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Le blues du manager

Christophe Bys

Publié le , mis à jour le 17/11/2016 À 16H40

baromètre Pour la 18e année, la Cegos publie un baromètre sur le climat social. Si l'ambiance n'est pas à "la fête à neuneu", salariés et managers perçoivent un climat stable par rapport à l'an dernier. La multiplication des accords sur la qualité de vie au travail y est sûrement pour quelque chose. Et le numérique semble apprivoisé.Toutefois, un point rouge apparaît : une proportion non négligeable de managers semblent éprouver un certain ras-le-bol, d'autant qu'ils s'estiment pas récompensés justement.    

Le blues du manager
Les managers broient du noir et c'est une mauvaise nouvelle pour les DRH.

Enfin une bonne nouvelle pour les salariés et les managers ? Alors que depuis des mois, voire des années, les études se suivent et font le même constat négatif, la 18e édition du baromètre social de la Cegos laisse entrevoir une amélioration. A moins que les DRH et les DG aient pris la mesure du problème commencent à agir. C’est ce que laisse penser le fait que 41 % des DRH et RRH (avec un R pour responsable) disent avoir signé un accord sur la qualité de vie au travail, une réponse en progression de 25 points par rapport à l’an dernier.

Moi y'en a vouloir des sous 

Malheureusement l’étude de la Cegos ne dit pas si ces accords contiennent les mesures attendues par les salariés. A savoir pour le trio de tête de réelles perspectives d’évolutions (cité par 68 % des salariés et 67 % des managers), des relations de travail plus coopératives (62 et 67 %) et une amélioration de l’efficacité des processus de travail (55 et 69 %). Toujours est-il que par rapport à l’année dernière, le nombre de managers disant que le climat social s’est détérioré dans son entreprise recule de 20 points pour s’établir à 30 %. Chez les salariés, la proportion est de 41 % en baisse de 1 point par rapport à l’an dernier et de 12 points par rapport à 2014. A moins de croire que la nature humaine s’habitue à tout même au pire, on peut raisonnablement faire l’hypothèse que les entreprises ont réussi à ralentir le développement d’un certain malaise au travail.

Parmi les nombreux enseignements de cette très complète enquête, on trouve une étude des principaux leviers de motivation. Contrairement à tout ce qui s’écrit depuis des années en matière d’engagement et de motivation, le salaire redevient un facteur essentiel. C’est même le deuxième cité par les salariés, ex-aequo avec les conditions de travail (cité par 36 % des personnes interrogées) et surtout le premier pour les managers (46 % en progression de 10 points).

Des règles de rémunération opaques ?

Ce qui pose problème avec les salaires c’est que beaucoup de monde se sent lésés. Si deux tiers des managers considèrent que le système de rémunération globale est satisfaisant dans son entreprise, 51 % seulement considèrent que le niveau de rémunération est équitable pour un même niveau de contribution. Ils ne sont plus que 40 % (!) à considérer que les augmentations salariales prennent suffisamment en compte le mérite individuel. Le grain à moudre étant plus rare, les augmentations individuelles se généralisant dans une relative opacité conduisent les managers à penser qu’ils ne sont pas personnellement bien récompensés. Quand on en vient à penser que son employeur ne récompense pas justement l’effort, il n’est guère étonnant de voir une baisse de motivation.

D’autant que tout laisse penser que les managers sont comme les héros : fatigués, très fatigués même. Chez ces derniers, l’intérêt et la variété du poste obtient certes la première place des facteurs de motivation avec 49 % de réponses mais, la dégringolade est sévère : la réponse recule de 20 points par rapport à l’an dernier. De même, si 71 % des managers donne la note de 8 et plus pour sa motivation, c’est 11 points de moins qu’en 2015. Toujours ce décrochage d’une partie de l’encadrement..

Un stress très dangereux pour un quart des managers

La lecture de l’étude montre une population qui donne l’impression d’avoir beaucoup donné, accepté beaucoup de responsabilités – toujours un peu plus – et qui se demande si le jeu en valait la chandelle. Une autre réponse éclaire cette situation nouvelle. 64 % des managers déclarent subir un stress régulier dans leur travail, une proportion en recul de 9 points. Mais parmi les stressés, ceux qui pensent que ce stress a un impact sur leur santé progresse de 8 points pour atteindre 74 %. Parmi les raisons qui expliquent le stress, les managers citent la charge de travail trop importante (63 %), un manque ou une mauvaise organisation du travail (37 %), la pression externe des clients, fournisseurs… (36 %).

Le stress devient-il plus pesant ? Ou les managers commencent-ils à ne plus jouer le jeu et accepter de dire que trop c’est trop ? L’étude ne permet pas de le dire, mais aucune des deux hypothèses n’est rassurante pour les directions générales et les DRH.  D’autant qu’un quart des managers (contre 19 % l’an dernier) déclare que le travail a déjà causé des problèmes psychologiques graves (dépression, burn-out…).

Pour ceux qui préfèrent les verres à moitié plein, on notera que les managers sont plutôt bien informés des possibilités d’évolution qui leur sont offertes. 65 % pensent que leur entreprise leur donne la possibilité de construire leur projet professionnel et se considèrent bien informés de l’évolution des métiers au sein de leur entreprise.  58 % sont satisfaits de la manière dont leurs compétences sont développées et 64 % de la manière dont elles sont évaluées. Reste plus qu’à les rémunérer…

QUEL EST L’IMPACT DES OUTILS NUMÉRIQUES SUR LE TRAVAIL ? 
C’est une partie de l’étude de la Cegos qui laisse penser que rapports et missions d’information ne sont pas vains. La question de l’impact du numérique sur l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle semble être de mieux en mieux apprivoisé. Après un premier temps où tout semblait permis (même le courriel Urgent envoyé à 5 heures du matin par un chef insomniaque ou le SMS du dimanche soir) les usages se civilisent. 83 % des salariés et 76 % des managers disent bien arriver dans leur tête à séparer vie pro et vie perso. 79 % des salariés et 80 % des managers sont satisfaits de l’organisation des horaires, même si 62 % des managers est amené à travailler sur son temps personnel et 47 % d’entre-eux sont sollicités en dehors des horaires de travail. Pour Annick Allégret de la Cegos, "les outils numériques ne sont pas vécus comme des outils de pression. Les résultats donnent l’impression que désormais les personnes se donnent le droit d’être déconnectés." En outre l’étude montre que pour les managers les outils numériques ont trois impacts positifs : l’accès à l’information (77 %), l’efficacité professionnelle (63 %) et l’amélioration du travail collaboratif entre les services (54 %)

Cegos Baromètre Cegos 2016_Climat 15112016 by L'Usine Nouvelle on Scribd

 

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