Le CAC 40 va embaucher 100 000 jeunes en alternance

Pendant la crise, le développement de la formation en alternance reste une priorité du chef de l’Etat. Alors qu’en mai, le nombre de contrats signés a fortement chuté, Nicolas Sarkozy a reçu plusieurs PDG de grandes entreprises, s’engageant à recruter des jeunes en apprentissage ou en contrat de professionnalisation.

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C’est bien connu : la meilleure défense c’est l’attaque. Alors que de nombreux experts promettent un second semestre difficile sur le front de l’emploi, le chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, réunissait hier à l’Elysée une cinquantaine de PDG de grandes entreprises et 500 jeunes suivant une formation en alternance.
Cette rencontre faisait suite à la mission de mobilisation des grandes entreprises en faveur de l’apprentissage et des contrats de professionnalisation. Une mission confiée au PDG de Veolia environnement, Henri Proglio, qui a estimé que ce mode de formation constituait « un formidable investissement, peut-être le plus rentable de tous ».
Résultat : les grandes entreprises présentes se sont engagés à recruter 24 000 jeunes de plus en alternance. Ainsi, en 2009-2010, ce seront 100 000 jeunes qui seront concernés par cette forme d’enseignement. Dans son discours, le chef de l’Etat a indiqué qu’ « au moins 140 000 » contrats supplémentaires pourraient être créés ces prochains mois.

Un contexte particulièrement difficile


Cette réunion intervenait dans un contexte difficile. Ainsi, le secrétariat d’Etat à l’Emploi indiquait hier que le nombre de contrats en alternance signés en mai avait sensiblement chuté. Avec 64 228 contrats d’apprentissage paraphés entre janvier et mai, le recul atteint 20 % par rapport aux résultats observés sur la même période de 2008. La baisse est encore plus sévère pour les contrats de professionnalisation. Elle atteint 38 %.
Pour mauvais qu’ils soient, ces chiffres doivent être relativisés. En effet, nombre de contrats sont signés de septembre à novembre, après la rentrée des classes. L’apprenti impétrant s’inscrit dans une école, puis cherche une entreprise où il pourra suivre la partie « pratique » de son cursus. Le recul actuel ne fait peut être que traduire un certain attentisme des chefs d’entreprise, notamment les responsables de PME. D’où l’accent mis sur les plus grandes firmes, qui pourraient être une sorte de relais.

L’emploi des jeunes n’est pas l’ennemi des seniors

La réunion de l’Elysée a été l’occasion pour le chef de l’Etat de rappeler ses convictions en matière d’emploi. L’idée selon laquelle « les préretraites favoriseraient l’emploi des jeunes » a été ravalé au rang de « balivernes ». Pour Nicolas Sarkozy, la promotion de l’emploi des jeunes et de celui des seniors ressortissent de la même politique volontariste de l’emploi.
Ainsi, les 500 jeunes en alternance reçus à l’Elysée ont entendu le chef de l’Etat s’enflammer à leur sujet : « je veux […] qu’on admire les jeunes qui font ce choix […] ces jeunes-là, ils sont la force de la France ». Les autres apprécieront.

Christophe Bys

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