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L'Usine Aéro

Le budget R&D cybersécurité de la DGA multiplié par trois

Ridha Loukil , , , ,

Publié le , mis à jour le 29/01/2013 À 14H42

Au Forum international de la cybersécurité, le ministre délégué aux anciens combattants Kader Arif a annoncé porter le budget de la DGA de soutien à la R&D dans ce domaine entre 30 et 35 millions d’euros par an, contre 10 millions jusqu’ici. Une façon de répondre au besoin de souveraineté, mais pas suffisant pour développer la filière française.

Le budget R&D cybersécurité de la DGA multiplié par trois © Dalo_Pix2 - Flickr - C.C.

Quelle politique industrielle en matière de cybersécurité ? La question est au cœur des débats au deuxième jour du Forum international de la cybersécurité organisé les 28 et 29 janvier 2013 à Lille par la Gendarmerie Nationale, le Conseil Régional du Nord-Pas-de-Calais et la société de conseil stratégique CEIS. Auteur du rapport "Cyberdéfense : un enjeu mondial, une priorité nationale", publié en juillet 2012, le Sénateur du Haut Rhin Jean-Marie Bockel milite pour une politique industrielle renforcée au service de la souveraineté nationale et du développement économique. "Nous disposons déjà d’un trésor avec la maîtrise de technologies clés comme la cryptologie ou la carte à puce, explique-t-il. Mais nous avons aussi des lacunes en matière de financement des PME, de commandes publiques, trop faibles sans parler d’un positionnement trop franco-français de petits acteurs."

Aussi réclame-t-il au gouvernement l’accroissement des moyens de la DGA (Délégation générale de l’armement) consacrés au soutien de la R&D dans le domaine de la cybersécurité. Car pour lui, il n’y a pas de frontière entre cyberdéfense et économie. "La cybersécurité est une problématique transverse, détaille-t-il. Elle concerne la défense nationale mais aussi la sécurité des infrastructures d’intérêt vital et toutes les entreprises. Les technologies mises en œuvre sont duales. Il est essentiel que la France conserve son autonomie en aidant au développement d’une base industrielle de cybersécurité comme nous avons su le faire pour la défense. Nous avons besoin d’une industrie souveraine et complète dans ce domaine." 

Plus de moyens à la DGA

Il semble avoir été entendu, du moins par Jean-Yves Le Drian, Ministre de la défense. Retenu à Paris par les opérations militaires au Mali, il a dépêché Kader Arif, son ministre délégué chargé des anciens combattants. Ce dernier a rappelé la réorganisation en 2012 des chaînes opérationnelles des armées en incluant une dimension cyberdéfense. La capacité technique de cette chaîne de cyberdéfense incombe à la DGA. Le ministre délégué a surtout annoncé l’augmentation du budget de la DGA allouée au soutien de la R&D dans la cybersécurité. Le budget est porté entre 30 et 35 millions d’euros par an, contre environ 10 millions jusqu’ici. Et le ministre promet de poursuivre le renforcement de cet effort dans les années à venir.

Jean-Michel Orozco, PDG de Cassidian CyberSecurity, une société créée en 2012 par EADS pour se développer sur le marché de la cybersécurité, se félicite du support de l’État en cours de gestation en faveur de l’investissement en R&D. "Mais il faut aller plus loin, plus vite et plus fort, recommande-t-il. Les acteurs américains ont l’avantage d’un marché plus vaste et d’une prise de conscience des enjeux de cybersécurité précoce en avance de dix ans sur la France. Des acteurs comme Boeing, Lockheed-Martin, Symantec ou McAfee font plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires. Il n’existe aucun acteur en Europe de cette taille."

Dilemme entre économie et souveraineté

La faiblesse de l’industrie française de cybersécurité réside dans le fait que ses acteurs n’ont pas la taille critique pour mener une politique de R&D efficace et s’attaquer à l’international. Cassidian et Thales affirment consacrer 20 % du chiffre d’affaires à la R&D dans la cybersécurité, contre environ 10% dans les activités de défense. Mais pour gagner en efficacité, il faut selon Cassidian CyberSecurity agir au niveau européen pour mutualiser les efforts de recherche et augmenter la surface de commercialisation.

Mais là, attention aux questions de souveraineté nationale. C’est le grand dilemme de l’industrie française de cybersécurité : comment concilier l’impératif de souveraineté national et le besoin économique de coopération européenne ? Pour Guillaume Poupard, responsable du pôle de sécurité des systèmes d’information à la DGA, il est important de garder certains secrets et de ne pas tout partager au niveau européen :  "Il en va de la crédibilité de la France dans ce domaine."

Ridha Loukil

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