Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Matières premières

Le bois échauffe les esprits

Olivier James ,

Publié le

Alors que le bois français traverse une passe difficile, Nicolas Sarkozy vient d'annoncer une série de mesures pour relancer la filière. Un soutien qui crée des tensions avec d'autres acteurs de la construction. Voire au sein même de la filière.

La filière bois veut entrer dans la cour des grands. Mais cet objectif ne fait pas que des heureux... Afin de sortir ce secteur économique du marasme (voir le dossier de « L'U. N. » n° 3141), le président Nicolas Sarkozy a annoncé une série de mesures le 19 mai, lors d'une visite à la scierie alsacienne Siat-Braun, d'Urmatt. Notamment la mise en place d'un fonds d'investissement stratégique doté d'une enveloppe de 100 millions à 150 millions d'euros. Depuis, les réactions fusent.

Alors que le secteur très atomisé du bois affiche un déficit commercial abyssal de 6,3 milliards d'euros et qu'il s'est trouvé fragilisé par la tempête Klaus du 24 janvier dernier, ce plan de relance est l'objet de tous les espoirs pour les professionnels de la filière et de toutes les inquiétudes pour certains industriels, qui y voient une concurrence déloyale.

DE GRANDS INDUSTRIELS POURRAIENT AIDER LA FILIÈRE

Les acteurs de la filière bois observent avec satisfaction leur rapprochement avec de grands groupes français de la construction et de l'énergie. Car, déjà, des noms d'industriels circulent, qui pourraient contribuer à ce fonds d'investissement, comme Eiffage, Bouygues, Total, Suez, Dalkia (Veolia)... Pour autant, mis à part le Crédit agricole, qui s'est d'ores et déjà engagé à hauteur de 5 millions d'euros, et Dalkia, qui affirme ne pas s'être encore positionné, ces grands groupes restent muets sur le sujet. Si ce fonds doit donc encore prendre forme, Dominique Juillot, le président de l'interprofession France Bois Forêt, y voit les prémices d'une nouvelle ère pour la filière. « Ces industriels estiment que le bois commence à représenter un secteur important dans la construction. Et dans la mesure où le prix d'achat de l'électricité issue de la biomasse serait multiplié par trois, le bois-énergie deviendrait lui aussi un vrai business. »

« Ces mesures sont le fruit d'un lobbying mené depuis quinze ans, et notamment à l'Assemblée nationale », proteste Hans Hamel, le délégué général de BlocAlians, un groupement d'industriels fabricants de blocs béton. Après avoir dû affronter l'irruption de la brique en France, il y a environ une quinzaine d'années, ces derniers s'inquiètent désormais de la présence d'un nouvel acteur capable de les concurrencer, notamment avec les panneaux bois. Et qui bénéficie d'une excellente image auprès de la population ! Pour le moment, les maisons à ossature bois ne représentent que 5 % des nouvelles constructions. Mais pour les fabricants de blocs béton et de briques, c'est une menace : en ces temps de vaches maigres, chaque morceau du gâteau est âprement disputé.

« L'enjeu est d'améliorer les parts de marché du bois dans la construction par rapport aux autres matériaux, assure Laurent Denormandie, le président de la Fédération nationale du bois (FNB). Le développement de l'isolation par l'extérieur en est un exemple très concret. » Avec une telle prise de position, les concurrents s'enflamment : « Les mesures annoncées vont encore accélérer l'importation de bois, déjà très importante », prévient Pierre Jonnard, le président de la fédération française des tuiles et briques et directeur général de la division terre cuite d'Imerys. « On favorise les sociétés étrangères », dénonce en écho Hans Hamel.

Et de citer, de concert, les importantes émissions de CO2 liées au transport du bois en raison du déficit commercial marqué, les produits employés comme les colles, vernis et autres traitements, les poussières cancérigènes, le surcoût des constructions en bois et l'absence de valeur patrimoniale de telles bâtisses... Bref, hormis pour la charpente et les menuiseries, le bois est selon eux « une mode passagère », amplifiée par des politiques soucieux de surfer sur la vague du développement durable. « Ils perdent leurs nerfs ? C'est bon signe ! se réjouit Dominique Juillot. Ces industriels nous regardent enfin avec considération. Et ce soutien va justement limiter les importations. »

L'ACTIVITÉ BOIS-ÉNERGIE EST LA PLUS FAVORISÉE

Dans la bataille qui s'annonce, la filière bois peine à serrer les rangs. Car des luttes intestines commencent à voir le jour. Les filières traditionnelles, comme le papier et l'ameublement, très déficitaires, s'interrogent sur le soutien dont bénéficie le bois-énergie. « Je regrette l'absence totale de mesures concernant l'ameublement, explique Laurent De Sutter, le président de L'Union des industries des panneaux de process. Nous devons éviter la concurrence avec le bois-énergie et trouver les moyens d'organiser une hiérarchisation du bois. Cette activité doit venir en complément. » Autrement dit, oui au bois-énergie... à condition qu'il exploite une ressource additionnelle, ne venant pas tarir celle consommée par les acteurs déjà en place.

Les différents industriels de la filière attendent beaucoup des mesures annoncées par Nicolas Sarkozy, même si elles en sont encore au stade de l'intention, aucune date n'ayant pour le moment été fixée. La filière bois est-elle en passe de s'industrialiser ? Les principaux acteurs, bien entendu, touchent du bois.

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

1000 INDICES DE REFERENCE

  • Vous avez besoin de mener une veille sur l'évolution des cours des matières, la conjoncture et les coûts des facteurs de production
  • Vous êtes acheteur ou vendeur de produits indexés sur les prix des matières premières
  • Vous êtes émetteur de déchets valorisables

Suivez en temps réel nos 1000 indices - coût des facteurs de production, prix des métaux, des plastiques, des matières recyclées... - et paramétrez vos alertes personnalisées sur Indices&Cotations.

 

LES DOSSIERS MATIERES

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle