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Le Brexit ne menace pas les coopérations militaires franco-britanniques

Hassan Meddah , , , ,

Publié le

Le Royaume-Uni est le partenaire privilégié de la France en matière de Défense. Leurs coopérations opérationnelles et industrielles étant basées sur des accords bilatéraux, le Brexit devrait avoir peu de conséquences.

Le Brexit ne menace pas les coopérations militaires franco-britanniques
Un Eurofighter Typhoon (au premier plan) et un Rafale
© Mark Harkin CC Flickr

Brexit oblige, Patrice Caine le PDG de Thales a posté dès ce vendredi matin 24 juin sur l’intranet de l’entreprise un message destiné à rassurer les 62 000 salariés du groupe. "Le Royaume-Uni a connu une année record en termes de prises de commandes et a renoué avec la croissance et la profitabilité. Nous restons déterminés à y poursuivre le développement de nos activités", écrit-il. Thales réalise 10% de son chiffre d’affaires, et emploie plus de 6000 salariés répartis dans l’ensemble du territoire.

Au-delà de Thales, la coopération franco-britannique en matière de défense, sur le plan industriel, tourne à plein régime. Dassault Aviation travaille en coopération avec son homologue BAE Systems sur un programme d’études d’avion de combat du futur. Un programme qui embarque également Safran et Rolls-Royce pour la motorisation. De son côté, MBDA incarne une autre forme de cette coopération. Le fabricant européen de missiles, est avant tout un acteur franco-britannique avec ses principaux bureaux d’études basés de part et d’autres de la Manche…

Cette proximité industrielle est largement liée aux intérêts stratégiques convergents des deux pays. De fait, la France et le Royaume-Uni sont très proches en matière de défense. Tous les deux sont membres permanents au comité de sécurité de l’ONU et sont détenteurs de l’arme nucléaire. Ils ont mené en étroite coopération leur intervention en Libye en 2011.

"Le Royaume est notre partenaire privilégié dans le domaine militaire. Avec la France, c’est le seul en Europe à avoir les capacités et la volonté de maintenir un appareil de défense crédible et actif", indique-t-on dans l’entourage du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Un entourage qui se veut rassurant : "Suite au vote d’hier, il n’y a pas de menaces sur les projets industriels en cours".

L'Europe de la défense en panne

La raison est simple : les coopérations franco-britanniques résultent d’accords bilatéraux et ne sont pas organisées sous l’égide de l’Union Européenne. Les deux pays ont en effet signé l’accord de Lancaster House en 2010 développant de nombreuses coopérations dans le domaine de l’aviation de combat du futur, des missiles, de la guerre anti-mines… Par ailleurs, l’Europe de la défense n’a jamais réellement décollé. Ainsi Hervé Guillou président du Cidef (Conseil des Industries de Défense Françaises) déplore même un élan perdu : "Je constate qu'au début des années 90, il y avait une vingtaine de programmes en coopération. Depuis on n'en a pas relancé ou très peu, comme la Frégates multimissions, ou l'A400M".

Les industriels se veulent aussi rassurants. MBDA en tête. Il faut dire que l’entreprise porte l’initiative la plus avancée en matière de coopération franco-britannique sur la défense. La France avec 4500 salariés et le Royaume-Uni avec 3000 salariés, sont les pays moteurs pour ce groupe européen de 10 000 salariés environ. Pour éviter de dupliquer les compétences technologiques et industrielles de part et d’autre de la Manche, les deux pays ont partagé les expertises. Ainsi, certaines des technologies à bord du futur missile moyenne portée français, le MMP, sont conçues exclusivement dans des bureaux d’études basés au Royaume-Uni. L’inverse est également vrai. Le traité de Lancaster House prévoit aussi le développement d’un missile anti-navire léger tiré par hélicoptère. "Les accords avec les Britanniques sont bilatéraux Le Brexit ne changera rien", estime-t-on chez l’industriel.

Les PME embarquéEs dans la coopération franco-britannique

C’est également l’avis de l’un des organisateurs de la convention d’affaires Doing Business Together in Defense and Security, qui réunit les industriels de la défense des deux pays. Dans la foulée des accords de Lancaster House, l’agence régionale de développement et d’innovation (BDI) de la région Bretagne avait co-organisé l’évènement. "Cela a été un très gros succès. Nous avons accueilli à la dernière édition près de 200 participants dont une cinquantaine de PME françaises et une vingtaine de PME britanniques. Le thème concernait les outils de simulation à destination de la conception industrielle et de l’entrainement des forces", souligne Eric Lambert-Duverneix, conseiller dans le domaine de la sécurité et de la défense pour BDI. Les organisateurs planchent déjà sur une troisième édition qui se déroulera probablement à Farnborough en Angleterre, en juin 2017, sur les thèmes de la cybersécurité et la guerre des mines.

Hassan Meddah

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