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L'Usine Agro

Le Brésil, incontournable pour la stratégie de Tereos

Adeline Haverland , , , ,

Publié le

Alors qu'il traverse une véritable crise de gouvernance dans l'Hexagone et que débute ce 14 septembre la campagne betteravière française, Tereos, numéro 2 mondial du sucre, confirme sa stratégie de diversification et ses investissements au Brésil.

Le Brésil, incontournable pour la stratégie de Tereos
Un site brésilien de Tereos vu du ciel - Foto: Ferdinando Ramos/Plus Images
© Plus Images -

Des camions remplis de cannes à sucre qui font la queue à l’entrée de l’usine de Cruz Alta, des extracteurs qui fonctionnent 24h sur 24... Dans le centre ouest du Brésil, près de Sao José de Rio Preto, la campagne de récolte de la canne à sucre bat son plein.

C’est ici que Tereos, la coopérative betteravière française a décidé, en 2000, d’investir. "Nous avons été les premiers étrangers à investir dans le sucre au Brésil au début dans les années 2000" s’enorgueillit Alexis Duval, président du directoire de la coopérative française. Une décision que le dirigeant explique par la volonté du groupe de se préparer à la fin des quotas européens, intervenue en 2017.

1 tonne de sucre sur 2 originaire du Brésil

Entre temps, Cargill, Bunge et Dreyfus ont suivi l’exemple français. Il faut dire que, depuis, le Brésil s’est imposé comme un acteur incontournable sur le marché mondial du sucre. Avec 30 millions de tonnes produits en 2017, une tonne de sucre sur deux exportées dans le monde provient du pays sud-américain. "Il n’est aujourd’hui pas possible d’avoir une offre crédible sur le marché du sucre sans être présent au Brésil", prévient Alexis Duval.

Pour profiter de ce nouveau marché, Tereos a décuplé sa présence chez le géant d’Amérique Latine. Aujourd’hui, la coopérative y possède sept usines qui extraient 20 millions de tonnes de sucre à partir de la canne, soit l’équivalent de ce qu'elle produit en France à partir des betteraves. Le tout est récolté sur 300 000 hectares de cannes, essentiellement localisés dans l'Etat de Sao Paulo d'ou provient plus de 60% de la production brésilienne. 

Contrairement à la France, ici, Tereos a fait le choix d’acquérir ses propres champs. Sur les 300 000 hectares exploités pour faire tourner les usines, 150 000 sont gérés directement par l’entreprise et ses 5 000 employés brésiliens. Le reste est exploité par des producteurs indépendants qui revendent, au prix de 17 euros la tonne, la canne à la coopérative.

Un partenariat logistique

Dans un pays où 90% des nouveaux véhicules fonctionnent à l’éthanol, les récoltes de Tereos servent à la fois à la production de sucre ou du carburant naturel. Une répartition de la production qui varie en fonction des cours de marché : "En ce moment, le prix du sucre étant très bas, nous privilégions l’éthanol et stockons le sucre en attendant la remontée des prix" explique Jacyr Costa Filho, responsable Brésil pour l’entreprise. Pour soutenir son activité brésilienne, le groupe vient d’ailleurs d’annoncer la signature d’un partenariat avec le transporteur VLI. Objectif : profiter des infrastructures commerciales et logistiques de ce nouveau partenaire pour booster les exportations de sucre.

D'ici à 2010, VLI va construire un entrepôt dédié à la production de Tereos à Santos, le plus grand port d’Amérique du Sud, d’où part la majorité des exportations brésiliennes. La construction de ce nouveau terminal représente un investissement de 200 millions de réaux réalisé conjointement avec l’entreprise de transports. "Cet investissement renforcera la présence de Tereos au Brésil", précise Alexis Duval.

Des résultats questionnés en interne

La stratégie de Tereos semble porter ses fruits, le groupe est devenu, en 2017, numéro 2 mondial du secteur et les activités de diversification affichent un résultat net positif de 145 millions d’euros. Des arguments qui, en interne, ne convainquent pas tout le monde.

Depuis le mois de juillet, la coopérative passe par une véritable crise de gouvernance à la suite de l’élection du nouveau président du conseil de surveillance et l’exclusion par ce conseil de trois membres. Une décision qui a provoqué la démission de 70 membres des conseils de régions. Les frondeurs reprochent aujourd’hui au groupe son opacité financière et questionnent les résultats de la stratégie de diversification.

"Etre une coopération ne nous protège pas contre les crises internes",  relativise Alexis Duval, pour lequel l’incident dépasse les questions de gouvernance. Pour calmer le jeu, Tereos a proposé l’organisation d’élections anticipées pour compléter les conseils régionaux. "Cette période a été difficile, mais le moment de l’apaisement est venu", précise Tereos. Reste à savoir si la mesure sera suffisante pour calmer les esprits.

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