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Le bras de fer se durcitdans les secteurs

Solène Davesne ,

Publié le

Le 1er janvier 2009, la loi sur la réduction des délais de paiement entrera en vigueur. Aujourd'hui, la négociation d'accords dérogatoires fait l'objet de débats entre industriels et distributeurs.

Les entreprises citées

EdF a devancé l'appel. L'électricien va appliquer avec un mois d'avance, dès le 1er décembre, le paiement à 60 jours de ses fournisseurs prévu par la loi de modernisation de l'économie (LME). L'initiative risque de relancer le débat. Depuis plusieurs semaines, la crise financière a tendu les discussions entre industriels et distributeurs sur l'application de la loi au 1er janvier.

Les représentants du commerce, l'Institut de liaisons et d'études des industries de la consommation (Ilec) et le comité français des constructeurs automobiles (CFCA) réclament un moratoire. Les industriels défendent la mise en oeuvre, le plus tôt possible, de la réforme. « Ce n'était pas le moment de toucher au crédit interentreprises, lorsque le crédit bancaire est au point mort », concède Thierry Willieme, le président de l'affactureur GE Factofrance.

Hervé Novelli, le secrétaire d'Etat aux PME, a affiché, le 30 octobre dans « LSA », un avis clair : pas de moratoire ! Par défaut, les fédérations de la distribution se concentrent sur les négociations pour aboutir à des accords dérogatoires prévus par la loi pour étaler jusqu'en 2012 la réduction des délais.

Certains secteurs ont déjà pris les devants. Dans le secteur du jouet, un accord dérogatoire a été signé début septembre entre la Fédération française des industries du jouet et de la puériculture (FJP) et la distribution spécialisée. Le secteur réalise 60 % de ses ventes sur les trois derniers mois de l'année. « Dans les magasins de jouets, la rotation des stocks est de 212 jours. Réduire brutalement les délais de paiement les aurait obligés à réduire leurs stocks et leurs assortiments. Ce qui n'est pas bon pour les industriels », note Bruno Bérard, le responsable des relations industrie et commerce de la FJP et directeur général de Playmobil France. Confrontés aux mêmes problèmes de saisonnalité des ventes, les fabricants d'articles de sport et de machines agricoles doivent signer un accord avec leurs réseaux de distribution respectifs.

Dans le bâtiment et le bricolage, les négociations sont plus tendues. Unibal, qui regroupe près de 40 % des industriels du bricolage, a signé le 16 octobre un accord avec la fédération des magasins de bricolage (FMB) pour passer de 75 jours fin de mois en 2009 à 45 jours en 2012. Mais la Fédération des industries mécaniques (FIM), entre autres, refuse d'y être associée. « Les industriels doivent déjà supporter le coût du stockage chez eux, donc rien ne justifie la dérogation », argumente Claude Charrier, le directeur général de la FIM.

Le 26 octobre, les industriels des sanitaires et du chauffage ont signé une lettre d'intention avec la Confédération du commerce interentreprises (CGI) et la Fédération française du bâtiment pour élaborer un accord. « Mais 80 % de nos fournisseurs n'étaient pas là, dont les plus importants », regrette la CNBM qui regroupe les négociants du bois et des matériaux. Le cabinet d'Hervé Novelli multiplie les contacts pour encourager la signature d'accords dérogatoires les plus englobants possibles. « Notre accord n'est considéré applicable que s'il est élargi par décret à toute la filière. C'est au gouvernement de prendre ses responsabilités », avertit Claire Beauvais, la secrétaire générale de la FMB. Dans l'automobile, la loi s'appliquera au 1er janvier. Les constructeurs français (CCFA) se sont heurtés à une fin de non-recevoir du Comité de liaisons des fournisseurs de l'automobile, qui regroupe l'ensemble des sous-traitants de la filière. « Le passage de 90 à 60 jours représente pourtant près de 3 milliards d'euros de trésorerie. La crise financière nous fragilise déjà », plaide le CCFA. Dans l'agroalimentaire, l'application de la loi n'a pas fait débat. Mais les distributeurs négocient des compensations financières. « Les baisses de prix exigées vont souvent au-delà du coût de l'argent. On ne veut pas que les délais de paiement deviennent une nouvelle source de financement occulte », critique l'Ania (Association nationale des industries agroalimentaires). D'autres secteurs menacent de délocaliser leur plate-forme d'achats à l'étranger. « Dans une conjoncture difficile, un fournisseur aura du mal à dire non à un client qui demande un délai de paiment », reconnaît Thierry Willeme.

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