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L'Usine Agro

"Le bois français est trop cher", affirment les tonneliers

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Entretien Alors que l’activité de la tonnellerie française reprend des couleurs, les entreprises tirent la sonnette d’alarme sur les hausses de matières premières auxquelles elles sont confrontées. Jean-Luc Sylvain, le président de la fédération de la tonnellerie française critique ouvertement la façon dont l’Office national des forêts (ONF) leur vend le bois de chêne. 

Le bois français est trop cher, affirment les tonneliers
Jean-Luc Sylvain, directeur de la tonnellerie Sylvain et président de la Fédération de la tonnellerie française.
© Pascal Xicluna ©Pascal Xicluna/Min.Agri.Fr

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

L'Usine Nouvelle - Après plusieurs années moroses, le secteur de la tonnellerie française semble connaître un regain de croissance. Comment l’expliquez-vous ?

Jean-Luc Sylvain - Le chiffre d’affaires des entreprises adhérentes à la fédération des tonneliers de France a progressé de 10 % à 390,9 millions d’euros en 2015, soit 592 300 fûts fabriqués, en augmentation de 8,3% sur un an. Nous avions connu un creux historique en 2009, avec la crise. Aujourd’hui, nous avons des marchés qui ont retrouvé la croissance, particulièrement aux Etats-Unis. Le marché français reste également porteur. La récolte devrait être de bonne qualité dans le bordelais. Cela compense les difficultés économiques des pays de l’hémisphère sud, comme l’Argentine, le Brésil et le Chili.

La France conserve la première place mondiale en matière de tonnellerie, alors qu’il y a de plus en plus de pays viticoles. Est-elle menacée ?

La qualité exceptionnelle du bois, particulièrement des chênes des forêts domaniales autour de la Loire, permet à la France de rester leader. Nous sommes le pays où on trouve le plus de beaux chênes au monde. On le doit au ministre de Louis XIV, Jean-Baptiste Colbert, il y a plus de 350 ans. Ces forêts sont gérées aujourd’hui par l’Office national des forêts (ONF). Mais nous constatons une inquiétante envolée de nos prix d’achats. Aujourd’hui, le bois français est trop cher.

Comment expliquez-vous cette situation ?

Les modes de commercialisation du bois de chêne changent. Confronté à des difficultés financières, l’ONF cherche à augmenter sa rentabilité et développer de nouveaux services plus rémunérateurs, comme l’abattage des chênes, qu’il ne faisait pas avant. Avant, nous achetions directement en "bois debout". Résultat, il y a moins de réactivité et de transparence et les prix flambent. En moyenne, la hausse a atteint entre 10 à 12 % ces derniers mois. Or, notre matière première vient à près de 80 % de l’ONF et des forêts privées. L’ONF profite de sa situation dominante sur le marché pour imposer ses prix.

Pensez-vous que cela soit de nature à mettre en danger la filière de la tonnellerie française ?

Depuis 10 ans, la rentabilité des tonneliers baisse (ndlr : la rentabilité nette est de 10 % en moyenne). Si le Cognac et les vins de Bordeaux se vendent aussi chers aujourd’hui dans le monde, c’est aussi grâce à notre savoir-faire. Mais aujourd’hui, notre filière est en danger. En plus des prix à la hausse du bois que nous achetons, nous sommes confrontés à des pertes de matières premières dans les lots livrés par l’ONF. Beaucoup d’arbres sont abimés et nous sommes obligés de recruter du personnel supplémentaire pour passer après les agents de l’ONF. Nous sommes obligés d’augmenter nos prix, mais nous ne pouvons pas répercuter intégralement nos charges supplémentaires. De plus en plus de clients préfèrent acheter des barriques à l’étranger, car elles sont moins chères. Une barrique française coûte en moyenne 900 euros, alors qu’une barrique des pays de l’Est vaut dans les 700 euros. Cette différence se creuse de plus en plus.

Propos recueillis par Adrien Cahuzac

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