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L'Usine Agro

Le blé de la filière Culture raisonnée contrôlée sous la lumière

Franck Stassi , , ,

Publié le

Initiée il y a trente ans et structurée il y a vingt ans, la filière blé Culture raisonnée contrôlée (CRC), soutenue par une coopérative yonnaise, compte mettre en avant ses efforts sanitaires et environnementaux pour se différencier des autres labels auprès du grand public.

Le blé de la filière Culture raisonnée contrôlée sous la lumière
Les conditions de stockage des céréales font partie des cahiers des charges de la filière.
© Flickr/cc Vikum Saunders

Fin 2019, la totalité du blé utilisé dans la fabrication des buns français de Mc Donald’s proviendra de la filière Culture raisonnée contrôlée (CRC). En 2020, une catégorie bio y sera intégrée. Autant d’annonces faites lors du Salon international de l’agriculture, où la filière présentait ses actions au grand public. "Nous sommes sur un sujet sensible : le pain et les produits boulangers font partie de l’alimentation quotidienne. Nous devrons, à terme, être plus visibles", a expliqué Marc Bonnet, directeur général du groupement d’intérêt économique (GIE) de la filière CRC.

Avec ces nouveaux contrats et cette démarche de visibilité, la filière CRC entend se démarquer dans un paysage de labels environnementaux et sanitaires, publics et privés, toujours plus encombré. Elle regroupe aujourd’hui 2 500 producteurs autour de deux cahiers des charges. Le premier concerne le blé, sous forme de certification de conformité produit. Le deuxième cahier des charges porte sur les farines et les produits transformés, en attestant que ces produits sont en lien avec les exigences du cahier des charges sur le blé. 35 collecteurs et organismes stockeurs, 47 meuniers, 17 industriels de la deuxième transformation et 8 distributeurs animent la filière au sein de quatre collèges basés à Paris.

Des initiatives lancées dès 1989

Pourtant, c’est en Bourgogne que la démarche a vu le jour, en 1989, à l'initiative de producteurs de blé spécialisés dans l’alimentation infantile. La démarche, portée par une coopérative agricole aujourd’hui nommée Ynovae (basée dans l’Yonne), s’est ensuite étendue à d’autres régions avant la reconnaissance officielle du cahier des charges blé par le ministère de l’Agriculture. Un GIE, auquel les adhérents versent un droit d’entrée et une cotisation annuelle, a alors été créée afin de structurer la filière.

L’organisme certificateur de la filière, Bureau Veritas, attribue une certification de conformité produit aux adhérents. Les organismes stockeurs doivent visiter les producteurs au moins quatre fois par an. Bureau Veritas audite 10% des producteurs et 100% des stockeurs chaque année. Les pouvoirs publics ayant validé les cahiers des charges, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes effectuent également des contrôles.

Davantage de revenus

"L’intérêt d’être dans la filière est de pouvoir revendiquer être 100% français, avec des pratiques favorables à la biodiversité. Les grains sont stockés sans insecticides de stockage. Chaque agriculteur engagé en CRC et dont la production est certifiée reçoit une prime de 15 euros la tonne en moyenne, et d’environ 5 euros par tonne pour l’organisme stockeur. Lorsqu’il achète sa tonne de blé à l'organisme stockeur, le meunier paie 20 euros de plus par rapport à une tonne de blé meunier classique", explique Marc Bonnet.

Le dirigeant, qui revendique un gain de 25% d’adhérents par an, espère convaincre toujours plus d’acteurs de la filière grains sous la pression des attentes environnementales exprimées par les consommateurs. Un exercice qui nécessite, au-delà d’une évolution des pratiques, des investissements en machines : "Il faut des outils de production en phase avec nos attentes", insiste-t-il. Les 35 coopératives et négoces adhérents sont prévenus.

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