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Le bon lait d'Isigny

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Made in France

Le bon lait d'Isigny
L’usine d’Isigny-sur-Mer, flambant neuve, travaillera exclusivement pour le marché chinois.

Impossible à rater. À l’entrée de la bourgade d’Isigny-sur-Mer (Calvados), une usine flambant neuve affiche sa massive forme gris foncé. Cette unité de lait en poudre qui va bientôt entrer en production cache une particularité. Elle travaillera à 100 % pour le marché chinois. L’usine est le fruit d’un partenariat inédit conclu en 2013 entre le groupe chinois Biostime et la Coopérative Isigny-Sainte-Mère, célèbre pour son camembert et son beurre fin.

Objectif pour Biostime : répondre à la demande intérieure inouïe de lait infantile « tracé », après les multiples scandales qu’a connu la Chine.

Le groupe a d’ailleurs payé 40 % des 50 millions d’euros d’investissement. Isigny, dont la capacité était arrivée à saturation, s’assure un marché haut de gamme pour atteindre, à terme, 30 000 tonnes de poudre de lait. De quoi conforter la belle aventure de la coopérative fondée en 1932.

Le succès d’Isigny, les amateurs de fromage le savent bien, repose d’abord sur une qualité légendaire… gage de prix élevés. Camembert, mimolette, beurre ou lait en poudre… Depuis des décennies, elle aligne les médailles au Concours général agricole. Ses produits vendus pour moitié à l’export se retrouvent à la table des meilleurs restaurants de France ou du monde. « C’est le fruit de notre terroir normand conjugué à une attention à tous les détails : de la conduite des élevages à nos process industriels », lance Daniel Delahaye, le directeur général depuis deux décennies.

La recette d’Isigny tient aussi à un subtil équilibre commercial. Hors export, la coopérative vend ses produits pour un tiers aux industriels, un autre à la grande distribution et un dernier au réseau des fromagers. Résultat : elle a toujours affiché une croissance régulière et une rentabilité enviable.

Après compléments de prix aux éleveurs, en 2013, elle a réalisé 2,6 millions d’euros de bénéfice net pour 261 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’activité devrait faire un bond de 20 % grâce à l’usine « chinoise ». Avec une centaine d’emplois à la clé en plus des 600 actuels. Pour Isigny, citée en exemple lors de la visite en France du président Xi Jinping l’an passé, les propositions d’alliance n’ont jamais manqué.

Depuis trente ans, elle a toujours refusé de céder à la frénésie des fusions agitant le monde des coopératives agricoles. Pourquoi changer ? Ses 500 éleveurs perçoivent un prix du lait parmi les plus élevés en France. L’arrivé de Biostime a d’ailleurs provoqué de vifs débats internes car, pour assurer ses arrières, le chinois a tenu à prendre 10 % de l’entreprise via des obligations convertibles. Explications aidant, la « démocratie coopérative » a validé l’accord. Pas une réponse de normand.

Pierre-Olivier Rouaud

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