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L'usine Agro

Le blé ne sera plus le seul plat de résistance

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Barres à la farine de grillon, Kiri à la fraise, farine de riz sans gluten… La région mise sur l’innovation comme levier de croissance.

Le blé ne sera plus le seul plat de résistance
La région Centre-Val de Loire est connue comme le grenier à blé de la France. Ici, l’usine des pains de mie Harry’s à Châteauroux (Indre).

Sol granuleux d’un blanc médical, température régulée, mélangeur en Inox, quai d’expédition : dans sa nouvelle mini-usine à Contres (Loir-et- Cher), Gryö a réuni toutes les conditions pour produire ses barres alimentaires à base de chanvre et de farine de grillon. Plus d’un million d’unités devraient sortir de cet atelier de 200 m2 en 2018. Ce qui a attiré cette start-up, née à Paris et incubée sur le campus Agrotech d’Agen, en Sologne, c’est l’accueil « exceptionnel, témoigne Julia Berdugo, la cofondatrice de Gryö. Outre une position centrale en France, l’accompagnement est dynamique et proche. On ressent une sorte d’élan vital. Tout cela nous a convaincus de conserver la production en interne plutôt que de la confier à un sous-traitant. » Après les petits pots bio de Comme des Papas, les pâtisseries bio et les pains sans gluten de Terra Cérès, et les process NBread, qui fabriquent du pain sans farine, Gryö est la quatrième start-up à intégrer l’incubateur Food Val de Loire. Initié par la chambre de commerce et d’industrie de Loir-et-Cher et la communauté de communes de Contres, où se situe le siège de la biscuiterie Saint-Michel et où sont fabriqués les sushis de Marco Polo Foods, il est soutenu par la région Centre-Val de Loire. Cet incubateur, qui va doubler de taille l’an prochain, illustre bien la prise de conscience partagée des industriels, des agriculteurs et des pouvoirs publics. « Une quinzaine de projets sont en gestation. On a les dents plantées dedans et on ne les lâchera pas », insiste Yvan Saumet, le président de la CCI de Loir-et-Cher. Longtemps auréolée du titre de grenier à blé de la France, cette région alimente les fabricants de pâtes et semoules et les biscuiteries bien au-delà des frontières, sans les retenir sur son territoire. Hormis quelques exceptions, comme Ebly à Châteaudun (Eure-et-Loir), coentreprise de Mars et Axéréal, les pains de mie Harry’s à Châteauroux (Indre), contrôlés par l’italien Barilla, et le pâtissier Kremer à Argenton-sur-Creuse (Indre), les transformateurs se sont rapprochés des grands bassins de consommation. La dernière biscotterie Bougard, croquée par Brioche Pasquier, a fermé ses portes en catimini à Amboise (Indre-et-Loire) il y a quatre ans, pour être rapatriée sur le site principal, en Anjou. Résultat : bien que troisième producteur français de céréales, troisième bassin de production de vins d’appellation, premier producteur de fromages de chèvres (Sainte-Maure, Selles-sur-Cher, Valençay…), le Centre-Val de Loire présente un solde commercial déficitaire dans l’agroalimentaire (- 438 millions d’euros en 2015). Le secteur compte pourtant 320 entreprises et quelque 12 200 emplois, selon Dév’Up-Région Centre-Val de Loire.

200 postes qualifiés à pourvoir

L’initiative conjointe de plusieurs acteurs vise à renverser la tendance. Un autre incubateur, Agrodynamic, se développe à Châteaudun (Eure-et-Loir), en pleine Beauce céréalière. Du côté des industriels, l’innovation va bon train. Sixième région française pour ses dépenses de R & D en agroalimentaire, le Centre-Val de Loire accueille plusieurs centres de développement et d’innovation privés, à l’instar de celui de la fromagerie Bel à Vendôme (Loir-et-Cher), une clé de voûte dans le dispositif du fromager francomtois. Cette ancienne usine de Kiri emploie 160 permanents, dont la moitié sont des ingénieurs et des techniciens qui se penchent sur les dérivés des Vache qui rit, Kiri et Boursin. C’est ici, par exemple, que Bel a formulé des fromages à la fraise vendus en Corée du Sud. Une association d’industriels de l’agroalimentaire, présidée pendant neuf ans par le patron de l’embouteilleur Antartic, Manuel Machado, prône une petite révolution culturelle au pays des champs de blé, avec l’aval de la première coopérative céréalière française, Axéréal, et ses 3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Les intérêts sont communs, assure Thierry Dubois, le nouveau président de l’Association régionale des entreprises de l’agroalimentaire (Area) et président des Crudettes, leader français des salades en sachet, filiale de LSDH. Céréalier, embouteilleur, fabricant de nuggets ou biscuitier, la priorité est la même : pourvoir les quelque 200 postes qualifiés disponibles dans la maintenance, la conduite de lignes automatisées, l’encadrement. « Il reste difficile de faire venir des jeunes diplômés de l’Ouest, du Sud ou de Paris à Orléans ou Contres », lâche Thierry Dubois, qui milite pour un centre d’apprentissage hors les murs.

Les pépites de la région

  • Orangina Suntory s’abreuve en Beauce

Profitant d’une résurgence de la nappe phréatique de Beauce, plusieurs embouteilleurs ont posé leurs cuves à l’est d’Orléans (Loiret). Cristalline à Chambon-la-Forêt, Antartic à Saint-Martin-d’Abbat pour les boissons d’Intermarché, et Suntory, le challenger de Coca et de Pepsi, à Donnery. Propriétaire des marques Orangina, Schweppes, Pulco et Oasis, le japonais a bouclé un investissement de 30 millions d’euros dans cette usine de 200 salariés. 

  • LSDH embouteille du Coca

Emmanuel Vasseneix, le président de la Laiterie Saint-Denis-de-l’Hôtel (Loiret), poursuit l’œuvre entamée par son père, qui pressentait que la fin des quotas laitiers sonnerait le glas des laiteries. Ainsi, les briques et autres bouteilles innovantes de LSDH emballent désormais des jus de fruits et des sodas. L’Abeille, à Cholet, et JFA (Réa, Joker), en Alsace, ont rejoint ce groupe familial (1 800 salariés, 765 millions d’euros de chiffre d’affaires). 60 millions d’euros ont récemment été investis pour moderniser le site de Varennes-sur-Fouzon (Indre).

  • Yep lance la farine de riz sans gluten

Dix-sept ans après avoir créé puis revendu une usine de plats asiatiques à Chinon (Indre-et-Loire), Anne et Frédéric Andorra tentent une nouvelle aventure. Avec l’appui d’un meunier dans l’Indre, l’enseignante à l’université de Tours et le consultant en stratégie ont lancé une gamme de farines de riz sans gluten, qui permet de faire des crêpes, des gâteaux et des nems. Auchan, Carrefour et des réseaux d’épiceries spécialisées l’ont référencée. 

  • Croc’Frais impose l’olive à l’apéro

Le leader français de l’apéro, avec ses barquettes d’olives et de tartinables, n’est pas en Provence, mais à Mignières, près de Chartres (Eure-et-Loir). Croc’Frais (40 millions d’euros de chiffre d’affaires), qui exploite deux autres usines à Frontignan (Hérault) et Nimes (Gard), a investi 3 millions d’euros dans son site chartrain. 

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Usine Nouvelle N°3524-3525

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