Le bisphénol A au banc des accusés

Le Sénat envisage de suspendre la commercialisation des biberons fabriqués à base de Bisphénol A. Sa présence dans les plastiques alimentaires n’est pour le moment pas remise en cause.

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Le bisphénol A au banc des accusés

Bannis des crèches par plusieurs grandes villes, les biberons à base de Bisphénol A (BPA) pourraient rapidement être tout bonnement interdits. Contre l’avis du gouvernement, la commission des affaires sociales du Sénat a adopté hier un amendement en ce sens sur une proposition du groupe radical amendée par le rapporteur UMP de la commission des lois. Les sénateurs ont rappelé que des études scientifiques récentes mettaient l’accent sur deux facteurs de risque importants : la dissémination du BPA lors du « chauffage intense » des biberons et la vulnérabilité des bébés dont le système hormonal est encore immature.

Ce n’est pas la première fois que le composé chimique est montré du doigt. Mais en 2008, plusieurs agences sanitaires semblaient avoir tranché la question. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) avaient considéré que le BPA ne présentait pas de risque pour le consommateur à condition de ne pas dépasser la dose journalière tolérable (DJT). L’industrie plastique avait salué la décision... puis crié alors au scandale quand plusieurs villes comme Paris, Nantes ou Dijon avaient malgré tout retiré les biberons contenant du Bisphénol A de leurs crèches.

Pas encore de substitut

Mais depuis un an, les études internationales alarmantes se multiplient. Elles s’interrogent notamment sur la responsabilité du BPA dans les troubles de la sexualité chez l’adulte ou du comportement chez l’enfant. Dans une étude publiée en décembre, des chercheurs de l’Inra de Toulouse montrent par exemple que « l’exposition au Bisphénol A a des conséquences sur la fonction intestinale ». Et ce, même « à faibles doses ». Ces résultats ont semé le trouble à l’Afssa qui a rouvert le dossier en évoquant « des signaux d’alertes » et réclamé une nouvelle expertise. Et c’est jusqu’à ce que ces l’agence rende son avis que les sénateurs demandent une suspension.

Au-delà des biberons, l’industrie plastique craint que l’on remette plus radicalement en cause l’utilisation du BPA dans les plastiques alimentaires. Au Sénat, quelques élus demandaient d’ailleurs une interdiction totale du composé au nom du principe de précaution. Interrogés sur le sujet, les entreprises de l’agro-alimentaire restent silencieuses. Il faut dire que présent depuis plus de quarante ans dans de nombreux produits de notre vie quotidienne (canettes, boîtes de conserves…), le BPA n’a pas vraiment de substitut. Et l’émergence d’une molécule miracle réclamerait de toute façon elle-aussi des évaluations. Rendant impossible le remplacement immédiat. Ce sont d’ailleurs ces arguments qui ont convaincu le Sénat de se limiter aux biberons.

Si l’Assemblée Nationale adopte elle-aussi le texte, la France pourrait être le premier pays à les interdire. Dans son intervention au Sénat, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a d’ailleurs rappelé que la mesure présentait un sérieux « risque de contentieux au niveau européen et international ».

Olivier Descamps

1 Commentaire

Le bisphénol A au banc des accusés

nicolas44
25/03/2010 17h:34

Le problème n'existe pas que pour les biberons, mais pour tous les récipients culinaires en plastique comme les tuperware.

Cette loi serait hypocrite et lamentable si elle ne s'appliquait pas à tous les récipients en plastique à usage culinaire .

chaque fois que vous faites chauffer des aliments dans un récipient en plastique au micro-onde, vous vous empoisonnez !

c'est la triste vérité !

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