Le câblier Nexans poursuit son redressement à vent contraire

Touché par la crise des matières premières, le câblier français a néanmoins réussi à améliorer sa performance opérationnelle. L’objectif principal de son directeur général, Arnaud Poupart-Lafarge, qui s’est engagé à redresser le groupe d’ici à 2017.

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Arnaud Poupart-Lafarge a une mission : améliorer la performance intrinsèque de Nexans. Le directeur général du câblier veut rattraper le peloton de tête de ses concurrents en termes de marge opérationnelle d’ici à 2017. Lors de sa présentation des résultats du groupe pour l’exercice 2015 ce jeudi 18 février, il a mis un chiffre en avant : la marge opérationnelle est en hausse de 32%, à 195 millions d’euros. Soit un taux de marge qui progresse d’un point, à 4,2% contre 3,2% en 2014.

"La transformation de notre groupe s'est accélérée et produit des effets sensibles. Les actions du plan stratégique ont permis au groupe d'afficher une amélioration de sa marge opérationnelle et une forte baisse de la dette nette ; ceci dans un contexte de marché atone et d'une décroissance de nos ventes, impactés en particulier par le ralentissement sur les marchés de commodités", a déclaré le dirigeant, dans un communiqué.

Le câblier a réalisé un chiffre d'affaires de 6,2 milliards d'euros à cours des métaux courants et de 4,6 milliards d'euros à cours des métaux constants. Soit un recul organique de 1,7% par rapport à 2014. Le ralentissement des investissements dans les secteurs miniers et pétroliers a fait chuter les ventes en Amérique du Nord de 15,2 %. La "décroissance persistante des ventes en Australie" se traduit par une baisse de 6,6% du chiffre d’affaires en Asie-Pacifique.

La Chine, elle, apparaît comme un point positif avec une bonne "dynamique du marché des câbles industriels […], notamment les câbles LAN, les câbles pour le ferroviaire et les faisceaux pour l'automobile." Le groupe a aussi reculé en Europe (-2,1%) "sous l'effet conjugué d'un marché n'ayant pas redémarré et de la démarche volontaire du groupe visant à privilégier les ventes à plus forte valeur ajoutée par rapport aux volumes."

Dette réduite de 260 millions d'euros

La restructuration industrielle lancée fin 2013 en Europe, Asie-Pacifique et Amérique du Nord a pesé pour 100 millions d’euros de charge dans les comptes du groupe. S’y sont notamment ajoutés 130 millions d’euros de dépréciations d’actifs en Amérique du Nord, Asie Pacifique et Amérique du Sud liés à la dégradation des prix des matières premières.

Résultat, Nexans affiche une perte nette de 194 millions d’euros, aggravée par rapport aux 168 millions enregistrés en 2014. Soit un quatrième exercice dans le rouge en cinq ans. La dette a cependant été réduite à 201 millions d’euros contre 460 millions à fin décembre 2014, grâce notamment à une réduction du besoin en fonds de roulement de 345 millions d’euros. Un autre point clé de l’action menée par Arnaud Poupart-Lafarge.

Pour 2016, le dirigeant ne donne pas d’objectifs financiers mais veut poursuivre son action : "La forte dynamique de nos actions de transformation se poursuit en 2016 malgré la baisse de charge attendue dans le secteur Oil & Gas en particulier. Nos priorités de l'année demeurent l'amélioration de notre retour sur capitaux employés, la limitation de la consommation de cash et la pérennisation des efforts de réduction du besoin en fonds de roulement. Fort de la mobilisation et du soutien accru de l'ensemble de ses employés, le groupe reste confiant dans sa capacité à atteindre les objectifs stratégiques 2017", conclut-il.

Manuel Moragues

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