements supraluminiques de très haute énergie(Vp>C) non confinables par les champs de force mis en oeuvre avec les technologies actuellement disponibles (enceintes miroirs réfractaires réfrigérées et champs de force électro-magnétiques)

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