Le camion en dérapage incontrôléLe marché français s'écroule au niveau de 1963

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Le camion en dérapage incontrôlé

Le marché français s'écroule au niveau de 1963



1993 aura été l'année du grand plongeon. Les ventes de camions sont carrément redescendues en France au niveau de 1963! Et, en Europe, ce n'est guère mieux. Si l'Hexagone baisse de 20% en un an, l'Allemagne chute d'un quart, les Pays-Bas de 40% et l'Espagne de moitié. Et le premier semestre en cours s'annonce médiocre. Une légère reprise est toutefois attendue pour l'été prochain. Mais ne disait-on pas la même chose pour 1993? Les prévisionnistes prévoient prudemment quatre mille camions de mieux en Europe sur l'ensemble de 1994.



Chômage et restructuration chez RVI



Malgré une pénétration européenne sans doute en progrès à 9,4%, RVI a beaucoup souffert l'an passé. En décembre, ses usines ont encore chômé huit jours à Blainville-sur-Orne (Calvados), six à Vénissieux (Rhône), cinq à Bourg-en-Bresse (Ain). Et un plan social prévoit, cette année, la suppression de 1 423 postes. Le seul constructeur français de poids-lourds doit en effet absorber un effondrement de la moitié de sa production européenne en quatre ans. Egalement handicapé, tout comme ses concurrents, par une guerre des prix qui divise parfois les tarifs des catalogues par deux, RVI, a probablement perdu 700 à 800 millions de francs en 1993, selon des sources internes.



Défaire l'alliance franco-suédoise



Dès l'échec de la fusion Renault-Volvo, Louis Schweitzer, P-DG de l'ex-Régie, a prévenu: si l'alliance franco-suédoise était démantelée, il faudrait chercher d'autres partenaires pour RVI. Malgré ses énormes progrès en qualité et en compétitivité, le fabricant de camions n'est que le numéro quatre européen du secteur, loin derrière Mercedes-Benz, Iveco et Man. Il lui faut donc faire des économies d'échelle. La fusion avec Volvo devait justement permettre aux deux constructeurs d'économiser dix-sept milliards de francs dans le poids-lourd d'ici à l'an 2000. Las. L'oeuvre commune déjà entreprise pourrait néanmoins porter ses fruits en 1996 avec une nouvelle famille de moteurs.



Heureusement, l'Amérique repart



RVI a au moins un motif de satisfaction: le marché (des plus de 15tonnes) a progressé d'un tiers aux Etats-Unis en 1993. Grâce à ce redémarrage, sa filiale d'outre-Atlantique Mack compte restaurer enfin ses marges cette année. Restructurée à la hache, la firme au bouledogue s'est même payée le luxe d'augmenter sa part du marché local à 10,7%. Mais la rationalisation de ses achats et de ses composants avec White GMC, filiale de Volvo, risque de tourner court. Cinquième marque de gros bahuts en Amérique du nord, Mack aura aussi besoin à terme d'un partenaire.

A.-G.V.

USINE NOUVELLE - N°2438 -

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